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DE LA MAISON

-A~V A N T FEOPOS

Si le soin que nous prenons de noire personne et de nos vêtements est une marque de déférence pour les autres (1), c’est une obligation envers nous-mêmes d’orner nos demeures de façon à les rendre agréables et à nous inspirer le goût d’y rester. Quelque modeste que soit une habitation, il suffit d’y mettre de l’ordre et d’y entretenir la propreté, pour qu’elle soit supportable et devienne même, par la force de l’habitude, intéressante. L’homme s’initiant par les vertus privées aux vertus publiques, il est essentiel qu’il ne se dégoûte pas de sa maison, parce que c’est là que l’appellent les devoirs de famille et c’est là qu’il règle ses pensées lorsqu’il vit seul. Comment échapper aux entraînements d’une vie dissipée quand on se déplaît chez soi, et comment ne pas s’y déplaire quand on néglige d’v apporter ce qui fait la grâce de la vie intérieure et le confort du sentiment, l’art?

Mais la maison n’est pas seulement habitée : elle est visitée, et certaines pièces en sont même destinées spécialement aux amis et aux étrangers.

(1) Voir Y Art dans la parure , par Ch. Blanc, librairie Renouard.

Celles-là, du moins, doivent témoigner de l’application qu’on a mise à les décorer de son mieux et en raison de sa fortune. L’absence de iout ornement y serait une impolitesse. Il faut donc regarder, tout d’abord, aux convenances de l’entrée et à l’arrangement du vestibule. Aussi bien, la première idée que l’on prend de ceux que l’on va voir se forme sur le seuil même de leur maison.

DES PAVEMENTS

LES EFFETS DE LA PERSPECTIVE SONT ABSOLUMENT INTERDITS DANS LA DÉCORATION DU SOL, ET LA FIGURE ÜUMAINE Y EST MALSÉANTE.

Les anciens attachaient beaucoup d'importance à l’ornement de leur vestibule. Ils en décoraient le sol de mosaïques, et ils se plaisaient à composer ainsi des pavements en pierres naturelles, telles que marbre, porphyres, jaspes, agates. Ces pierres, de couleurs variées, et incrustées dans une couche de ciment qui leur servait de hase et de liaison, représentaient, soit des compartiments géométriques, soit des ornements ci rinceaux ; quelquefois aux incrustations de substances naturelles se mêlaient des matières artificielles, comme l’émail, qui, débitées en petits cubes, permettaient de multiplier les nuances de la couleur et d’imiter des animaux ou des personnages. C’est ainsi qu’on figurait sur le pavé de certains vestibules un chien à l’attache avec les mots Cave canem , « Prends garde au chien » Souvent, chez les Pompéiens, le mosaïste avait dessiné sur le seuil l’inscription Salve qui faisait dire aux pierres le premier mot de l’hospitalité. En France, la mosaïque est peu employée, et c’est depuis quelques années seulement que se répand l’usage de cette marqueterie de stuc ou de ciment, que les Italiens appellent scagliola. C’est un ouvrage dans lequel ils font servir, en tout ou en partie, à former le dessin, la matière même, ciment ou stuc, qui sert de fond dans une mosaïque plus précieuse.

Mais, de quelque nature que soient les prismes dont se compose un pavement, qu’il soit en marbre ou en pâte de verre, ou en poterie vernissée, qu’il soit rudimentaire .ou compliqué, modeste ou riche, le mosaïste ou le stucateur sont soumis à une loi d’autant plus utile à formuler ici qu’elle est

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