‹ Grammaire comparée des langues classiques phonétiqueChapitre 61 sur 82 · Gr. comp., § 19. Contra, voy. Corssen, Beitr., p · texte numérisé non relu

Gr. comp., § 19. Contra, voy. Corssen, Beitr., p

le grec ôvftuç (féminin) et le sanscrit dhaimt (vache laitière, y] dhai, téter) ; entre sscr. y 7 naks 9 naç (atteindre), et ^ayyavw, lat. nanciscor ; enfin dans le grec lui-même la forme ionique izkvj[Xiùw pour uveu- {jlwv, nous inclinent à admettre la possibilité de cette substitution 1 .

Le grec offre un initial durci en (i dans ppoto'ç (mortel, homme), sscr. martja ; cp. au,€poToç, sscr. amartja (immortel); et dans PpaSuç (lent), sscr. mfdu (mollis). Dans les deux cas le changement paraît dû à la meta thèse du p. Le groupe u.p n'étant pas souffert en grec, le (x a passé en initiale à son explosive p, tandis qu'en médiat il a suffi, sans chute de la nasale, d'insérer un (3 euphonique 8 .

Le m médial subit-il la permutation avec n? Oui, si Ton accepte que xuavo; (bleu) soit identique, même pour le suffixe, avec le sanscrit çjàma (noir violacé) ; et si l'on admet avec M. Max Mûller l'identification entre Sararnà et 'E^évïj (cê^yjvv) ?) 8 .

Il y a chute de ^ médial et contraction dans les infinitifs en vat, qui est pour (uvai. C'est ce que prouvent les formes homériques telles que élevai = etvat, et l'accentuation de ces infinitifs, qui portent l'accent sur la pénultième (Xu6^vai) comme feraient des contractes

1 . On peut encore citer le sanscrit nimbû, nimbûha (citron, citronnier), qui est devenu en indoustani nimu, limu, en persan limoûn, en portugais limâo, d'où notre limon,

2. On explique encore cette substitution de (3 à (x, en supposant un digamnia intermédiaire, *(xFopto(;, que la métathèse du p aurait change en explosive p.

3. Ouvr. cit., p. 471. Ce rapprochement nous paraît trèsdouteux.

(<piÀeî<7Ôat) , au lieu de l'antépénultième qui est l'accentuation normale (AueaGai). Le sanscrit a de même la première personne du singulier moyen en ai pour mai, baudhai pour *baudhâmai, y/ budh (savoir).

§ 146. — Pour le m final, le grec n'en souffre aucun et le change en n, par exemple dans les accusatifs singuliers, génitifs pluriels, 1 tn personnes sing. de l'imparfait actif, etc., comparés aux mêmes désinences en sanscrit et en latin ; ou bien il le laisse tomber, comme dans = sscr. padam = pe-

dem; dans éx-ra = septem; Iwéa = novem; 8éxcc = decem; e£et£a = ssc* adiksam (je montrai).

Bopp 1 a remarqué avec beaucoup de finesse que dans ces mots la nasale, malgré sa chute, a protégé Va final primitif (sscr. padam, saptan, navan, daçarij adiksam), que le grec partout ailleurs change en e ou en o.

Les nasales finales subissaient dans le grec des plus anciennes inscriptions une accommodation euphonique analogue à celle du sanscrit. On y trouve ty)[/. pi-repa, Toy ypovov, et même toa Aoyov*. Le grec classique n'a pas conservé cette orthographe d'un mot à l'autre ; mais son application dans les mots composés : sjjltcoSwv (obvius) ; £y-£eip£a> (attaquer); <tua-Aoyg; (colloquium), peut faire supposer que la prononciation l'observait.

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