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PRÉDOMINANCE DE LA DIMENSION EN PROFONDEUR

(Temple égyptien.)

meures souterraines, les ait habitués à une architecture massive rappelant les énormes piliers de réserve que nécessite toute excavation; mais il faut reconnaître aussi que leurs idées religieuses contribuèrentpuissamment à cette prédilection pour une stabilité à la fois réelle et apparente. Les Égyptiens croyaient fermement à l'immortalité de l'âme et ils désiraient l'immortalité de la matière, pensant que cette âme immortelle rentrerait dans son corps au bout de mille ans. Ils regardaient la vie d'icibas comme le prélude d'une existence meilleure. Aussi n'avaient-ils guère soin de l'habitation des vivants, tandis qu'ils déployaient une extrême ma- 1 gnificence dans la demeure des morts. Leurs maisons n'étaient guère que f des huttes de terre et de roseaux, mais leurs tombeaux étaient bâtis pour

les siècles; leurs temples mêmes avaient une solennité sépulcrale, et leurs statues, rigides comme des momies, semblaient faites pour perpétuer cette image de la mort, qui, sans les épouvanter, était toujours présente à leur esprit. Un peuple ainsi préoccupé de la vie future et qui l'espérait immuable, un peuple qui a conservé des cadavres plus de six mille ans, devait développer dans son architecture la dimension qui assure la solidité de l'édifice et en présage la durée sans fin. L'immense largeur des bases devait être le trait caractéristique de ses monuments. Murs, piliers, colonnes, tout, en effet, dans la construction égyptienne, est robuste, épais et court. Et, comme pour ajouter à l'évidence de cette inébranlable solidité, la largeur des bases est augmentée encore par une inclinaison en talus qui donne à toute l'architecture une tendance pyramidale. Les

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