DES TROPES
659. Les tropes ( du grec trepô , tourner, changer ) sont des figures qui changent la signification des mots, c'est-à-dire qui présentent les mots dans une acception autre que le sens propre, comme quand on dit : Un village de cent feux, pour : Un village \ de cent maisons.
On distingue six tropes principaux : la métaphore, la catachrèse, l'antonomase, Y allégorie, la métonymie et la synecdoque ; mais il a'y en a, à proprement parler, que deux : la métaphore et la méimymie; les autres dénominations ne désignent que des variétés dB ces figures.
1° DB LA HÉTAPHORE.
660. La métaphore est une figure qui découle d'une comparaison complète dans l'intelligence, mais dont les termes sont supprimés dans le langage. Ainsi, quand on dit d'un guerrier qu'zV t' élance comme un lion, c'est une comparaison; mais quand on dit du même guerrier : Ce lion s'élance, c'est une métaphore. C'est encore par métaphore que l'on dit : La chaleur du sentiment, un RATON d'espérance, la dureté de fdme, une aiAifTB campagne, la RAPIDITÉ de la pensée.
La métaphore est le plus beau, le plus riche de tous les tropes; c'est par cette figure que le style s'embellit et se colore, et qu'on prête du sentiment aux êtres qui en sont dépourvus.
Les métaphores sont défectueuses :
1° Quand elles sont tirées de sujets bas : Le déluge universel fut la LESSIVE générale de la nature.
20 Quand elles sont forcées, tirées de loin, et que le rapport n'est pas assez naturel ni la comparaison assez sensible : La charme ÉCORCHE la plaine.
$0 Quand les termes métaphoriques fout naître des idées qui ne peuvent être liées, comme si l'on disait d'un orateur : Cest un torrent qui j'allume, au lieu de : C'est un torrent qui entraîne.
2° DB LA GATACHRÈSE.
Ml. La catachrèse est une espèce de métaphore à laquelle on est obligé d'avoir recours quand il n'existe pas dans la langue d« mot propre pour exprimer ce qu'on veut dire. Ainsi l'on dit :
DE LA RHETORIQUE. làh
Une FEUILLE de papier, plutôt que d'inventer un mot qui pourrait ne pas être compris. De même : Les ailes d'un moulin, les pieds d'une table, les bras d'un fauteuil, aller à cheval sur un bâton, les RÉiras de FEtat, cheval ferré d'argent, etc.
3» DE l'antonomase.