‹ Grammaire complète syntaxique et littéraireChapitre 378 sur 399 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans les deux parties qui précèdent, lexicologie et stittaxe, nous n'avons guère étudié que le côté orthographique, et, en quelque sorte, matériel de la langue ; malgré cela, si nous voulions rester dans les limites que se sont posées jusqu'à ce jour les grammairiens, nous pourrions écrire ici, en lettres capitàiles, le mot Fmis ; mais, quand on est parvenu à cette profondeur, peut-on dire que la mine soit véritablement creusée, épuisée? Ne reste-t-il pas encore à exploiter un filon autrement riche que la couche superficielle qui a été fouillée ? En d'autres termes, connaît-on suffisamment la langue qu'ont écrite les Pascal, les Bossuet, les La Fontaine, les Corneille, les Racine et les Féneion, quand on a acquis ces notions préliminaires ? Assurément non, et voilà pourquoi nous avons jugé nécessaire de compléter notre travail par une nouvelle étude, à laquelle nous donnons sans hésiter le titre de Grammaire littéraire.

Le laboureur qui veut cultiver un champ doit exécuter deux opérations successives, dont l'une est la conséquence , le couronnement de l'autre : préparer j puis ensemencer. Au terme où nous sommes parvenu, la terre est suffisamment remuée et hersée ; les mauvaises herbes — et l'on comprend ce que nous entendons par ce mot — sont extirpées ; il s'agit donc de déposer dans le sol des semences qui germeront pour sortir de terre et fleurir au soleil. Fleurir, voilà le mot auquel nous voulions arriver, car il s'agit ici des fleurs qui émaillent si brillamment notre littérature. Ces locutions , devenues pour ainsi dire proverbiales, sont très nombreuses dans notre langue ; nous les devons à nos grands écrivains et surtout à nos grands poètes, et alors même que l'on serait peu familiarisé avec leurs chefs-d'œuvre, il faudrait de toute nécessité connaître ces phrases heureuses qui sont comme l'assaisonnement de notre langue. On les entend dans la conversation, on les rencontre à chaque page dans la lecture. On doit nécessairement les comprendre sous peine d'être taxé d'ignorance. C'est

Ici que le Sésame, ouvre-toi des Mille et une Nuits devient indispensable à tous les esprits curieux. Telle est précisément la clef d'or que nous nous proposons de mettre entre les mains de chaque élève.

Ah ! doii-oB hériter de eeaz qu'on •■•«■•!■« 7

Vers de Rhadamiste et Zénobie, tragédie de Crébillon. Pharasraane, roi d'Ibérie, met à profit une émeute pour sacrifier son fils Rhadamiste à son ambition. Échappé miraculeusement à la mort, le jeune prince cherche un refuge chez les Romains, et combat dans l'armée de Corbulon. Dix ans plus tard, il revient à la cour de son père, qui ne le reconnaît pas, lui intimer un de ces ordres insolents par lesquels le sénat se plaisait à humilier l'orgueil des rois. Pharasraane répond avec hauteur. A quel titre les Romains voudraient-ils l'arrêter dans ses conquêtes? Ce sont les États de son frère et de son fils qu'il veut soumettre à son pouvoir :

Et qni doit succéder à mon frère, à mon fils ? A qui des droits plus saints ont-ils été transmis?

Page 1