ATTITUDE DU PROPHÈTE JÉRÉMIE PAR MICII EL-ANCE
(Chapelle Sixtine.)
de mystères qu'elle semble dévorer. Celle de Libye, tenant son livre haut et jetant au-dessous d'elle un regard dédaigneux, exprime le mépris du vulgaire, auquel il est interdit de jamais voir les livres sibyllins. Et quelle puissance idéale dans la figure de Jérémie ! Le prophète des lamentations est accablé sous le poids de tristes pressentiments; accoudé sur son genou, il soutient d'une main sa tête qui penche, et ferme sa bouche prête à gémir, tandis qu'il laisse tomber son autre main avec une indicible mélancolique. Il n'est pas jusqu'à sa draperie rude et négligée qui n'ajoute à l'expression par ce jet simple et grandiose, qui est ici comme le geste du vêtement. Faut-il peindre, au lieu des malheurs que lo prophète entrevoit dans l'avenir, les malheursque l'humanité éprouve
PKIISTURE.
dans le présent, c'est encore dans les fresque de Michel-Ange que nous chercherons un exemple de ce grand style qui, loin d'affaiblir l'attitude en la généralisant, la rend encore plus frappante en lui imprimant une signification typique. Jamais la conscience de l'infortune, l'excès de l'abattement physique et de la lassitude morale, furent-ils exprimés d'une façon plus mémorable que dans l'attitude d'Aza? Jusqu'où peut aller en peinture l'expression par le geste, il faut le voir