‹ Grammaire des arts de la soieChapitre 1 sur 20 · Grammaire des arts de la soie · texte numérisé non relu

Grammaire des arts de la soie

Soie, Soieries, sont des mots qui reviennent à chaque instant, si Von y prend garde, dans le langage usuel et qui affirment V importance du rôle joué tous les jours par les réalités auxquelles ils correspondent : le plus recherché, le plus précieux des textiles et tout ce que r industrie humaine en a su faire depuis qu'elle le connaît.

L'étude de la soie et des étoffes faites de soie est par suite, on se le figure, un vaste champ qui n'est certes point resté en friche ; mais il est à remarquer que ce sujet très étendu semble avoir été exploité jusqu'ici, surtout à deux points de vue particuliers et à peu près exclusifs : l'histoire de la soie et des tissus de soie dans le sens archéologique et documentaire et, d'autre part, la technique pure de la production de la soie et de la fabrication des soieries.

Cependant, à côté des nombreux travaux historiques d'une savante érudition et des traités théoriques et spéciaux sur le tissage, n'y avait-il pas de place pour un ouvrage, peut-être plus abordable, c'est-à-dire simplifié et généralisé dans un but de vulgarisation ?

C'est la pensée qui a inspiré cette Grammaire, sorte d'essai résumé sur les choses nombreuses, variées et curieuses de la Soie et des Arts de la Soie.

Le tissu de soie n'est plus comme jadis l'apanage d'une classe asseï restreinte, surtout privilégiée de la naissance ou de la fortune ; on peut dire à juste titre qu'il s'est aujourd'hui largement démocratisé dans ses applications et ses emploie très divers, parfoù même assez imprévus.

Il occupe une part prépondérante dans l'habillement féminin, au principal ou pour partie ; qu'il s'agisse de la mondaine réputée pour la recherche de coilteuses élégances, de la petite bourgeoise plus discrètement satisfaite, ou simplement de l'ouvrière qui aime à se parer du bout de ruban ou du

Page 1