‹ Grammaire comparée des langues indo-européennesChapitre 27 sur 51 · LV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LV INTRODUCTION

comme ü le fait encore en sanscrit. C'est pour ces motifs que l'imparfait dduish-ma « nous haïssions » a une désinence moins complète que le présent duish-mds: « nous haïssons ». L'optatif prend également les désinences émoussées, ou, comme notre auteur les appelle, les désinences secondaires. Mais c'est à cause de la caractéristique yd ou $ qu'il introduit dans le corps du verbe!. Il n'est donc pas exact, comme on le fait dans nos grammaires, de regarder les temps à désinences secondaires comme dérivés des autres, ni de supposer que cette différence dans la flexion impliquait par elle-même une différence dans le sens.

Les langues, en vieillissant, ont perdu ce juste sentiment de l'équilibre. Ainsi le latin, sauf à la première personne du singulier, efface toute distinction et introduit partout les mêmes désinences. D'un autre côté, tandis que le gothique, à la première personne du pluriel, met tantôt © et tantôt ma, le vieux haut-allemand nous présente partout la désinence més. Cette uniformité n’est pas la preuve d'une plus grande antiquité ou d'un meilleur état de conservation : elle atteste, au contraire, les retouches faites par un âge postérieur, qui confond ce que l'ancienne langue avait distingué, ou qui restitue, par un besoin de symétrie, ce que les siècles précédents avaient laissé perdre. M. Bopp, sur ce point, n'a pas toujours été exempt d'erreur. Ï suppose, par exemple, que l’arménien

* Il est vrai qu'en grec, à la première personne du singulier, nous avons la désinence primaire pe (@épouue); mais c'est là, selon toute apparence, une flexion rétablie après coup, comme le donne à penser, entre autres indices, la forme moyenne @epoiunv : en effet, si l'optatif avait les désinences primaires, nous devrions avoir Céposuas (58 437 et 689).

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