PHÈDRE
On ne voit pas deux fois le rivage des morts. Seigneur ; puisque Thésée a vu les sombres bords, En vain vous espérez qu'un dieu nous le renvoie; Et l'avare Achéron ne tâche point sa proie.
Ce vers célèbre a passé dans la langue, où il désigne, non pas la mort, comme dans le texte que nous venons de citer, mais des passions jalouses, telles que la haine, l'envie, et surtout la rapacité unie à la ténacité.
El le eeMba* e««Mk famte 4e eoBibanaat*.
Vers de Corneille dans sa tragédie du Cid, acte IV, scène m. Le Cid fait au roi de Castille le récit de son combat avec les Maures , dont les deux rois lai ont rendu leur épée. Presque tous les ennemis gisent sur le champ de bataUle , et le vers cité est une sorte d'éloquent épiphonème i ce récit considéré comme un chef-d'œuvre.
Les applications que l'on fait de ce vers sont presque toujours plaisantes : « On notis servit à déjeuner cinq douzaines d'huîtres; il fallait voir comme chacun portait la main au plat. Enfin il ne resu plus au fond que de l'eau salée ,
Et le combat cessa faute de combattants. ■
El ■Boaté smr le faite, U aspire à 4e«eeadre.
Vers de Gomeille dans sa tragédie de Cinna, aurte II, scène re. Auguste fait part à Claude et à Maxime de son intention d'abdiquer l'empire :
L'ambition déplaît quand elle est assouvie. D'une contraire ardeur son ardeur est suivie; Et comme notre esprit, jusqu'au dernier soupir. Toujours vers quelque objet pousse quelque désir,
n se ramène en soi, n'ayant plus où se prendir*^ Et monté sur le faîte, il aspire à descendre.
Ce beau vers, que Racine faisait admirer à ses enfants , exprime énergiquement la satiété, le dégoût de l'homme parvenu au faîte des honneurs et de la puissance, ei cette idée est toujours celle qu'il rend dans les applications que l'on en fait.
Et par droit de coiiqn£t« •« par 4lr«li d» mwAmtmmm;
Début de la Henriade de Voltaire :
Je chante ce héros qui régna sur la France
Et par droit de conquête et par droit de naissance.
Dans l'application, ce vers signifie qu'on a sur une chose des droits indiscutables.
Et si vous »'•■ ««rteB, ▼•as «■ deves morlir.
Vers de BoUeRU dans sa satire V — sur la noblesse. — Le poète trac» le caractère de la véritable noblesse :
Respectez- vous les lois? fuyez-vous l'injustice?
Savez-vous pour la gloire oublier le repos,
Et dormir en plein champ le hamois sur le dos ?
Je vous connais pour noble à ces illustres marques :
Alors, soyez issu des plus fameux monarques,
Venez de mUle aïeux, et, si ce n'est assez.
Feuilletez à loisir tous les siècles passés :
Voyez de quel guerrier il vous plaît de descendre;
Choisissez de César, d'Achille ou d'Alexandre;
En vain un faux censeur voudrait vous démentir,
Et si vous n'en sortez^ vous en devez sortir.
L'application de ce vers est le plus souvent plaisante.
Et v«ilà ]■■*«■>•■* eoarai* «a «erl« l'hlat*lr«.
Vers tiré d'une pièce de Voltaire intitulée Chariot. Henri IV est attendu dans un château qu'il honore de sa visite ; les gens de la maison , échsionnés sur la route pour annoncer son arrivée, donnent une fausse alerte, et l'intendant dit à la châtelaine :
Ils se sont tous trompés, selon leur ordinaire.
Tout le monde a crié : Le roil sur les chemins; On le crie au village et chez tous les voisins ; Dans votre basse-cour on s'cbstine à le croire ; Et voilà justement comme on écrit l'histoire.
Ce vers est devenu proverbial ; mais, dans l'application, le mot histoire est quelquefois remplacé par celui qui exprime la chose dont on parle : » Et voilà justement comme on écrit la musique. »
F«ar* de u pr«a« •«>■ le •mvir , allusion à uu des passages les plus comiques dn Bourgeois gentilhomme, comédie de Molière.
M. Jourdain, épris d'une dame de qualité, prie son professeur de philosophie de lui écrire un petit billet qu'il laissera tomber aux pieds de la belle marquise.