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I . Traité pratique des pierres précieuses

ET LE GOUT EN FRANCE

Les curieux, affamés du plaisir de la contemplation des belles choses, ont existé de tout temps. De ce nombre sont les amateurs de pierreries, où, selon les expressions de Pline l'Ancien, « se trouve resserrée dans un étroit espace toute la majesté de la nature ».

Tels furent, dans les temps anciens, Polycrate, Pyrrhus, Pompée et Nonnius, célèbre par son opale merveilleuse. Dans les temps modernes, Charles le Téméraire et Mazarin, collectionnaient les pierres précieuses, surtout les diamants, avec une passion digne de l'antiquité. Parmi ceux de nos contemporains, il faut citer le duc de Brunswick, qui, n'ayant pas comme Bias un grand fond de sagesse, selon la remarque de M. Charles Rozan ', portait sa fortune avec lui, entreautres, plusieurs rubis gravés, dont l'un pesait 53 carats. Le cardinal Antonelli prenait également, dit-on, un grand plaisir à jouer, en causant, avec des' diamants ou des émeraudes. Miss Burdett Coutts, la célèbre philanthrope anglaise, s'est plue également à former une admirable collection de pierres précieuses, où se trouve un des plus gros rubis connus. Enfin, le célèbre banquier hollandais llopc, mort vers 1850, possédait une collection de pierreries d'une valeur inestimable, dont chaque objet était d'une rareté particulière. Ici, c'était la plus grosse perle connue, pesant 3 onces (85 grammes), et de prés de deux pouces (0,054 mill.) de longueur, à côté du plus gros œil de chat dont on connaisse l'existence; plus loin, un autre saphir merveilleux ayant appartenu à Philippe légalité ; là, c'était le saphir rayonné pesant 234 grains (1$ grammes) et un autre œil de chat à reflet d'or. On voyait aussi la poignée de l'épèe du roi .Murât, formée d'une seule aigue-marine. Puis venaient des opales, des topazes, des rubis, des émeraudes remarquables ou par une teinte très rare, ou par quelques jeux de la nature, ou par le souvenir des personnes qui les avaient jadis possédés. C'était, en un mot, une profusion inouïe de gemmes éblouissantes, énormes, jetant mille feux de toutes couleurs.

Mais dans ce genre de collection, nous sommes forcés de l'avouer, l'ancien monde est dépasse par le nouveau.

« 11 n'existe probablement pas de ville, dit un journal de San- Francisco (septembre 1878), en parlant de la capitale de la Californie, où il y ait, toute proportion gardée relativement à la population, autant de richesses sous la torme de pierres précieuses.

« La plus grande quantité de joyaux possédés par un seul individu, tels quiï pierres précieuses, bracelets, bagues, médaillons, etc., est

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