DE LA MARQUETERIE
gent, il est propre à former des oppositions charmantes avecles tons chauds de l'écaillé et de l'or. Le plus fameux des ébénistes marqueteurs, Boulle, a tiré un parti merveilleux de l'élain.
Lorsque l'écaillé fait le fond de la marqueterie, et que le métal en fait les ornements, l'ouvrage se nomme ^première partie. Quand c'est, à l'inverse, le métal qui fait le fond et l'écaille qui forme les ornements, l'ouvrage se nomme contrepartie, La première partie est en général plus estimée que la seconde, bien que celle-ci puisse être rendue précieuse, soit par la substitution à l'écaillé de cornes diversement colorées, soit par un choix heureux des nuances de l'écaillé.
A la beauté de ces riches matières et à l'élégance du dessin qu'elles composeront en se combinant, l'on va jusqu'à joindre encore la gravure. Non seulement les parties métalliques et la nacre peuvent être incisées au burin, mais l'écaillé elle-même peut être gravée, bien que ce genre de décoration supplémentaire paraisse déplacé sur une substance déjà belle. Quand la marqueterie est gravée, on pourrait dire ici niellée,, on introduit dans les tailles, avec une spatule de bois, du mastic noir ou de la colophane fondue, qui rendent visible le travail de graveur, après quoi l'on achève de polir, de brunir les surfaces non gravées.
Tels sont les moyens d'ajouter aux effets de la couleur dans le mobilier, des colorations locales, chatoyantes, admirables, et qu'il est permis de dire artificielles, bien que la nature en fournisse tous les éléments. Mais il faut prendre garde que les ouvrages en marqueterie demandent une finesse d'exécution, une pureté de contours, en rapport avec le précieux des matières, et que rien n'est plus mal imaginé, plus désobligeant pour un spectateur délicat, que ces faux meubles de Boulle, qui, par leurs découpures babocheuses et la grossièreté de leurs assemblages, calomnient la mémoire de l'illustre ébéniste, dont le nom est comme le synonyme de la marqueterie.
DE LA METALLISATION
DU