DE LA CÉSURE
643. Dans les vers de douze pieds, on doit observer un repos entre la sixième et la septième syîlabe, c'est-à-dire au milieu du
rers. Ce point de repos se noinme césure ; chaque moitié de ver» s'appelle hémistiche :
Aux petits des oiseaux — Dieu donne leur pâture.
La césure s'observe aussi dans les vers de dix pieds; alors le repos a lieu entre la quatrième et la cinquième syllabe, ce qui donne quatre pieds pour le premier hémistiche et six pour le second :
Coulez, mes vers, — enfants de la nature.
La césure est défectueuse :
1» Si elle coupe un mot en deux :
Que peuvent tous les fai— blés humains devant Dieu? t<» Si elle tombe sur une syllabe muette qni ne s'élide pas :
La bonne fortune — rend le cœur orgueilleux.
Mais si l'élision est possible, c'est-à-dire si le second hémistiche commence par une voyelle, la césure est bonne •
C'est en vain qu'au Parnasse — un téméraire auteur...
Remàrqub. Le repos étant la condition essentielle de la césure, celle-ci sera encore défectueuse quand elle tombera entre deux mots inséparables par le sens, comme :
1» Un déterminatif et un nom :
Je fus témoin de la — fureur qui l'animait. S« On qualificatif et un nom :
S'il pouvait de ce lieu — suprême s'approcher. C'est encore un plus grand — sujet de s'étonner.
Il y a exception à cette règle quand le nom est accompagné de plusieurs adjectifs :
Morbleu 1 c'est une chose — indigne, basse, infâme! l" La préposition et ses compléments :
Moi, vous revoir après — ce traitement indigne I 4» Le pronom sujet et le verbe :
Je me flatte que vous — me rendrez votre estime. 5» Les deux parties d'une locution :
Quoil vous fuyez tandis — que vos soldats combattent'. 6» Le verbe être et l'attribut :
Od sait que la chair est — frag^e quelquefois. 7» L'auxiliaire et le participe :
Le maître-autel était — orné de fleurs nouvelles.
8» Les monosyllabes plus , très, fort, bien, mal, mieux, trop^ et les adjectifs qui les suivent :
Ce jargon n'est pas très — nécessaire, il me semble.