‹ Grammaire comparée des langues classiques phonétiqueChapitre 80 sur 82 · Epist. adfam. ix · texte numérisé non relu

Epist. adfam. ix

41 5 (336 av. J. C.) que la gens Papisia vit son nom changé en Papiria; les Valesii devinrent aussi les Valerii; les F usii devinrent les Furii. Les exemples abondent également pour les mots communs : lares pour lases (Ch. des Fr. arvales); ara pour osa (A. Gell. IV, 33); eram pour *esam; qusero et quœso; gero et gesto ; soror, sscr. svasar ; aurora , sscr. usas ; virus, sscr. visa (poison) ; les génitifs pluriels enorurn, sscr. àsàtn ; les génitifs sing. en ris pour sis, provenant de thèmes à s final comme genus, generis, pour *genesis ; les infinitifs en re, amare pour * amusai, cp. les infinitifs grecs en <rat, >0cai; les 2 e " pers. sing. pass. en ris, amaris pour *amas-i-se.

Devant les nasales, s médial se conserve, comme dans mansum; mais il est aussi sujet à se changer en r ou à tomber. La racine sanscrite çâs , cas (canere) se retrouve dans les mots archaïques casmena (muse), casmen (chant), qui sont devenus pour le latin classique l'un camena et l'autre carmen. Le suff. nus ajouté à l'adjectif vêtus, veteris (pour *vetusis) a fait veternus pour *vetesnus. Au contraire ahes, œs, qui devenait aereus pour seus, a fait, avec le même suffixe nus, aheneus, cp. ombr. ahesnes.

Le s médial entre deux voyelles a subi quelquefois dans les langues germaniques la même altération qu'en latin. Legoth. hausjan (entendre) est devenu en hall. hôren, angl. hear; le goth. kiusan, hall, kiesen (choisir), prend r dans le hall, erkoren (choisi), will-kuhr (caprice). Le hall, hase (lièvre) devient en anglais hare. Le hall, waren (ils étaient) est pour *wasen, cp. le participe gewesen (été). Le s

final de was en est devenu war comme en latin konor pour honos*.

La chute de s entre deux voyelles, qui est normale en grec (§ 173), est beaucoup plus rare en latin. On la trouve dans Cerealis pour *Ceresalis, cp. Cereris pour * Ceresis, gén. de Ceres. Elle est dans ni contracté pour nisi, dans vl pour *visi, cp. vires pour * vises, de vis ; dans ver, pour *veser 9 cp. gr. eap pour *fé<jap, sscr. vasanta (printemps).

§191. — Le s final s'est généralement maintenu intact, en latin comme en grec, dans les nombreuses flexions où il apparaît, nominatifs singuliers en us, génitifs en is, nomin. plur. en es, datifs en bus, 2 e * pers. sing. et plur. des verbes, etc.

Les troisièmes personnes du passif ont des flexions en tur, (or, où le r provient d'un s qui s'est modifié, sans doute sous l'influence de la voyelle qui le suivait et qui est tombée, car amatur est pour *amal-u-se. De même pou ries infinitifs en ier, amarier=* amasai-se. Les nominatifs en or, arbor, konor, pour arbos, honos, ont vu leur .y changé en r sous l'influence du changement normalement opéré aux cas obliques où s était médial.

La chute de s final est rare dans le latin classique. On y trouve cependant les finales is affaiblies en ë dans amare = amaris (tu es aimé), mage=magis. Les inscriptions font foi que la pratique allait beaucoup plus loin. On trouve à toutes les époques ce s négligé, comme dans Cornelio pour Cornélius (inscription du

\ f Grimm, d. gramm*, I, 64.

tombeau des Scipions). Cicéron 1 dit que cette prononciation avait été régulière autrefois, mais que, de son temps, elle passait pour un peu rustique. Emu us a dit :

Omnibus cura viris uter esset induperator .

Et Catulle :

At fixus nostris tu dabïs supplicium

Dans ces exemples le s final des flexions ne fait pas position.

Cette habitude se conserva dans le langage populaire, ainsi que celle de laisser tomber le m final (§ 58) ; et elles ne contribuèrent pas peu à désorganiser la déclinaison, et à amener le passage du latin à l'italien.

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