Lorsque moi, toi, après un impératif, sont sui
vis de e::^, y, il y a elision de la diphtongue oi, et les mots EN, Y se placent toujours les derniers:
J'ai besoin de sages conseils, donnez-^^E^,
Fais-T'E^ rendre la moitié.
Mets-T*i. Jette-T*Y, (Acad.)
Il ne serait pas incorrect de dire : iMels-Y-TOi, jettes- Y-TOi; mais on évite ordinairement ces façons de parler un peu bizarres. La première construction n'est elle-même usitée qu'avec un très-petit nombre de verbes; l'euphonie ne permettrait guère de dire : Abstienst'en, contente-T'E-s, etc. ; il faut prendre une autre tournure et dire : Abstiens-toi de cela, contente-toi de cela. De même, au lieu de dire : Attends-t'y, applique-t'y, dites : Attends-toi à cela, applique-toi à cela.
802. Quand le pronom personnel moi figure comme sujet dans une phrase en même temps qu'un autre pronom personnel ou un substantif, les convenances exigent que le moi s'efface, au moins entre égaux, et laisse la priorité aux autres mots qui l'accompagnent : Vous et MOI avons les mêmes sentiments. C'est vous et moi qui partirons. La même règle de priorité s*observe en laveur de la personne à qui l'on parle sur celle de qm l'on parle : C'est vous et votre frère qui hériterez. Mais il n'en est pas ainsi quand il s'agit d'un supérieur et d'un inférieur : Notre général et vous avez été blessés dans ce combat. C'est encore par le même principe qu'un père dira : Moi et mon fils ; un maître : Moi et mon domestique ; et à plus forte raison : Mui et mon caeval nous avons roulé en bas de la montagne.
803. Il y a certains cas particuliers où la place du pronom complément est facultative; cela se produit avec le pronom complément d'un infinitif qui vient après un autre verbe. En voici quelques exemples :
lyous LES liions voir.
Je crois que l'on se veut raccommoder avec mui , (BussY-
Dieu est esprit, et ce n'est que par Cesprit qu'on le peut atteindre. (Bossuet.)
Dans tous ces exemples, le pronom précède le vorbe; mais il pourrait tout aussi bien le suivre. La grammaire
— nous ne parlons pas de la versification ~ n'aurait rien à y reprendre. Alors on dirait :
Nous irons les voir. — Je crois que l'on veut se raccommoder.— ... Ce n'est que par l'esprit qu'on peut \] atteindre.
Pareille chose peut se produire avec deux impératifs unis par une des conjonctions et, ou:
Accordez-moi le pardon que je vous demande, et me laissez votre amitié. (J.-J. Rousseau.)
Passez votre chemin, la fille, et m'en croyez.
La Fo'STkVSB.
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ; Polissez-le sans cesse et le repolissez.
BOILKAU.
Dans ces différents cas, c'est le goût qui décide; mais la transposition du pronom donne plus de vivacité, plus de relief à la pensée; elle ajoute à l'harmonie, et voilà pourquoi elle est plutôt d'usage en poésie qu'en prose.