Compendium, 2 e éd., p
3. En prâcrit, le y sanscrit devient régulièrement un g dans certains cas.
g italien devant e et i *. Pour soutenir cette théorie, on fait remarquer que le £ répond aussi souvent à un groupe dj, Si, qu'à j tout seul. On possède en effet des exemples incontestables du changement de dj\ o\, en £. Tels sont Zeu;, qui est pour *5uuç (béotien oVuç), comme le prouve le génitif Ato'ç (pour *â\f oç), et qui correspond au sanscrit djàus (le ciel); ireÇoç (piéton) pour *7reo\oç, rpare^a (table) pour *T£Tpa-7ue£wc (meuble à quatre pieds) ; la préposition o\a (à travers) qui, dans le dialecte éolien de Jxsbos, se change en Ça, etc.
Les langues du groupe néo-latin témoignent aussi de la tendance du d à se poser adventicement devant IV consonne, dans des formes telles que le moyen latin madius pour maius (mai, voy. Ducange, h.v°) ; l'italien du moyen âge diacere pour le latin jacêre. On voit là l'origine des formes italiennes modernes maggio, giacere. Cp. aussi le patois genevois actuel Dian pour Jean,
Quoi qu'il en soit, reprenons la constatation des changements de y en £. Le £ est pour un j initial ojans Çuyov = sscr. juga, lat. jugum, aW.joch, angl. yoke ; £sa=sscr. java "(orge) ; X^zitù (chercher), cp. sscr. \j fat (s'efforcer de) ; frouia (peine), cp. sscr. jam (coercere, même v/qued5rz#?, dompter, voy. § 155),cp.lat. damnum ; ££u<pov = lat. jujuba ; ^copio; (soupe), cp. sscr. jûJam (purée) = \a\. jus (bouillon), etc.
\ . Notons pourtant une grave différence : le Ç est resté une lettre double et faisant position, tandis que les palatales sanscrites et le g et le c italiens du même genre sont considérés comme lettres simples, sans doute à cause de la fusion plus complète de leurs éléments, et de la facilité plus grande de la prononciation.
Jje £ des verbes en £to est tantôt pour un j isolé, tantôt pour les groupes dj ou gj.
Zw est pour àjw dans les verbes dérivés de thèmes terminés en & ou t. Ex. : éXmïw (espérer), c|e étatô-o; (gén. : espoir); SaufjuxÇw (admirer), de GauptT-o; (gén. : merveille); ira£o (jouer), de xatS-oç (gén. : enfant); e£o[/.ai (sedeo), cp, e&pa (sedes); o£a> (oleo), cp. ô'SwSa, et lat. odor : ff^tÇw (scindo), cp. ayiS-n (éclat de bois).
Zw est pour yj<o dans les verbes dérivés de thèmes en y. Ex. : a£co (adorer), cp. aytoç (vénérable)=sscr. jagja, yj jag (adorer) ; xXo£w (crier) , cp. yloLy^ti (cri); cTt^to (piquer), ep.<my|xa (pointe), cp. lat. in-stigare, sscr. y/ pour ^//^f (aiguiser), tigrna (aigu) ; ùpzofoù (piller), de ap7:ay-o<; (gén. : ravisseur); caVit^u de coftjriyl; (trompette) ; <pu£a'a) (mettre en fuite) f , cp. <puy7) (fuite).
Enfin Ç(o est pour jw simple dans les verbes dérivés de thèmes finissant par une voyelle. Ex. : afypoÇu (lancer), de afypuf (javelot) ; £etv£w (recevoir un hôte) de £etvo; (hôte); ayarcaCto (homérique ; aimer), de ccyà7a) (amour).
Dans ce dernier cas, il est au moins aussi fréquent que le /tombe purement et simplement. Ainsi on a, auprès de àyara^w, ayaraw; auprès de (&tj£<i), pXuw (sourdre) ; âvia'w, auprès de ctvta^w (troubler). Gomme nous le verrons plus tard, l'origine des verbes dérivés dits contractes en aw, sw, oa>, est une formation en ajâmt dms laquelle le j est tombé 2 .
i . Usité seulement au participe «pufrqÔstç (chassé).