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EMPLOI DES PRONOMS SE, SOI

Se, pronom de la troisième personne, des deux genres et des deux nombres, se dit également des personnes et des choses, et se place toujours devant le verbe dont il est le complément soit direct, soit indirect : Cette femme se promène. Ces hommes su querellent. Cette fleur se flétrit. Ces arbres se meurent. ' Les yeux de l'amitié se trompent rarement.

W^ VOLTAIRK.

L'emploi de ce pronom ne soulève aucune difficulté.

809. Soi, pronom des deux genres, se dit des personnes et des choses et s'emploie généralement au singulier. Mais, appliqué aux personnes, il ne peut être employé que dans un sens indéterminé, quand les personnes ne sont pas définies; alors soi a rapport à un pronom indéfini, comme on, quelqu'un, chacun, quiconque, nul, aucun, personne, ou à un terme d'un sens vague et général, comme tout le monde, tout homme, un homme quelconque, celui qui, etc. :

On doit parler franchement de SOI.

Chacun travaille pour soi. •

Quiconque rapporte tout à SOI n'a pas beaucoup d^amis.

Il faut prendre garde à soi.

On aime mieux mal parler de soi que de n'en pas parler du tout. (La Rochefoucauld.)

Un homme peut parler avantageusement de soi lorsqu'il est calomnié. (Voltaire.)

Être trop mécontent de soi est une faiblesse, en être trop content est une sottise. (M™^ de Sablé.)

On a souvent besoin d'un plus petit que soi.

La Fontainb.

Qui ne songe qu'à toi quand sa fortune est bonne, Dans le malheur n'a point d'amis.

La Fontaink.

810. Appliqué aux choses, le pronom soi peut so rapporter à un sujet déterminé :

Un bienfait porte sa récompense avec soi. Les remoi'ds que le crime traîne après soi sont toujours cuisants.

De SOI, le vice est odieux.

La vertu est aimable en soi.

La franchise est bonne en soi, mais elle a ses excès,

La poésie porte son excuse avec soi. (Boileau.)

Il pense que tout est bon en soi, que rien n'est mauvais en SOI.

Le pronom soi, au lieu de lui, sert aussi à éviter une équivoque :

Un fils qui travaille pour son père travaille pour soi.

Dans cette phrase, lui serait équivoque; soi ne l'est pas, car il se rapporte toujours au sujet de la proposition.

Enfin soi s'emploie dans les phrases ou les pronoms luiy elle, euXy elles, seraient trop faibles :

L'égoïste ne pense qu'à soi.

Le chat paraît ne sentir que pour soi. (Buffon.)

Si l'on remplace soi par lui, on verra que l'expression perd de sa force.

81 i. On trouve quelquefois le pronom soi mis en rapport avec un mot pluriel :

Seigneur, que tant de profanations que les armes traînent après soi vous fassent enfin jeter des yeux de pitié sur votre Église! (Massillon.)

Mais cet emploi est toujours irrégulier, et, de nos jours, les bons écrivains s'en abstiennent.

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