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gument a contrario ne compte guère, et uu procédé appliqué sur un point n'exclut pas l'application d'un procédé différent à un cas semblable. Nous nous en tiendrons donc à l'explication ordinaire, qui a pour elle l'exemple, déjà invoqué (§ 106), du zend changeant en dbis le dvis (haïr) du sanscrit, et opérant ainsi, d'une manière évidente, le durcissement du v en b.
Un cas de durcissement de f en b sur lequel personne ne conteste est celui de ferbui parfait de ferveo, causé par l'antipathie du latin pour les groupes uua , vui , vuo. Môveo, câveo, fâveo y échappent en formant leur parfait autrement : /wôW, câvi, fàvi. Ferveo a aussi fervi auprès de ferbui, ce qui prouve qu'il faut bien accepter quelquefois l'application de procédés différents à des cas très -analogues.
§ 1 87. — Le v sanscrit du groupe çv correspond-il quelquefois à un r latin ? On rapproche le sscr. çvas (demain) du lat. cras ; le sscr. çvaita (blanc) du lat. creta (craie) ; çvajàmi de cresco. Mais ces rapprochements qui, s'ils étaient immédiats, feraient exception au principe de transition (§ 74), sont loin d'être solidement établis 1 .
On admettrait peut-être avec moins de difficulté la permutation de t> en m, déjà alléguée pour le sanscrit entre les suffixes des participes vant et niant.
1. Voy. Corssen, Beitr., p. 407. Pour crescere, M. Corssen y \oit plutôt un inchoatif à sens neutre de \/ kar (faire), que le latin reproduit au sens actif dans creare.
M. Corssen 1 oppose d'excellentes fins de non recevoir aux exemples communément cités de ce changement du sanscrit au latin. Ainsi, mare ne se rattache pas au sscr. vàri (eau), comme Ta pensé Bopp 1 , mais au sscr. maru (désert , chose morte) . Pourtant , on trouve une permutation plausible entre m et dans le sein des langues italiotes, quand on compare Mai mar % , forme réduplicative du nom de Mars, osque Mamers, avec Afavors, autre forme latine du même redoublement. La permutation entre v et m est également incontestable dans le groupe germanique : cp. le hall, mr et l'alsacien (alémanique) mer (nous) ; hall, mit et angl. with (avec).
§ 188. — La chute de v médial est très-fréquente, surtout entre deux voyelles. Ex. : Cnseus, arch. Gnaivus] boum, génit.de boues; oleum y cp. oliva; audit, redii, pour audivi, redwi; amasti pour amavisti. Il tombe aussi après une consonne : te, tibi sont pour *tve, *tvibi, de tu; suadere est pour *suadvere, cp. sscr. svàdu, gr. tqSu (doux). Suavis, au contraire, a gardé le v, mais perdu le d antécédent, de même que viginti pour *dviginti.
Le v du groupe initial sv a en latin des destinées diverses. Tantôt il se conserve. Ex. : suadere, suavis, sscr. svàdu; suesco, cp. sscr. svadhâ (habitude)*.
\. Ouv. cit., p. 407.
2. Gr. comp., § 20. Les affinités de vàri sont tout autres en latin. On les trouve dans urina (pour *vartna), dans le fleuve Farus, notre far, etc. Voy. Corssen, loc. cit.