‹ Grammaire complète syntaxique et littéraireChapitre 327 sur 399 · TEMPS DU CONDITIONNEL · texte numérisé non relu

TEMPS DU CONDITIONNEL

879. Le temps simple du conditionnel ne doit pas s'employer pour le futur de l'indicatif, quand on veut marquer la chose à venir comme positive.

Ainsi, lorsqu'on croit à la vérité des paroles qu'on a entendues, il ne faut pas dire :

On m'a assuré que vous iriez la semaine prochaine à la campagne.

Dites alors :

On m'a assuré que vous irez la semaine prochaine à la campagne.

En effet , il s'agit d'une action qui aura lieu positivement ; il n'y a aucune idée de condition.

Mais on emploierait le temps simple du conditionnel, si l'on faisait dépendre d'une condition l'accomplissement de la chose exprimée par le second verbe :

On m'a assuré que vous iriez la semaine prochaine à la campagne, si votre santé le permettait.

Le passé du conditionnel ne doit pas s'employer pour le temps simple du même mode.

Ainsi, il ne faudrait pas dire :

Je croyais que vous seriez venu me voir. Mais :

Je croyais que vous viendriez me voir.

Parce que le verbe de la seconde proposition devrait exprimer un temps à venir par rapport au verbe de la première. Ce serait donc le conditionnel présent ou temps simple qu'il faudrait employer.

Cette exclusion du passé en faveur du présent du conditionnel est l'opinion d'un grand nombre de grammairiens. Cependant on ne saurait la partager absolument, et les deux formes que nous venons de dter sont indifféremment acceptables suivant la nuance d'idée ou plutôt de temps que l'on veut exprimer. C'est avec ces distinctions imperceptibles, que l'on a la prétention de poser en règles rigoureuses, que l'on a fait du mot syntaxe le synonyme de grimoire.

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