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Th. Cliritcn, Traite scientifique du lapidaire

l'art intime. .)S

l'art intime

autre vase en versant de l'acide sulfurique en assez grande quantité pour les recouvrir. Le vase est alors recouvert avec un couvercle et placé sur des cendres chaudes, autour desquelles on dispose des charbons ardents. Quelques heures après, les pierres ont pris une belle coloration. Elles sont alors retirées de l'acide sulfurique, lavées dans l'eau, séchées et immergées pendant toute une journée dans l'huile, et leur éclat devient parfait. Enfin l'huile est enlevée en frottant avec de la sciure de bois.

Au moyen de ce procédé, les fonds des camées, qui étaient d'un gris extrêmement clair, apparaissent, suivant la porosité plus ou moins grande, gris foncé, brun, ou même tout à fait noir foncé, d'autres, qui étaient rougeâtres, prennent un grand éclat,

11 en est de même des cachets, pommes de canne et autres objets d'art en jaspe sanguin, décolorés par le temps. Une immersion de huit jours, dans un vase de porcelaine rempli d'eau et placé dans une cave, suffit pour rendre la vivacité à leur verdeur altérée.

Les pierres précieuses, montées pour la plupart en bijoux, se lavent à l'eau de savon avec une brosse fine. On termine en frottant la monture au rouge dit rouge anglais, lequel donne un nouvel éclat à l'or. Pour employer le rouge, en se sert de buffle, de drap, de peau de'daim et même de gants de cette même peau.

Quant aux vases ou petits meubles en matières dures, telles que le cristal de roche, les agates, l'améthyste et autres pierres fines, on se contentera d'un simple lavage à l'eau de savon. Mais pour les pierres d'une moins grande ténacité, le lapis-lazuli et la malachite, par exemple, il est nécessaire, après le lavage, de les aviver à l'aide d'une peau avec de la potée d'étain, pour donner plus de brillant au poli.

ARGENTERIE. Tout Ic moudc Sait qu'uue longue exposition à l'air, l'action des odeurs fortes, quelle que soit leur nature, celle des gaz acide hydrosulfurique et acide carbonique, le contact de certains sels, et bien d'autres causes, font perdre aux ouvrages d'argent le beau blanc qui caractérise ce métal.

Lorsque l'éclat et la blancheur des ouvrages d'argent sont peu altérés, une éponge fine, de l'eau chaude et du savon, sont des agents suffisants pour les ramener à leur état primitif; mais lorsque l'une des causes que nous avons signalées a produit des effets qui résistent à ce premier moyen de restauration, il faut recourir à

ET LE GOUT EN FRANCE

l'emploi du cyanure de potassium, dont nous avons indique la recette à l'article Bronze doré. Quand l'argent a repris sa blancheur ordinaire, on délaye du blanc d'Espagne dans un peu d'eau, on frotte le métal à plusieurs reprises à l'aide d'un petit tampon de linge fin, et l'on passe à la peau. La pièce a repris son éclat.

On commence par faire un mélange de potée d'émeri et de vinai- orfkvrerie gre, dont on frotte légèrement l'objet à nettoyer avec un tampon u tTAiN. de laine; on lave ensuite à l'eau pure, on essuie avec un linge propre, et l'on termine en donnant le vrai brillant à l'aide d'une peau et de blanc d'Espagne.

Si, au contraire, on veut noircir de l'étain neuf, afin qu'il prenne la teinte de l'ancien, il faut l'enduire d'une solution d'alun pulvérisé, mêlé d'acide sulfurique.

Pour rendre leur premier éclat aux bijoux salis et ternis par bijoutf.rik l'usage, on prend du tripoli délayé avec de l'huile d'olive qu'on étend ''^ sur un morceau de feutre, de drap ou de buffle appliqué sur une planchette, et l'on frotte les surfaces planes, les angles vifs, les biseaux et les facettes. Quand la configuration des objets soumis au nettoyage ne permet pas de faire usage de la planchette, on a recours à un écheveau de fil imprégné de tripoli à l'huile, que l'on passe dans tous les interstices du bijou. Après cette opération, on dégraisse les objets soit à l'aide d'eau chaude chargée d'un peu de savon, soit par le blanc d'Espagne en poudre, qui devra toujours être préféré pour certains ouvrages qui craignent le contact des liquides.

Dans l'une ou l'autre manière d'opérer, on pourra faire usage d'une petite brosse très douce, et l'on réglera la vivacité de son action d'après la délicatesse de l'objet qui lui sera soumis. Lorsque l'opération du poli est à ce point, toutes les parties polies sont parfaitement lisses, mais elles sont encore fort ternes; pour leur imprimer le brillant éclat qu'elles sont susceptibles d'acquérir, il faut renouveler le même procédé avec cette seule difTérence que, cette fois, les objets ne seront point imprégnés d'un corps gras, et que le tripoli sera remplacé par le rouge à polir ou rouge anglais délayé dans de l'esprit de vin étendu d'eau. Après ce travail, on savonne encore une fois pour enlever le rouge qui s'est introduit dans les parties creuses, et l'on fait sécher dans de la sciure de bois très propre'.

I. Platidc l$oué. Traité d'nrfcvrerie. bijouterie et joaillcrh'. i8.l2.

l'art intime

IVOIRE Quoique la teinte bistrée ne soit nullement la nuance primitive

des anciens ivoires, dont la couleur véritable a été altérée soit par l'influence de l'air, de certains gaz, soit par les injures du temps, un séjour prolongé dans la terre, l'humidité, etc., nous croyons devoir engager les amateurs à ne pas détruire cette patine, œuvre des siècles, laquelle fait admirablement ressortir les reliefs et donne plus de moelleux aux contours.

Pour les objets d'un usage usuel, tels que couteaux à papier, éventails, boîtes, bonbonnières, etc., qui sont devenus jaunâtres, on les blanchit de la manière suivante : « Dans de l'eau de pluie, vous faites dissoudre de l'alun de roche jusqu'à ce que cette eau soit suffisamment blanche; ceci fait, c'est-à-dire quand votre eau en est assez saturée, vous mettez sur le feu cette dissolution ; puis, quand elle est en ébullition, vous y plongez l'ivoire que vous désirez blanchir; un séjour d'une heure suffit (plus, serait nuisible). Pendant ce temps, vous frottez quelquefois l'objet ou les objets avec une brosse douce, dans le but de mettre toutes les parties en contact avec le liquide, vous faites ensuite sécher à loisir dans un linge mouillé; un fois sec, l'objet reprend sa première couleur ■ ».

On polit ensuite à sec avec du blanc d'Espagne étendu sur un morceau de drap.

Nous avons indiqué la manière de blanchir l'ivoire. Voici maintenant divers procédés pour le jaunir. Outre le jus de tabac ou nicotine et la fumée de foin mouillé, on vieillit l'ivoire neuf en le laissant tremper dans du marc de café.

ÉMAUX. Il est impossible de remettre les émaux au feu ; leur réparation

ne peut donc se faire qu'à froid. Quand ils sont fracturés, les émaux laissent apercevoir le cuivre qui leur sert de fond ; pour reboucher les parties manquantes, aucune pâte ne peut remplacer la gomme laque, celle-ci ayant seule une très forte prise sur le cuivre. On échauffe graduellement l'envers de l'émail à la lampe à esprit de vin, on pose ensuite la gomme laque, qui adhère de suite au cuivre s'il est suffisamment chauffé ; on égalise alors la laque en passant dessus à plat la lame chauffée d'un couteau, et l'on enlève le surplus avec un grattoir.

Quand, par ce moyen, on a obtenu une couche bien uniforme, il ne s'agit plus que de raccorder le dessin et la peinture. A cet effet,

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