PARTICIPE INVARIABLE
Leurs fautes nous ont servi à les mieux connaître.
On nous a commandé de sortir.
Le temps qui nous a fui ne reviendra Jamais.
Qui sait combien d'années nous
avons PLECKE?
La pluie n'a cessé de tomber pendant les deux heures que nous avons codru.
923. Deuhéme remarque. Conformément à ce principe, le participe passé des verbes coûter, valoir, peser, est tantôt variable, tantôt invaiiable.
Selon l'Académie, coûter (du latin cotistare, stare cum, rester avec OU moyennant) est, dans tous les cas, verbe intransitif ; elle écrit en conséquence :
Tai versé les vingt mille francs que cttte maiton m'n corrt.
SYNTAXE. — DU PARTIGIHE. 311
Je ne saurais vous dire toutes les peines que ce travail m' a coûté.
11 y a, selon elle, ellipse de la préposition moyermant: Les vingt mille francs moyennant lesquels cette maison m'a coûté , c'est-àdire m'est restée.
Cependant, lorsque le participe passé coûté est employé au figuré, dans le sens de causer^ occasionner , la plupart des grammairiens, contrairement à l'opinion de lAcadémie, le considèrent comme participe de verbe transitif :
Mon enfant, n'oubliez janiuis les soins que votre enfance a COÛTÉS à votre mère.
Mes manuscints y raturés, barbouillés, et même indéchiffrables, attestent la peine qv'Hs m'ont coûtée. (J.-J. Roossead.)
Valoir, au propre, c'est-à-dire dans le sens de avoir de la valeur, est verbe intransitif :
Ce cheval ne vaut plus les deux mille francs qu'il a valu.
Valoir est verbe transitif au figuré, c'est-à-dire dans le sens de procurer, faire obtenir, produire :
Voilà les chagrins que vous a valus votre obstination.
Les honneurs que j'ai reçus, c'est mon habit qui me les a valus. (J.-J. Rousseau.)
Peser- est verbe intransitif daHS le sens de avoir le poids de :
Ce ballot ne pèse plus les cent kilogrammes qu'il a pesé.
Il est verbe transitif quand il signifie faire l'action de peser :
Vos marchandises sont toutes prêtes, je les ai pesées moi-même.
924. Troisième remarque. Les verbes vivre, durer, dormir, régner, qui sont iutransitifs de leur nature, paraissent quelquefois être employés comme transitifs, mais le participe passé n'en reste pas moiûs toujours invariable :
On doit considérer comme perdus les jours qu'on a vécu dans foisiveté.
On croirait que ces huit jours me durèrent huit siècles ; j'aurais voulu qu'ils les évasent duré en effut. (J.-J. Houssead.)
Toutes les heures que vous avez dormi, je les ai passées à écrire, (Bescher.)
Les soixante-douze ans que Louis XIV a régné n'ont pas été toujours glorieux pour la France.
Oui, c'est moi qui voudrais effacer de ma vie L«s jours que j'ai vécu sans vous avoir servie.
CORNEILLB.
Dans ces phrases, le pronom conjonctif que ou le pronom personnel les n'est pas, comme on pourrait le croire au premier coup d'oeil, le complément direct des participes vécu, duré, dormi, régné; il n'en est que le complément circonstanciel. C'est comme s'il y avait : Les jours pe:tda«t lesquels on a vécu ; j'aurais voulu tue ces huit jours eussent dueé pkudaht huit siècles ; les heures
PENDANT lesquelles vous avez dormi ; les soixante-douze an* pendant lesquels Louis XIV a régné.