‹ Grammaire complète syntaxique et littéraireChapitre 317 sur 399 · HOMERE DU VERBE ÊTRE APRÈS LE PRONOM CS · texte numérisé non relu

HOMERE DU VERBE ÊTRE APRÈS LE PRONOM CS

848. Le verbe être précédé du pronom ce et suivi de Ja première ou de la deuxième personne du pluriel, nous, vouSy reste à la troisième personne du singulier :

d'EST NOUS qui avons fait cela.

C'est vous qui parlerez.

Ce SERA vous, messieurs, qui déciderez dans cette affaire.

Dans ces façons de parler, on peut considérer c'est qui comme explétif, le sens des phrases ci-dessus étant : Nous avons fait cela — vous parlerez — vous déciderez..,

849. Le verbe être après ce doit se mettre au pluriel lorsqu'il est suivi d'un pronom pluriel de la troisième personne ou d'un substantif pluriel :

Ce sont EUX, CE sont ELLES quc nous attendons.

Ce FURENT les Phéniciens qui inventèrent récriture,

C'ÉTAIENT deux compagnons de beaucoup desprit.

J'ai mon Dieu que je sers; vous servirez le vôtre;

Ce sont deux puissants dieux

Racinb.

Quand, comme dans ces derniers exemples, le mot ce, devant être, peut se remplacer par il, elle, ils, elles, ou par un substantif quelconque, le substantif qui suit n'est qu'attribut et ce est sujet; le verbe être, que l'on met au pluriel parce qu'il est suivi d'un substantif pluriel, s'accorde alors par syllepse avec le nom pluriel dont le pronom ce, ou les pronoms ils, elles, rappellent ridée. Ainsi, dans les exemples suivants :

Bien loin d'être des demi-dieux, CE ne sont pas même des hommes, (Fénelon.)

Ce que je vous dis là ne sont pas des chansons.

MOLIÈRB.

le sens est : Ils ne soNT/?a* même des hommes; les choses que je vous dis là ne sont pas des chansons.

850. Le verbe être après ce reste ordinairement ai? singulier lorsqu'il est suivi de plusieurs substantifs de ce nombre :

L* aliment de Vâme, c'est la vérité et la justice. (Fé-

NELON.)

C'est la pluie et la chaleur qui fécondent la terre, (Descartes.)

En France^ ce quon a le plus, c'est /'essor c^/'élan; ce qui manque, c'est la consistance et le caractère. (Sainte-Beuve.)

831. Dans le cas où un ou plusieurs des substantifs seraient au pluriel, c'est encore du singulier que l'on fait usage si le premier substantif est singulier :

Ce sera le même théâtre et les mêmes décorations. (La Bruyère.)

Ce qui m'attache à la vie, c'est ma femme et mes enfants. (Marmontel.)

Mais si le premier substantif qui suit le verbe êt?'e est au pluriel, c'est le pluriel qu'il faut :

Ce seront les mêmes décorations et le même théâtre.

Ce qui m'attache à la vie, ce sont mes enfants et ma femme.

852. Si pourtant le pronom ce rappelait l'idée d'un pluriel précédemment énoncé, et que le verbe être fût suivi d'un attribut composé exprimant renonciation des unités formant ce pluriel, le verbe devrait être au pluriel :

Quelles sont les vertus théologales ? Ce sont la foi, l'espérance et la charité.

Ce est pour ces vertus.

Il y a dix espèces de mots : ce sont le nom, l'article, Cadjectif, etc.

Il appelle à lui quatre courriers qu*il destinait au message; c'étaient l'âne, le chien, le corbeau et le pigeon» (Voltaire.)

Les juges se placèrent :

C'étaient le linot, le serin, Le rouge-gorge et le tarin.

FLORIAIf.

853. Quoique suivi d'un substantif pluriel, le verbe être après ce reste au singulier :

1° Quand ce rappelle l'idée d'un singulier : Z'occASiON prochaine de la pauvreté^ c'est (cette occasion est) de grandes richesses. (La Bruyère.)

2° Quand, après être, viennent deux substantifs mis en opposition et suivis de qui ou que pouvant avoir pour antécédent le pronom ce:

Les dieux décident de tout, c'est donc les dieux et non

pas la mer quil faut craindre. (Fénelon.)

Ce n'est pas les Troyens, c'est Hector qu'on poursuit.

Racinb.

3° Quand le pluriel qui suit c'est est un substantif précédé d'un adjectif numéral et pouvant se tourner par un singulier :

C'est quatre heures qui sonnent , c'est-à-dire c'est la quatrième heure.

C'est trente francs qu*ildoit, c'est-à-dire cest la somme de trente francs.

4° Quand le verbe être précédé de ce a le sens d'un verbe unipersonnel, tel que il y a, il y avait, il y eut, etc. :

C'ÉTAIT tous les jours de nouvelles accusations. (Voltaire.)

Ce ne fut que plaintes et que larmes. (Marmontel.)

Cependant, dans ce dernier cas, on peut employer indifféremment le pluriel ou le singulier. Ainsi l'Académie donne les exemples suivants :

Ce n'ÉTAiT ou ce w'étaient que festins.

Quand ce serait, ou quand ce seraient les Romains qui auraient élevé ce monument.

Avec le singulier, le sens est : // n'y avait que festins; quand il serait vrai, quand cela serait que les Romains auraient élevé, etc.

854. Le pronom ce étant rejeté après le verbe être pour donner à ce verbe une forme interrogative, on

emploie de préférence le singulier devant un substantif pluriel suivi du pronom que :

Est-ce les Anglais que vous aimez? {A.CAD.)

855. Le singulier est aussi employé devant un substantif pluriel pour éviter certaines formes désagréables à l'oreille, comme seront-cey oni-ce été, fussent-ce, furent-ce :

Sera-ce nos intérêts que vous prendrez?

FÛT-CE nos propy^es biens qu'il fallût sacrifier. (Acad.)

Si ce n'est, locution prépositive, signifiant excepté, hormis, n'admet point la pluralité pour est :

Il ne craint personne, si ce n'est ses parents.

Si ce n'est eux, quels hommes eussent osé l'entreprendre? (ACAD.)

On comprend également que, si le nom ou le pronom qui suit le verbe être est complément indirect de ce verbe ou du verbe suivant, le verbe être s'accorde avec ce, qui est le seul sujet :

C'est de vos parents, oui, c'est d'eux que je tiens toute ma fortune.

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