‹ Grammaire complète syntaxique et littéraireChapitre 366 sur 399 · EMPLOI ET SUPPRESSION DE NE · texte numérisé non relu

EMPLOI ET SUPPRESSION DE NE

930. Après prendre garde, se garder, éviter, empêcher, signifiant prendre des mesures pour que la chose n'arrive pas, on met généralement ne avant le verbe de la proposition subordonnée :

J'empêche ]

Gardez (ou ffardez-vous) ( , • / * x

^ . "" ^ ' > quonwevous voie. (AcAD.)

Prenez garde )

On peut dire : Je n empêche pas qu'il ne fasse ou quil fasse ce quil voudra, (Acad.) Cependant l'usage d'employer la négation semble prévaloir.

Après défendre, le verbe de la proposition subordonnée ne prend jamais de négation : J'ai défendu quon fît telle chose. (Acad.) //défendit qu aucun étranger entrât dans la ville. (Voltaihe.)

La forme impersonnelle il s'en faut, accompagnée de la négation ou d'un mot équivalent, tel que peu, presque rien, etc., veut ne avant le verbe de la proposition subordonnée : Il ne s'en faut pas de beaucoup que la somme N'y soit.

Il s'en faut beaucoup rejette la négation : //s'en faut BEAUCOUP que la somme y soit.

931. Après le verbe nier et son synonyme disconvenir, employés négativement, on peut supprimer ne ou l'employer : Je ne nie pas. Je ne disconviens pas que cela soit ou NE soit.

Mais si la proposition subordonnée exprime une chose incontestable, il ne faut pas faire usage de la négation : Je ne nie pas qu'il y ait un Dieu.

932. Après craindre, dans une proposition affirmative, on emploie ne... pas, si l'on désire que la chose exprimée par la subordonnée se fasse : Je crains qu'il NE vienne pas, c'est-à-dire je désire qu'il vienne.

On emploie seulement ne, si la subordonnée exprime une chose dont on ne désire pas l'accomplissement : Je crains qu'il ne vienne 3 c'est-à-dire je ne désire pas qu'il vienne.

Cette règle s'applique aux locutions de peur que, de crainte que, etc., comme on l'a déjà vu au § 929-9".

Si la proposition principale est négative ou interrogative, la subordonnée ne prend aucune négation : Je

ne crains pas quil vienne. Craignez-vous qu*il vienne?

933. Après les comparatifs (T égalité, on ne met jamais ne avant le verbe subordonné : // n*est pas aussi riche que vous le pensez.

Si les termes de la comparaison établissent une inégalité, soit en plus, soit en moins, entre les objets, comme cela arrive quand on fait usage des mots plus, moins, mieux, meilleur, moindre, pire, autre, autrement, plutôt, la conjonction que doit toujours être suivie de ne, quand la proposition principale est affirmative :

// est plus riche que vous ne Vêtes, Il est moins spirituel qu*il in'est instruit. Il a été mieux reçu qu'il ne croyait.

934. Mais si la proposition principale est négative, ne n'est plus nécessaire avec le verbe de la subordonnée :

Thèbes n était pas moins peuplée quelle était vaste. (BossuET.) Le castor n'est ni plus ni moins habile qu'il fêtait il y a deux mille ans. (De Fratssinous.)

Et il en est ordinairement de même lorsque la proposition principale est interrogative :

Croyez-vous qu'un homme puisse être plus heureux que vous fêtes depuis trois mois? (J.-J. Rousseau.)

935. Si la proposition principale et la proposition subordonnée sont formellement négatives, l'une et l'autre prennent la négation :

Le singe nest pas plus de notre espèce que nous ne sommes de la sienne. (Buffon.)

Cette phrase signifie évidemment : Le singe n'est pas de notre espèce, nous ne sommes pas de la sienne.

936. Après les locutions conjonctives avant que, sans çwe, on supprime toujours lanégation:/zVaï7ei;oîr AVANT Qu'il parte. Je ne puis parler sans Qu"e7 m'interrompe.

Mais si que était employé par ellipse pour avant que, sans que, il faudrait se servir de la négation : Je ne puis parler qu'il ne m'interrompe,

937. Après la locution conjonctive à moins que, on met toujours ne avant le verbe de la proposition subordonnée : Il n'en fera rien, à moins que vous ne lui parliez.

SYNTAXE. — DE LA PREPOSITION. 31

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