SS 189-191. — S LATIN
§ 1 89. — Le s latin est primitif, lorsqu'il ne provient pas, comme nous l'avons vu (§ 109), de l'affaiblissement d'un
Le s initial primitif n'a point subi de permutation en latin ; mais il est sujet à des chutes, selon les groupes dont il fait partie. On peut à cet égard formuler les lois suivantes :
Quand il est suivi d'une voyelle ou d'un u y le s initial se maintient toujours. Ex. : sedeo, sscr. ^ snd; serpo, sscr. yj sarp ; septem, sscr. sa pian; soror y sscr. svasar ; suauis, sscr. suâdu.
Au contraire les groupes initiaux primitifs sr, si, sn, srrty sf y ne sont pas soufferts en latin et s'y présentent toujours avec chute de s.
Ex. : pour sr : rivus, sscr. yj sru (couler), cp.
au sscr. st>a; mais la forme archaïque sovos (correspondant à une forme renforcée sscr. * sapa) fait plutôt penser que suus est pour *sotttts i comme dûco, lûmen, pour douco, loumen, et que cet u, long naturellement, n'est devenu bref que par position.
gr. jbfiû) pour *(ip£/rto. — Pour si: limus (argile), cp. ahall. slim, nhall. schleim; lubricus (glissant), cp. goth. sliupan, ahall. s/iufan, nhall. schlupfen (glisser). — Pour sn : nurus (belle-fille), sscr. snusâ ; nare (nager), sscr. ^ snâ (être lavé). — Pour sm : memor, memini, sscr. yj smar (se souvenir) ; macula, cp. gr. opifgtt (frotter), hall, schmieren ( oindre), schmutz (ordure). — Pour sf : fallere (tromper), gr. ctpoéXXw (ébranler, tromper); funda (fronde), gr. ^ev^ovTj; fungus (champignon), gr. (Kpoypç.
Bien que les groupes initiaux se, sp, si, ne soient nullement repoussés par le latin, on trouve cependant un certain nombre d'exemples où s en est tombé. Ex. : pour se : cutis (peau) vient de sscr. J sku (couvrir), qui a conservé le s dans scutum (bouclier); cerno, comme le gr. xptvw, vient d'une \J *skar l (séparer), qu'on retrouve dans l'ahall. scellan (déchirer), skeran (couper), et dans le nhall. scheere (ciseaux); candere, candor, candidus se rapportent à une ^ védique çkand (briller) pour *skarui, qui a fait le grec £av8o<; pour V,cavo\>ç; claudere se rapporte à l'ahall. sliuzan, nhall. schliessen (clore), qui fait supposer *sclaudere \ — Pour sp : le s de ce groupe initial est tombé en latin dans pituita, cp. spuo (cracher); dans pannus, cp. hall, spinnen (filer); dans parcus, cp. gr. cnrapvo; (rare), hall, sparen (épargner); dans populari (ravager), considéré comme forme redoublée de la même y/ qu'on trouve dans spolium. — Pour st : le s de ce groupe initial est tombé dans ter gère (essuyer),
4 . Cette sj se retrouve probablement dans ssc. y/ kar (passer à travers, aller, agir). Le primitif était çkar, pour * skar, ï. Corssen, Beitr. y p. 422 sqq.
[§ 190] CONSONWES CONTINUES. 203
cp. strigilis (étrille), et hall, streichen (frotter) ; dans torus pour *storus, de sternere, gr. (rropvuju, sscr, stara (lit), %/ star (étendre) ; dans taurus, goth. stiur, hall, stier, védique sthûra (taureau, fort) ; dans to~ >iare t sscr. y/ s tan (tonner), cp. gr. errevw (gronder), d'où SrevTwp.
Le groupe st, qui était souffert devant / dans le latin archaïque , est tombé tout entier dans la période classique. Stlis (procès) est devenu lis, cp. hall. streit (dispute, combat); sllocus est devenu locus y cp. goth. striks, hall, strecke (étendue); s datas, cp. stratus y sscr. \J star (étendre), est devenu lâtus (large). De même lien (rate) est pour *splien, comme le montrent le grec gtcXyiv et le sscr. plihan pour *splihan.
§ 190. — Le s médial s'est conservé en latin, surtout au voisinage des consonnes. Ex. : est = sscr. asti. Entre deux voyelles, la conservation est plus rare. Ex. nasus, sscr. nàsâ; vasis, gén. de vas ; vesica ; rosa, cp. fdàov, ici le ^provient d'une explosive affaiblie. Le n x malgré sa chute, a protégé s dans les suffixes en osus pour onsus. Le s s'est maintenu aussi dans les composés : ex. nisif pressens, desilire ; pourtant il s'est altéré dans dirimere pour *dis-imere.
Normalement le latin classique a changé en r le s situé entre deux voyelles. Cette altération n'apparaît encore que faiblement dans le latin archaïque. Pourtant dès le Chant des Frères arvales on trouve pleoris (plusieurs) pour *pleiosis, op. plus. Un renseignement de Cicéron 1 nous apprend que ce fut en l'an de Rome