ON
831. Notre pronom indéfini on n*est autre chose qu'une corruption du substantif homme. On écrivait hom, hum; hon, hun; home, hume, etc. Puis, cette syllabe a en quelque sorte divorcé : d'un côté , homme avec son sens relatif; de l'autre, on avec son sens absolu; mais, dans cet acte de séparation, on a emporté avec lui la particule Icj et primitivement, on disait toujours Vom. Comme le degré de parenté va s'affaiblissant par l'éioignement, Von a fini par perdre son article, et aujourd'hui il ne faut dire que on. Cependant, il y a eu une espèce de capitulation, et les grammairiens ont jugé convenable de conserver l'article chaque fois que l'euphonie l'exige, c'est-à-dire après que, si, et, où, etc. :
Il faut que l'on consente.
Si l'on nous entendait.
On a fait cette sottise, et l'on est encore sur le point cTen faire une autre.
Cependant l'hiatus si on est préférable à une dissonance :
Cet enfant est très sensible; si on le reprend vivement, il pleure.
Si Von le, en ce cas, ne serait pas supportable.
Cependant les poètes, à cause de la mesure, se permettent quelquefois cette iicence :
On. offense un brave homme alors que l'on /'abuse.
MOLIBRH,
Au commencement d'une phrase, on emploie toujouTs ON, car il n'y a pas d'hiatus à éviter.
832. Quoique le mot on soit du masculin, il y a des circonstances qui marquent si évidemment qu'on parle d'une femme, qu'alors l'adjectif qui suit se met au féminin :
On ne sera pas toujours , ma chère demoisellef jeune et