DES PROPOSITIONS
AVANT-PBOPOS.
DES PAVEMENTS
I. Les effets de la perspective sont absolument interdits dans la décora-
tion du sol, et la figure humaine y est malséante 3
II. Trois choses sont encore essentielles dans le pavement : l'inégalité
réelle ou apparente des matériaux employés, la prédominance d'une couleur et la divergence des joints 12
III. La décoration du sol doit varier, dans le dessin, selon le plan de la
pièce à décorer, et, dans les matériaux, selon le climat du pays... 17
I. C'est surtout à la serrurerie qu'il appartient de décorer une porte,
parce que les ornements empruntés de la ferrure ajoutent la solididité apparente à la solidité réelle 23
II. La forme des ferrures doit accuser leur destination, leur mise en œu-
vre et la nature du métal employé 3i
III. Les ornements des pièces plus légères de serrurerie peuvent être dé-
licats et raffinés, mais ne doivent être empruntés ni de la sculpture
ni de l'architeclure , 40
IV. 11 importe qu'une grille et une rampe présentent dans leur ensemble
une dimension dominante, et dans leurs motifs de la variété et de la pondération 4'J
I. Le papier peint convient à l'ornement des murs parce que l'apparence
suffit pour ce qu'on ne doit pas toucher 59
H. Le papier peint ne doit pas simuler des vides dans les pleins de l'architecture 69
III. Les figures doivent être traitées à teintes plates et vues en sil-
houette 74
IV. Le papier ne se borne pas à décorer les murs, il sert de fond aux meu-
bles et aux personnes 76
V. Il est essentiel pour le fabricant de papier peint ou de tenture, et en
général pour tout décorateur, de savoir quelle modification subira la tenture ou la décoration, suivant que le fond sera noir ou blanc, sombre ou clair 83
I. . Dans l'art de la tapisserie, la contexlure même du tissu exige une décoration haute en couleurs 86
IL Eu égard à l'insuffisance des moyens dont il dispose, à l'inégale durée de ses couleurs et au caractère d'un tissu qui est sujet à se rider, l'art de la tapisserie doit s'interdire l'imitation des tableaux, surtout des tableaux expressifs 92
III. L'artiste qui peint des modèles pour la tapisserie, doit prendre garde à
placer son point de vue très haut, afin d'éviter les effets de la perspective et le développement des ciels 101
IV. Une grande liberté doit être laissée au tapissier pour le choiîî de ses
teintes, et c'est une raison de plus pour qu'on ne lui donne pas à copier les grands maîtres 106
V. Quant aux bordures de la tapisserie, il ne convient point de les peindre
en relief 114
VI. Le jour le plus favorable pour faire valoir la tapisserie est un jour égal
et tempéré 116
I. Dans l'art du tapissier comme dans tous les arts décoratifs, les lois
esthétiques tiennent à la nature des matières employées et à leur mise en œuvre 119
II. Il est absurde de feindre dans un tissu qui doit être foulé aux pieds des
effets de modelé et de perspective, et il est inconvenant d'y représenter des figures humaines 125
ou DES PROPOSITIONS. 491
III. L'imitalion des fleurs ou des fruits dans leur vérité naturelle doit être
bannie de la peinture des tapis pour faire place aux créations delà fantaisie 128
IV. L'étude des tapis d'Orient est indispensable aux fabricants de tapis eu-
ropéens , 130
DES MEUELES.
I. Le mobilier d'un appartement exige un ordre sensible, surtout dans les
pièces où l'on doit recevoir les étrangers 136
II. Dans le dessin d'un meuble les lignes droites doivent être de préférence
en sens vertical et les lignes courbes en sens horizontal 140
III. L'ébénisterie, avant d'autres convenances que l'architecture, ne doit
affecter dans le dessin de ses meubles ni la forme des édifices ni l'imitation de leurs ornements architectoniques 144
IV. Les meubles ont du caractère quand leur forme accuse au vif, non seu-
lement leur destination, mais encore le tour particulier de nos pensées journalières , 155
I. C'est le coffre, c'est-à-dire le bahut, qui forme le type primitif de nos
meubles 1 74
II. Dans un meuble fermé l'ébéniste est plus libre de chercher des effets
décoratifs, mais dans un meuble ouvert ou vitré il doit se préoccuper avant tout de faire valoir les objets que les tablettes offrent aux yeux. 179
III. La commodité d'un meuble peut être le plus souvent traduite en un mo-
tif d'élégance 184
I. La place la plus convenable pour une pendule n'est pas celle oîi on l'a
constamment devant les yeux 187
II. Le style d'une époque se reconnaît à la physionomie de ses pendules
et de ses cartels ; mais, quelle que soit la forme de ces meubles, il importe que l'art de l'horloger n'y paraisse pas accessoire j 89
III. A moins de jouer un rôle dans l'invention d'une pendule, les figures
d'hommes ou d'animaux y sont déplacées 192
IV. Le dessin des bras, des lustres, des flambeaux ne comporte que des al-
lusions aux formes de la nature ; la convenance y est tout près de se confondre avec la grâce, et la destination de l'objet en indique les proportions 195
V. Les figures, autres que celles des animaux couchants ou rampants, ne
sont pas à leur place dans la composition des chenets et du gardefeu, et la forme doit s'y prêter à l'appui que les pieds Y chercheraient. 204
I. Les glaces, quand elles ne sonl pas des miroirs mobiles el portatifs, figurent des vides pratiqués dans la muraille et doivent être encadrées comme le seraient des portes ou des fenêtres 207
IL L'art des encadrements, loin d'être une affaire de caprice, est assujetti
à plusieurs conditions essentielles, dictées pur les lois du sentiment. . 2io
l. Sous le rapport de la distribution des couleurs, l'ensemble d'un appartement doit être traité à peu près comme un tableau dans lequel la lumière est sacrifiée sur certains points pour mieux briller sur les autres 223
IL Au moyen du contraste formé par les complémentaires, au moyen des harmonies obtenues par le rapprochement des analogues, et de l'emploi très modéré du blanc et du noir, les colorations d'un intérieur peuvent répondre à toutes les nuances du sentiment 227
III. La richesse et la variété des couleurs sont désirables dans les meubles
qui, comme les écrans et les paravents, doivent charmer le regard sans occuper les yeux de l'esprit 2 )2
IV. Au rôle que joue la couleur dans la décoration d'un appartement se rat-
tachent la marqueterie, les incrustations, et la teinte naturelle des essences employées par l'ébéniste 236
I. La métallisation donne au plâtre la couleur et la durée 240
IL L'imitation du bronze convient aux statues très mouvementées, celle du
marbre ou du granit aux œuvres calmes et d'une masse imposante.. 245
I. S'il est une chose qu'il faille décorer avec goût et môme avec sentiment,
c'est le mol)ilier des festins 230
I. C'est par la couleur surtout que le verre devient décoratif. 237
III. Le besoin d'orner a conduit l'homme à transformer la nécessité des
vitres en une décoration lumineuse , 271
NiELLURE, INCRUSTATION, ÉMAIL, CISELURE, REl'OUSSÉ, GALVANOPLASTIE 278
Dans l'orfèvrerie la destination de l'objet et surtout la nature des sub-
ou DES PROPOSITIONS. 493
stances employées changent les conditions de la grâce et font que telle forme qui convient ici ne convient pas là 279
II. L'orfèvre, même quand il appelle un artiste à son aide, doit rester maî-
tre chez lui 2S9
III. Après la sculpture en bas-relief, la niellure est une des plus belles res-
sources de l'orfèvrerie, parce qu'elle respecte la pureté des formes et
la tranquillité des surfaces 297
IV. Cependant, pour varier l'aspect des surfaces métalliques, l'orfèvre pos-
sède encore de précieuses et curieuses ressources, entre autres celle
de l'oxydation 301
V. Le ciseleur répare et termine les ouvrages d'orfèvrerie, mais c'est sur-
tout dans le repoussé et la prise sur pièce qu'il fait œuvre d'artiste ... 310
VI. Il ne faut pas confondre, comme on le fait souvent, l'incrustation avec
la damasquinure 318
VII. La nature, par l'infinie variété d'aspects qu'elle donne aux substances, a
fourni aux orfèvres le moyen de varier les surfaces du métal 322
VIII. C'est de la nature aussi que les Chinois ont emprunté ce décor délicat,
charmant et précieux qu'on nomme l'émail cloisonné 326
IX. La galvanoplastie permet à l'orfèvre de mouler les métaux sans le secours
du feu 331
j. La céramique, à raison de ses analogies avec l'architecture, est soumise
en quelque manière aux lois de ce grand art 338
IL Les formes de la céramique, selon qu'elles affectent le caractère de la dignité ou celui de la grâce, dérivent du cylindre et du cône, ou bien de la sphère et de l'œuf 341
III. Les formes delà céramique, relevant de la géométrie, peuvent être en-
gendrées, même dans leur grâce, parle compas du géomètre 3ol
IV. Les anses du vase ont beaucoup d'importance dans sa forme et de signi-
fication dans sa beauté 3o7
V. Dans la composition des vases l'imitation doit être en général analo-
gique plutôt que rigoureuse, et elle ne doit pas s'étendre h tous les règnes de la nature 361
VI. Les lois du sentiment dans la céramique, comme dans les autres arts
décoratifs, tenant à la qualité des matières employées et des procédés mis en œuvre, il importe d'avoir une première notion de ces matières et de ces procédés 365
Dans l'art céramique, comme dans les autres, le décor doit toujours respecter la forme de la chose décorée 374
L'observation des règles de la perspective est toujours déplacée dans la décoration des vases 380
III. La peinture dos vases doit d'autant inoins imiter la peinture des taljleaux
qu'à l'inverse de celle peinture, elle veut des couleurs franches et ficres et très peu de tons rompus 383
IV. Loin d'emprunter ses motifs de la seule nature, la décoration céramique,
môme dans la représentation des choses naturelles, subordonne l'imitation aux lois de l'harmonie, au plaisir de l'esprit et des yeux 386
V. La décoration céramique, au lieu de poursuivre l'unité absolue de ton
et la parfaite uniformité des surfaces, doit les racheter, soit par les vibrations de la couleur, soit par un des nombreux moyens dont l'art dispose pour mettre du jeu et eu quelque sorte de la variété jusque dans la monochromie 390
Vf. Les convenances de l'art céramique varient selon qu'il s'agit de décorer
une poterie d'usage ou des vases honorifiques et d'apparat. 398
VIL Lorsque la forme du vase est symétrique, comme le veut la céramique
ornementale, il est inutile que la symétrie reparaisse dans le décor.. 40 1
VIII. La plus belle décoration des vases par la couleur n'est pas celle qui mul-
tiplie les teintes variées ; mais celle qui, faisant jouer deux complémentaires mutuellement exaltées, ou simplement deux couleurs contrastantes, tempère et harmonise le spectacle par quelques tons intermédiaires, accessoires et peu voyants 405
IX. Bien que l'imitation des gemmes, des pierres fines, du bronze, aitproduit
dans la céramique des résultats curieux et intéressants, le céramiste fera mieux de s'interdire ces sortes de contrefaçons, et de s'en tenir aux ressources, déjà si nombreuses, que lui offre la spécialité de son art 409
X. A l'ornement de la céramique ne conviennent point les hauts reliefs,
non plus qu'à la poterie émaillée les figures de ronde bosse, en tant que ces figures appartiennent à la sculpture d'art 412
I. Dans la reliure, comme ailleurs, l'éléganceesi l'en iiemic de la surcharge,
et l'opulence môme a besoin d'une certaine mesure, de certains repos. 417
II. La décoration du livre doit être en rapport avec la nature de l'ouvrage,
avec l'importance do l'auteur, avec le caractère de ses pensées 431
Ilî. Quelque soit le genre d'ornement que l'on préfère, il importe, quand on y veut mettre le cachet d'une époque, de bien connaître le style décoratif des miniatures ou des imprimés du temps où vécut l'auteur du livre 438
Les albums faits pour les enfants exigent une certaine exagération dans le style et une certaine àpreté dans les couleurs 457
ou DES PROPOSITIONS. 495
I. Le Japonais, pour ne pas manquer de respect envers sa noblesse en la
peignant au naturel, s'en dédommage par une vérité inexorable dans
le dessin des êtres réuptés inférieurs 470
II. La monotonie des types et des costumes réserve tout l'intérêt aux colo-
rations dont la variété est merveilleuse 473
HF. La fantaisie de la couleur s'augmente de la fantaisie du sujetef, le ravissement des yeux se double des étonnements de l'imagination 477
IV. Les Japonais ne sont pas des copisics de la nature mais des extracteurs
de quintessence .... 481