‹ Grammaire complète syntaxique et littéraireChapitre 326 sur 399 · Vimparfait de C indicatif s'emploie bien après un · texte numérisé non relu

Vimparfait de C indicatif s'emploie bien après un

passé, quand il s'agit d'une chose qui n'a plus lieu au moment où l'on parle :

fai su que vous étiez à la campagne le mois dernier.

Mais on emploie le présent de l'indicatif après un passé, lorsque le second verbe exprime une chose vraie dans tous les temps ou qui se fait dans tous les temps, ou qui continue d'avoir lieu au moment où l'on parle :

Vabbé de Saint-Pierre prouvait que la devise de thomm£ vertueux est renfermée dans ces deux mots : donner et pardonner. (D'Alembert.)

// concluait que la sagesse vaut encore mieux que Celoquence, (Yoltaire.)

f appris à cette occasion que les brebis s'engraissent (fautant plus qu'elles boivent davantage. (Barthélémy.)

Madame du Gué a mandé à M. de Coulanges que vous ÊTES belle comme un ange. (M°^® de Sévigné.)

11 m'a dit qu'il ne /auf jamais Vendre la peau de l'ours qu'on ne l'ait mis par terre.

La Fontainb.

Vous m'avez dit tout franc que je dois accepter Celui que pour époux on me veut présenter.

MOLIÈRB.

Toutefois, cette dernière règle n'a rien de bien absolu, surtout lorsqu'il s'agit d'un fait de la réalité duquel on pourrait douter encore, ou bien quand on énonce une opinion que l'on ne donne point comme une vérité essentielle ni incontestable. En voici quelques exemples :

Tai ouï dire à plusieurs de nos chasseurs que rien n'É- TAIT plus propre à désaltérer que les feuilles du gui. (Bernardin de Saint-Pierre.)

// disait que rien ne rendait les mœurs plus aimables que la botanique. (Bernardin de Saint-Pierre.)

fat appris par la Gazette que M. de Choisy était AGRÉÉ à l'Académie. (Racine.)

J'ai lu votre lettre à M. Despréaux ; il en fut très content et trouva que vous écriviez très naturellement. (Racine.)

Disons encore que la restriction que nous venons d'établir n'est elle-même rien moins qu'absolue, car on

trouve tantôt l'emploi du présent , tantôt l'emploi de l'imparfait dans des phrases rigoureusement identiques.

Vimparfait s'emploie aussi pour le conditionnel simple après la conjonction si exprimant la condition :

On vous estimerait si l'on vous connaissait.

Connaissait est pour connaîtrait, qui formerait une périssologie, l'idée de condition étant déjà exprimée par la conjonction si.

PASSÉ DÉFINI

875. Le passé défini ne doit s'employer que pour exprimer ce qui a eu lieu dans une période de temps complètement écoulée, comme hier, la semaine passée, le mois passé, l'année dernière.

Ainsi on dit bien :

Je REÇUS plusieurs lettres de mon père F année dernière, la semaine passée;

Mais on ne dira pas :

// FIT un très grand froid cette semaine,

Parce que l'expression cette semaine indique une période de temps qui n'est pas complètement écoulée.

Alors, il faut employer le passé indéfini, et dire :

// A FAIT un très grand froid cette semaine,

fki REÇU ce matin la visite de madame votre mère,

PASSÉ INDÉFINI

876. Le passé indéfini s'emploie quelquefois pour un futur antérieur prochain :

Attendez-moi, /'ai fini dans un instant.

C'est-à-dire, attendez, /aurai fini dans un instant.

Réciproquement, le futur antérieur s'emploie assez souvent pour le passé indéfini :

Si vous navez pas réussi, c'est que vous aurez mal pris vos mesures.

L'emploi du futur antérieur , dans ce cas , peut être considéré comme un euphémisme : c'est que vous avez mal PRIS vos mesures aurait quelque chose de trop affirmatif, et, par conséquent, serait trop désobligeant.

PLUS-QUK-PARFÀIT.

877. Après un passé, on peut employer le passé indéfini ou le plus-que-par fait :

J'ai appris avec peine que vous avez eu la fièvre en arrivant à Lyon.

J'ai appris avec peine que vous aviez eu la fièvre en arrivant à Lyon.

La première forme est préférable si Ton écrit à la personne au moment où elle souffre encore de la fièvre; mais il vaut mieux employer le plus-que-parfait si le mal a complètement cessé. L'opinion de quelques grammairiens est que le plus- que-parfait ne saurait être employé dans ce dernier cas ; voici plusieurs phrases d'écrivains qui prouvent qu'il y aurait témérité à formuler ici une règle absolue :

Il était fort en peine de ce que vous aviez appris sa maladie. (Acad.)

Vous pouviez lui dire que vous aviez été tantôt captif, tantôt errant en Sicile. (Fénelon.)

// nia dit que vous lui aviez lu un ouvrage de ma façon. (BOILEAU.)

Je ne sais si je vous ai mandé que ma chère fille Aimée était entrée aux Carmélites. (Racine.)

// m'a paru qu'ils w'avaient manqué cette année ni de prudence ni de courage. (Chateaubriand.)

Le plus-que-parfait de l'indicatif s'emploie souvent pour le passé du conditionnel après la conjonction si, marquant la condition :

Si vous AVIEZ PARLÉ plus tôt, VOUS auricz cette place.

C'est-à-dire : Si vous auriez parlé /?/w5 tôt, ou mieux: Si vous EUSSIEZ parlé plus tôt.

878. Le futur de l'indicatif s'emploie quelquefois pour l'impératif:

Un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement. C'est-à-dire : adore et aime.

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