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RAYURE EN PIERRES I^INES

l'art du GRAVKUR en pierres fines comporte des VARIATIÛMS OU DU MOINS DES NUANCES DANS LA COMPOSITION ET l'eXÉCUTION DES FIGURES, SELON LES MATIÈRES MISES EN ŒUVRE PAR LE GRAVEUR.

On distingue dans la gravure en pierres fines : les gravures en creux, qui sont les intailles, et les gravures en relief, qui sont les camées.

La gravure des camées ou des intailles emplpie diverses substances dont il importe de donner au lecteur une connaissance sommaire : ce sont les pierres précieuses et les pierres fines. .

Pn-:uRES PRÉciEUSi:s. — On appelle pierres [ircjcieuses ou gemmes les pierres orientales les plus transparentes et les plus dures, qui sont le diamant, le rubis, le saphir, 1 emei'aude, Faméthyste, la topaze, le grenat, le béryl ou aigue-marine ; mais de ces gemmes, les quatre premières n'ont pas été gravées ou ne l'ont été que si rarement, qu'elles figurent ici pour mémoire.

Le diamant réunit toutes les conditions qui font rechercher une pierre: la rareté, la dureté, la transparence, l'éclat, ('/est par allusion à sa dureté que les Grecs l'ont appelé kly.\hxz, que nous traduisons par diamant et qui signifie indomptable (de i privatif et de oaij.iw, je dompte),

parce qu'en eflet le diamant, (jui entame tous les autres corps, ne peut être entamé que par le diamant. Les anciens ne l'ont jamais gravé, n'ayant pas môme connu l'art de le tailler et de le polir. Cet art ne fut inventé qu'à la fin du xv" siècle, par un Brugeois, Louis de Berquen. Le premier diamant ([ui ait été gravé l'a été vers lo64, par Clément Birague, Milanais, qui vivait à la cour de Pliilippe IL Le gravevir y a représenté le portrait du mallu'ureux infant don Carlos. « Les grands artistes, dit Millin [Introduction à 1 étude de l'archéologie), ne doivent pas perdre leur temps à traiter une substance aussi dure, qui n'ajoute à leur ouvrage d'autre mérite que celui de la difficulté vaincue, et à laquelle ils font perdre de son prix en en diminuant le volume. »

Le rubis est ainsi nommé à cause de sa couleur ponceau. Les Grecs, lui trouvant de la ressemblance avec le cbarbon ardent, l'ont appelé anthrax, cbarbon, et les Latins carbunculus, d oit nous avons tiré le mot escarboucle. Les Orientaux estiment les grands rubis plus encore que le diamant. Pline nous ap])rend ({ue les anciens ne gravaient point le rubis parce que la couleur et le nom de cette pierre leur faisaient croire qu'elle fondait la cire.

Le saphir. Il en est du saptiir. dit Mariette [Traité des Pierres gravées), comme de tontes les autres belles pierres de couleur; plus le bleu, qui en est la véritable teinle, est foncé et velouté, plus la pierre est précieuse. Le plus beau bleu qu on puisse désirer dans un sapbir est celui qui imite le mieux l'azur pur ou bleu céleste; niais cette riche couleur ne se trouve à un éminent degré de perfection que dans les saphirs d Orient. Les modernes seuls ont quelquefois gravé sur saphir.

\Jémeraude. Sous le nom de smaragdus [r:\).iç,7.Y^zq) , dont le mot émeraude est la traduction, l'antiquité comprenait toutes les autres pierres vertes, comme les prases, les cristaux colorés, les malachites. « L émeraude, dit M. d(' Laborde [Notice des Emaux du Louvre), était employée par les anciens dans des dimensions dont nous n'avons pas d'exemple. >- Cela n'est vrai que des ditTérenles pierres c ertes, comprises sous le nom générique de smaragdes : les colonnes et les statues auxquelles on appliquait ce nom dans l'antiquité n'étaient certainement pas de la môme matière c|ue notre émeraude. Cette gemme se tire maintenant du Pérou et du Brésil ; mais elle appartient aussi aux montagnes de l'ancien contineiit. On en trouve dans l'ile de Ceylan, dans la Scythie, la Bactriane, l'Egypte. Ce (jui prouve que les anciens la connaissaient, contrairement à l'opinion de quelques savants, c'est qu'il existe au Cabinet des médailles une petite émeraude de travail égyptien, sur laquelle est gravée un œil, symbole assez commun sur les pierres égyptiennes. Les graveurs antiques ont très rarement travaillé l émeraude. Ils se servaient de smaragdes pour se reposer la vue, au dire de Pline, et selon le môme auteur, Néron, qui était my(q)e, regardait les condjats de gladiateurs avec une smaragde con-

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cave, propre à rassemljler les rayons visuels [ut vàion coUigant). Les modernes ont assez souvent i^ravé l'émeraiide.

\^ améthyste. Nous avons dit plus haut l'étyuiologie du mot améthyste. Elle est colorée en violet et n'est jamais plus estimée ni plus belle que lorsque sa couleur est intense et veloutée comme celle de la pensée. Sa teinte vineuse la faisait choisir quelquefois pour y graver des sujets bachiques. Les plus hautes en couleur et les plus brillantes sont celles des Indes. Ce qu on nomme prime d' améthyste n'est que l'améthvste ordinaire, cristal coloré, qui se trouve en morceaux de grande portck', et que l'on peut tailler en vases, en coupes et eu colonnes. On voit à Paris, au Musévmi d'histoire naturelle, une petite fal)ri(|iie dont les colonnes sont ç\\ pi'ime d'ainétiiyste.

La topaze est la gemme d'un jaune doré que IMine appelle chrysolit/ic, pierre d'or. Ovide en ornait le char du soleil; et, en effet, la topaze a l'éclat d'un rayon tlu couchant. On la trouve dans l'Inde, au Brésil, dans les monts Oural, en Sibérie, en Saxe. Comme elle est presque aussi dure f|ue le dianumt, les anciens ne l'ont point gra\ (''e ; elle n'a été employée que dans les temps modernes, et par exception, Jacques de Trezzo. ci'»lèbre artiste milanais, a gravé sur une topaze de Saxe, qui ajjpartient au Cabinet des nuMlailles, les bustes en regard de Philippe 11 et de don Carlos, revêtus de leurs armures.

\J aigue-marine est ainsi nommée à cause de sa couleur semljlable à celle de l'eau de mer. Elle est d'un vert pâle qui tire parfois sur le bleu. En cette belle matière a été gra\ ('' un des chefs-d'œuvre de l'art anti({ue, le portrait de Julie lille de Titus, célèbre par ses amours avec son oncle Domitien. L'auteur de ce portrait admirable était un artiste grec, Evodos.

A la suite des genuues il con\ ieutde mentionner une sxdjstance moins rare, moins parfaite, le cristal de roche, qui est précieux sans être une pierre précieuse. Quand il n'est pas glaceux, c'est-à-dire quand sa pureté n'est pas altér(''e par des parties nébuleuses ou des lames, le cristal de roche peut ser\ ir de matière à la glyptique. Suétone rapporte que INéron possédait deux belles coupes en cristal sur lesquelles étaient gniv ('S des sujets tirés de \ Iliade, et ([u il les brisa dans son dé'sespoir, alin (jue personne n'y bût après lui.

La diaphanéité du cristal et des autres pierres transpareiites donne lieu à un pbénomène qui est obser\ (', mais c|ui n'a pas été expliqué. « Les objets ([ui sont gravés en creux sur des matières fort transparentes, dit Mariette, paraissent être de relief cjuand on les regarde à ti-avers le jour. De môme, lorsqu'une table de cristal gravée en creux est appliquée sur un fond d'or ou sur une couche de quelque autre couleur, et (ju'elle se présente au regard par le côté qui n'est point gravé, il se fait une illusion à l'u'il, et l'on croit réellement voir un relief. » Voici l'explication de ce phénomème : en gravant iine intaille, on creuse le plus

profondément les parties de la figure qui à l euipreiiite devront avoir le plus de saillie. Il en résulte que la matière est plus mince dans ces parlies que dans les autres, et que dès lors la lumière, y étant plus vive, les fait avancer sur les p.arties moins profondes, lesquelles sont moins lumineuses, pârce qu'elles sont séparées du jour par plus d'épaisseur. L'image est alors retournée, le moins creux devenant sombre, le plus creux devenant clair.

Avant de graver une pierre, on la taille en rond ou en ovale. L'ovale est la forme la plus ordinaire et la meilleure, parce que les images qu'on y doit tracer, hommes ou animaux, sont tou jours plus longues que larges ou plus larges que longues. Très rarement on taille une pierre en carré ou en losange, par la raison que les contours anguleux de ces formes cerneraient l'image dans un cadre sec. Le carré n'a aucune dimension dominante, aucun sens, et le losange présenterait des vides désagréables, des angles aigus qui ne s'accorderaient pas avec les courbes de la figure gravée. Lorsqii'une pierre est polie et convexe, on l'appelle cabochon^ à cause de sa ressemblance avec une tète arrondie, et ce mot s'applique souvent, dans l'usage, aux pierres non gravées, bien qu'il exprime simplement la convexité de la pierre, taillée ou non. Quant aux formes aplaties ou concaves, elles ont pour objet de faciliter l'opération du graveur qui doit y creuser une intaille.

PiERKEs FINES. — Ce sout Ics pierrcs demi-transparentes ou opaques ou savonneuses, c'est-à-ilire qui reçoivent, comme des bidles de savon, l'impression des couleurs primitives.

U opale est la plus merveilleuse de ces substances. Aussi la trouve-t-on rangée quelquefois parmi les pierres précieuses. Sur un fond blanc, très légèrement nuancé de bleu, elle se colore des couleurs de l'arc-enciel, et variant de ton suivant l'incidence de la lumière, elle réunit le feu du rubis, le vert de l'émeraude, le pourpre de l'amétbyste, l'azur du saphir. Selon Maiviette, cette faculté de rélléchir toutes les couleurs avec vivacité n'appartient qu'aux opales de l'Orient; mais le chimiste Dumas dit au contraire que la variété d'opale la plus précieuse et la plus noble, celle qu'on appelle improprement orientale, se trouve surtout dans la haute Hongrie.

Il est ime variété qui ne rend point toutes les couleurs de l'iris, mais qui renvoie vivement les rayons du soleil ; c'est la pierre qu'on nomme ç/irasol, parce que son foyer semble tourner avec le soleil. Les nuisvdniaus l'appellent comme nous o'il (Je chat, pour exprimer l'eilet qu'elle produit dans l'obscurité, dit M. Reynaud [Monuments arabes du cabinet Blacas), elfet qui est d'ailleurs commmi à iouies les pierres que nous appelons chatoyantes.

La turquoise est une pierre d'un bleu tendre que les Egyptiens ont souvent gravée. Entièrement opaque, elle ne reluit qu'à la condition d'être

taillée et polie. La iiieilleuré l'orme à lui donner pour cela, c'est la forme ronde ou ovale en cabochon. Les ossements fossiles pénétrés par un oxyde métallique se colorent en turquoise, mais avec le temps leur couleur tourne au vert et finit même par s'évanouir. La substance que les graveurs doivent employer est la turquoise minérale, dite de vieille roche, qui vient de l'Orient et qui est susceptible d'un très beau poli.

huprase, ou fausse émeraude, dont la couleur ressemble au vert du poireau, tire son nom du grec prason (Tcpacov), qui signifie poireau. C'est par une suite d'altérations que prase est devenu prasmaou plasma, ensuite presme ou prisme, et enfin prime. (( Les joailliers, dit Millin, regardant cette pierre comme la matrice des émeraudes, l ont appelée j)rime (V émeraude. et ils ont également donné le nom de prime d' amétinjle au cristal violet qu'ils regardaient comme la matrice des améthystes.

X^agale. Les pierres que I on nomme ainsi se trouvaient dans le lit du fleuve Achates^ en Sicile, et c'est de là que leur est venu leur nom. Ce sont des pierres dures, fières sous le burin, d une pâte extrêmement fine qui prend un très beau poli. Elles présentent des couches concentriques, très variées par leurs inflexions, mais sensiblement parallèles entre elles. « Ces couches, dit Dumas [CJiimie appliquée aux arts), ont des couleurs très vives en général, et sont ])resque toujours nuancées d'une manière agréable. Quelquefois elles renfermeirt des accidents de tissu ou des corps étrangers qui occasionnent des mouchetures dans leur intérieur. On les appelle agates tachées. On désigne sous le nom d agates herborisées ou mousseuses des pierres de ce genre dans l'intérieur desquelles on \o\i des dessins bruns, noirs, verts ou verdàtres qui ressemblent à des arbrisseaux ou à des filaments de plantes marines. » Il va sans dire que la glyptique n'admet point ces variétés de l'agate, qui jetteraient de la confusion dans les images taillées par le graveur.

Lorsque l'agate est d'un ton fauve ou orangé brun, elle prend le nom de sardoine. Lorsqu'elle est d'un blanc laiteux, elle est appelée chalcédoiyie, et chalcédoine saphirine quand sa couleur blanche est très légèrement nuancée d'azur. Si l'agate est d'une nuance vert-pomme, c'est une chrysoprase, mot qui exprime le mélange du jaune doré et du vert. Enfin, si elle est d'un rouge de sang, c'est une cornaline. La teinte égale de la cornaline, sa chaude couleur, qui, wxa à la hmiière, devient écarlate, les arêtes vives qu'elle conser\ e, la font rechercher des graveurs.

Mais il est une sorte d'agate qui se prête encore mieux à la gravure, surtout à celle des camées, c'est l'agate à plusieurs couches. La présence d'une couche blanchâtre assez mince pour laisser voir une couche foncée qui transparaît sous cette espèce de peau, comme la chair sous l'ongle, a fait donner à cette pierre le nom générique à' onyx, du mot grec ovu;^ qui veut dire ongle et taie blanche sur l'œil, et qui exprime fort bien, dans l'un et l'autre sens, la superposition d'une couleur claire à demi transjia-

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rente sur une couleur plus sombre. Les Italiens appellent l'onyx à deux couches v«/cco/o, abrévation de onicoUo, qui est un diminutif de onice; mais les antiquaires et les lapidaires appliquent particulièrement le nom de niccolo à une certaine pierre d'un bleu quelque peu ardoisé sur un bleu noir.

Lorsque Tagatc contient un lit de sardoine avec des couches de chalcédoine et autres nuances de Tagate, c'est wnasat'donyx. Quelquefois la sardonyx présente cinq conclies; le plus souvent elle en a trois : une d'un ton jaune enfumé qui est celui delà sardoine, une autre blanchâtre, nne autre bleuâtre ou noire.

Le jaspe, de la môme nature que l'agate, ]ie s'en distingue que par son opacité ; il comporte aussi des variétés sans nombre, créées par les accidents qui, au moment de sa formation, ont altéré le tissu ou nuancé la couleur. Mais la gravure n'emploie et ne peut guère employer que les jaspes d'un seul ton, noirs, jaunes, verts, bruns, fauves, ou bien le jaspe dit sanguin, à cause des points rouges qiui la nature y a semés sur lui fond vert. Les graveurs grecs du Ras-Empire ont profité de ces taches de sang pour représenter sur du jaspe sanguin le Christ couronné d'épines ou llagellé.

Mariette vante le jaspe rouge, c[ui est tendre, et qui par sa couleur ressemble à la cire d'Espagne ou au laque de Chine, l^n cette matière ont été gravées de belles pierres antiques, notamment une intaille du célèbre Pamphile [Thésée tuant le Minotaure) et une tète de Minerve par un autre excellent artiste grec, Aspasios : celle-ci est représentée dans l'ouvrage de Eckhel, Pierres gravées du cabinet de Vienne.

Le jade. Il n'y a guère que les Chinois, les Indiens et les Persans qui aient travaillé cette pierre, laquelle, malgré son extrême dureté, ne se prête pas à un beau poli, parce qu'elle est grasse et comme abreuvée d'huile. Nous avons dit que le mot jade signifiait pierre néphrétique. Les vertus curatives que l'on attribuait au jade y ont fait graver des amulettes. La couleur orilinaire de cette pierre est le vert-olive, qui brunit jusqu'à la serpentine ou pâlit jusqu'au céladon. 11 y a du jade gris, qui présente parfois des nuages de rouge; il y en a aussi d'un blanc neigeux, qui, à cause de sa demi-transparence, devient gris clair.

Les graveurs antiques et modernes ont employé encoi'e d'autres matières : des roches, telles que le granit, le basalte, la syénite ; — des sub stances animales, telles que le corail, l'ivoire et les co([uilles chatoyantes comme le burgau, la nacre de perle ; — des substances bitumineuses, telles que le lapis-lazuli, dont la belle couleur d'outremer ne rachète pas suffisamment les défauts, car il est trop tendre, il tient mal ses arêtes et ne comporte rien de bien délicat; le succin ou ambre jaune, très recherché des musulmans, surtout des femmes, pour sa transparence, son éclat doré et son odeur balsamique, qui dispose, dit-on, à la rêverie et à

l'amour; — cii (in des métaux, tels queV/ietnatite, oxyde de fer brunâtre, (|iielquelois teinté de jaune, qui a parliculièrenient servi à la gravure des cylindres persépolitains, des amulettes égyptiennes et des talismans dits abi'axas. On nomme ainsi les pierres sur lesquelles sont gravées des toi-mules magiques et des caractères mystérieux, et que portaient, au conniiencement du christianisme, les gnostiques, les basilidiens. Ces sectes fameuses attachaient des idées cabalistiques au mot abraxas, dont les sept lettres, additionnées, selon leur valeur numérale en grec, forment le nombre mystique et astronomique .363. Ainsi se vérihe ce que nous avons dit touchant les origines de la glyptique et la part qui en revient à la superstition, ou à l'orgueil que peuveni inspirer les sciences occultes et surnaturelles.

Ces Jiotions élémentaires étaient indispensables au lecteur. Il doit savoir, pour n'être pas complètement étranger ;iu langage des antiquaires, qu'on entend par scarabées les pierres qui ont la forme de cet insecte, lors môme qu'il n'y est point gravé; par gnjUes^ les ligures grotesques, les caricatures; ^b.v symplegma^ toute composition bizarre, chimérique, monstrueuse, comme par exemple une tète de femme coitTée d'un dauphin, un lapin armé d'un fouet, un singe avec deux trompes ; et que le mot pâtes antiques se dit des empreintes en verre coloré, au moyen desquelles les anciens ont contrefait les pierres gravées et nous en ont conservé des moulages aussi précieux, à la matière près, que les originaux. Aujourd'hui l'imitation des gemmes, en verre ou en émail, a été portée au dernier degré de la perfection ; ([uant aux empreintes sincères, elles se prennent avec de la cire d'Espagne, du plâtre très Qn ou du soufre.

Disons maintenant quelles idées dirigeront l'artiste dans lagrax uredc ces riches matières, déjà si mystérieusement colorées et si splendides, quand elles sortent du sein de la nature, telles que les formèrent, dans l'âge du feu, des fusions et des affinités inconnues.

c'est la loi dominante de la gravure en pierres fines qu'il faut conserver en petit le sentiment de la grandeur, par le sacrifice des parties sans importance a la vérité ressentie des traits et des accents caractéristiques.

La glyptique est la sculpture en miniature. Elle représente et elle doit représenter en dimensions microscopiques les choses les plus nobles et les

plus grandes, tantôt des divinités, tantôt des emblèmes d'une haute signification, tantôt l'image d'un héros ou les traits de la beauté.

La première condition de ce petit art, ou plutôt de cet art en petit, est justement la grandeur. Pensée, forme, travail, tout doit y être précieux comme la matière employée ; tout doit y être à l'état de concentration, à l'état d'essence. N'ayant qu'un mot à dire, on le choisira concis, profond et énergique. Une chose qui n'a pas été remarquée, c'est que le mot concision venant de concisus, taillé, semble fait exprès pour exprimer la qualité de toute ciselure dans la pierre ou dans le métal, et que, par une vérité réciproque, le laconisme caractérise le langage de la glyptique, de même ([ue le tranchant des mots incisifs marque le laconisme de l'écrivain.

Supposons que le sciil])leur (|iii a modehî une statue de Jupiter veuille la graver sur une pierre line; lui suflîra-t-il de faire subir une égale réduction à toutes les parties de sa figure? Non. Cette proportion mathématiquement exacte produirait une petitesse infaillible, une insignifiante miniature. Le personnage, portant sur des pieds imperceptibles, paraîtrait manquer d'assiette, de solidité et de force. Les membres les plus importants, ceux qui décident surtout de l'expression, la tête, le cou, les mains, seraient insaisissables et perdraient leur caractère. Il faudra donc. ])ar un habile mensonge, conserver à ces parties plus d'étendue et de volume, de telle sorte que l'œil voyant des extrémités grandes, l'imagination suppléera l'impossible grandeur de la hgure entière. Tous les autres membres seront augmentés par le regard de l'esprit.

Cette loi, que nous révèle le sens critique, les Grecs l'ont connue par le sentiment de l'art, ou, pour dire mieux, ils l'ont devinée par l'intuition propre à leur génie. Elle est écrite dans les plus fameuses intailles et dans les plus beaux camées. A mesure que l'image diminue en dimension, elle grandit en aspect. Le mouvement qui, dans une statue ou dans un bas-relief de grandeur naturelle, eût été suftisamment accusé par sa vérité seule, ils font ([uelque peu chargé dans leurs pierres gravées, atin qu'il fût plus facilement saisi et plus expressif. Telle draperie qui, sur le marbre du statuaire, pouvait se diviser en plis abondants et variés, s'enrichir de nombreux détails et de nuances, ils l'ont formulée sur la cornaline ou la sardoine par ses lignes essentielles, par les plis (pii, adhérant au nu, couvrent les [irincipales formes et les saillies [)rincipales, et indiquent le mieux chaque mouvement.

S'agit-il de graver une tète, l'artiste y apporte la même préoccupation, celle d'exprimer beaucoup avec le moins de traits possibles. Pour cela, non seulement il abrège le modelé et procède par larges plans, ne mettant de linesse que dans le passage d'un plan à un autre ; mais il fait ressortir toutes les formes qui déterminent le caractère ]iar une légère exagération dans 1(( sens de la nature, allongeant encore ce qui est long, ramassant

encore ce qui est court, et sacrifiant aux saillies dominantes les saillies moindres. Il prononce, par exemple, les accents du nez, la proéminence des frontaux, la cavité plus ou moins profonde dans laquelle sont enchâssés les yeux, l'arc plus ou moins surbaissé que décrivent les sourcils. Il insiste sur l'épanouissement des lèvres, sur la fermeté et la carrure du menton Ou bien, si c'est une tète de femme qu'il veut graver, il modèlera tous les creux de l'intaille ou tous les reliefs du camée de manière à se procurer des transitions légères, des ombres tendres. Une blonde Vénus, une Arsinoé, reine d'Egypte, une Pliilistis, reine de Syracuse, apparaîtront ainsi dans la transparence de la pierre fine, dont la couleur limpide ne sera troublée ni attristée par aucun noir. La joue allant se perdre dans la rondeur du cou semblera ne faire qu'un seul plan uni et tranquille. Le regard du spectateur s'arrêtera au contour d'un front pur, à l'expression d'un grand œil ouvert, au sentiment d une bouche dont la lèvre inférieure appellera un clair décidé et recevra comme un baiser de lumière.

Que si l'intaille ou le camée offrent des dimensions relativement importantes, si c'est une pierre de quinze centimètres de hauteur, comme la sardonyx orientale qui présente les têtes ccmjuguées de Ptolémée et de Cléopâtre, l'exagération diminuera, le graveur sera plus discret dans les mensonges de son art ; il se rapprochera davantage des proportions qu'il eût respectées dans une sculpture ordinaire en bas-relief. La beaut(? pourra se passer des sacrifices qui la faisaient paraître grande en petit. Au lieu de se laisser deviner, elle se laissera voir.

11 existe au Cabinet des médailles et antiques une aigue-marine de cinquante millimètres sur trente-cinq. L'artiste grecEvodos, qui florissait à Rome sous le règne de Titus, y a gravé en creux le buste de Julie, tille de cet empereur. Elle est représentée de profil, à gauche, coiiïée sur le haut du front d'une touffe de cheveux crêpés qui, sur l'empreinte en relief, produit une vive saillie. Opposées au ton grenu de ces cheveux, les chairs [leu saillantes en paraissent plus fines et plus lisses. Les traits sont accusés résolùment dans toute la vérité de leur physionomie individuelle. Ils portent les traces de la vie et des altérations presque insensibles qu'elle indique sur le visage au moment où vont finir les passions de la jeunesse. Le graveur, cette fois encore, s'est contenté d'une imitation fidèle, bien sentie, et sans autre artifice que le contraste entre le méplat des chairs et le relief d'une coiffure selon la mode romaine. Cinquante millimètres lui ont suffi pour se dispenser de recourir aux tricheries savantes que la glyptique s'imposerait dans le chaton d'une bague. Le gj-aveur qui veut apprendre, le curieux qui veut jouir, doivent regarder l'intaille d'Evodos comme un exemple admirable de la noblesse compatible avec le relatif du costume et l'individualité précise du caractère. Et quelle beauté aussi, et quel goût dans le choix de la matière! La teinte vert d'eau de l'aigue-marine, cette teinte diaphane qui

change, s évanouit et reluit tour à tour, selon le point de vue, cette teinte dont la nature vient apporter elle-même la poésie, fait paraître l'image comme si on l'apercevait dans le creux mobile d'une vague de la mer.

jVous avons dit que le graveur en pierres fines doit s'occuper tout d'abord des substances qu'il choisira pour les travailler. Les anciens y ont mis souvent beaucoup de tact et de délicatesse. Ce n'est pas indifféremment qu ils ont employé la cornaline au ton rouge de chair, les teintes violacées de l'améthyste et les teintes laiteuses de la chalcédoine. Il y a une heureuse affinité parfois entre la matière et le sujet qu'on y veut tailler. Bacchus n'en sera que mieux caractérisé dans la couleur vineuse de l'améthyste, qui pourlaiit bannit l'ivresse, et Vénus Anadyomène, sortant des flots, n'en sera que plus aimable et plus ruisselante dans le vert vitreux d'un béryl.

La matière au surplus modifie le travail du graveur et l'oblige à certains ménagements qui ne sont pas les mêmes pour l'intaille qiie pour le camée.

L intaille n'est que le moule d'un relief, et comme on ne peut ni la bien voir ni en bien apprécier toutes les délicatesses que sur le relief qu'on en tire, elle doit être creusée de manière à dépouiller facilement son empreinte. Les graveui's antiques ont creusé modérément, et il est très rare qu'ils aient poussé la jirofondeur jusqu'à produire, à l'impression, un relief qui serait presque de ronde-bosse. C'est en général pour les figures d'animaux qu'ils ont réservé la profondeur de l'intaille, une vérité saillante et frappante devant suppléer ici à l'absence de la pensée que peut exprimer la figure humaine ou des grands caractères qu'elle peut ofl'rir.

Nous en avons des exemples remarquables dans l'améthyste représentant un lion, et dans la tète du chien Sirius, deux morceaux dont les estampes ont été publiées par Natter [Méthode antique de graver en pierres fines). Moins creuses sont les intailles grecques lorsqu'on y a gravé des têtes ou des figures humaines, même quand les tètes sont de face. Mais, quelle que soit la profondeur qu'il se propose de donnera sa gravure, l'artiste doit avoir médité son sujet avant de choisir la pierre qu'il gravera. Si la pose est simple, si la figure se compose avec un mouvement assez modère? pour que la tète se trouve sur le même plan que le reste du corps, il faudra employer de préférence une pierre })eu convexe, parce que si la pierre est très bombée, le graveur aura trop enfoncé le corps avant de le placer sur le même plan que la tète. Cette leçon nous est donnée par un ouvrage parfait de l'art grec, le ilierc^^ye de Dioscoride, figure entière qui, d'une main, tient le caducée et de l'autre porte une tête de bélier dans un [liât. Gravé sur une cornaline plate, ce Mercure est discrètement creusé. Eu égard à son attitude majestueuse et calme, il ne pouvait être taillé dans une pierre convexe. En la choisissant aplatie, Dioscoride (le plus illustre des graveurs dont les ouvrages nous ont été conservés) s'est procuré un

autre avantage, celui délaisser peu saillante et par conséquent légère la draperie de son Mercure, draperie qui, enlevée sur une pierre plus épaisse, eût été grosse et pesante par le fait même de son épaisseur. Ainsi chaque branche de l'art a ses convenances intimes, ses précautions délicates, ses menus secrets ; mais la matière jamais ne commando, parce qu'à mesure qu'elle crée une exigence, l'artiste en tire l'occasion d'une beauté.

D'autres ménagements sont voulus par le goût dans la gravure des camées. La plupart se l'ont sur des sardonyx à deux ou trois couches de différentes couleurs. Le graveur qui veut mettre à profit la diversité de ces tons et les taches accidentelles qu il y rencontre procédera autrement que s'il gravait une médaille ou une monnaie. Le plus souvent la première couche est fauve ou tannée; la seconde est d'un blanc doux qui participe de l'ivoire et de la nacre; la troisième coiiche, ardoisée ou noire, semble préparée tout exprès pour servir de fond aux deux autres. Le grav('ur commence par épargner dans l'épaisseur du premier lit les parties de sa, composition quH veut maintenir d un ton roussàtre pour les opposer au blanc de la chair, comme uae draperie, im casque, un diadème; puis il attaque le second lit, dans lequel il taille et modèle les parties nues du visage ou du corps entier, suivant quil grave ime tète ou une iigure. Enfui, autour des nus, il enfonce l'outil jusqu'à ce qu il ait découvert le troisième lit, le lit sombre, sur lequel ces nus vont se détacher en clair.

Voici par exemple un camée qui représente le buste d'Alcxamb-e le Gi'and divinisé. Il porte le bandeau royal et son front est orné de la corne de b('lier, qui le caractérise comme fils de Jupiter Amiuon. L arliste qui a gravé ce camée, en enlevant la preniièi'c couche de sa pierre, a réservé à l'endroit voulu la corne de bélier, qui se distingue maintenant sur le front et y forme à la fois une saillie palpable et un accident de couleur, mais un accident sans dureté, car la nature, coloriste infaillible, conserve de rharmonie dans tous ses contrastes; elle n'associe jamais des tons hostiles, et les dissonances même lorsqu'il lui arrive d'en employer, lui servent à réveiller l'accord, à le rendre plus piqiutnt.

Parfois, c'est la chevelure ou la barbe, ou le casque avec sa jugulaire, ou le voile d'une reine, qui sont ménagés dans la couche la plus chaudement colorée, par opposition auxfmesses d'une peau claire, demi-transparente et polie. Mais, quelle que soit la combinaison du graveur, il est obligé par une loi rigoureuse do trancher net le contour de ses figures et de séparer les couches par un escarpement qui les empêche de se confondre. Si le même objet touche à deux couleurs par l'indécision de ses bords, ou, comme disent les gens du métier, si les couleurs se boivent, le dessin n'est plus lisible, les plans se noient l'un dans l'autre, les tons deviennent des bavochures, et toute finesse disparaît là où le mérite essentiel est justement la finesse. Comment faire suivre à l'œil le

profil fier d'une Minerve, si ce profil n'est pas très distinctement enlevé sur la, couleur du fond par une incision en talus, ferme et nette? Et si deux têtes, un Ptolémée et une Cléopàtre, sont conjuguées, c'est-à-dire superposées l'une à l'autre sur le môme profil, comment distinguer la première de la seconde, autrement que par une coupure abrupte qui détachera le casque du héros sur la chevelure de l'héroïne, et accusera le relief de la tête virile sur le méplat du profil féminin ?

Même observation quand il s'agit d'une composition nombreuse formant une sorte de tableau clair-obscur — un de ces tableaux qu'on appellerait en peinture camaïeux ^onv exprimer les ressemblances avec

A M P H I T H I T E , PAR G L ï C 0 N .

(Sardonyx du Cabinet des médailles.)

les camées, — comxwQY Amphitrite AaQAycon, ou luen iiommuY Ajjothéose cV Auguste, le plus célèbre et le plus grand de tous les camées connus. C'est une sardonyx à cinq couches, qui n"a pas moins de trente-cinq centimètres de hauteur sur vingt-six de large ; elle l'ut apportée de Constantinople par l'empereur Baudoin II et déposée par Louis IX à la Sainte- Chapelle, d'où elle est passée au Cabinet des médailles.

Albert Rubens, fils du grand peintre, en a écrit une description raisonnée en latin pour expliquer la planche publiée par Jacques Le Roy sous le titre Achates Tiberianus, et l'on peut voir d'autres estampes dans beaucoup d'ouvrages à figures, tels que ceux de Montfaucon, de Millin,de Mongez et de Charles Lenormant. Le camée se divise en trois parties étagées. La partie supérieure représente les ancêtres divinisés de Tibère : Auguste, monté sur Pégase, est reçu dans le ciel par Enée, qui lui présente le globe, et par Jules César, qui a la tête radiée comme dieu, voilée comme pontife. Au centre, majestueusement assis sur un même trône, Tibère et sa mère Livie reçoivent les hommages de Germanicus et d'Agrippine, en présence de la seconde Antonia, belle-sœiir de Tibère.

(ILYPTIQUE. 469

Sur la même zone, on dislingue d un C(M('; Drusus, fils de Livie, de l'autre le jeune Caïus, fils d'Agrippine, reconnaissable à cette sandale militaire, garnie de clous saillants qu'on appelait caliga, et d'où lui vint le surnom de Caligula. Sur la zolie inférieure, des groupes de captifs figurent les nations vaincues. Le graveur, avec une adresse admirable, s'est fait une ressource des difficultés que lui offraient l'interposition et l'inégalité des couches. Il a successivement épargné les diverses teintes, marron, ivoire, fauve, blanche et ardoise froncée de la sardonyx, pour colorer les habits orientaux et les draperies impériales, le bonnet phrygien d'Enée, les casques avec leurs cimiers, leurs gritrons et leurs mentonnières, les boucliers, les chevelures et les couronnes. Le style mâle et digne de ce camée fameux est déparé au premier abord par un aspect de roideur dans quelques ligures où se retrouve la pesanteur romaine : mais, comme le fait observer Charles Lenormant [Trésor deNumistnatique et de Glijptiqiie), « cette roideur qui chotjue les yeux peu exercés est en (|uelque sorte une nécessité du genre. C'est par ce moyen seulement que les artistes anciens ont pu conserver à des surfaces polies sur lesquelles glisse la lumière, la fermeté et la netteté du trait. »

En dehors de ces dimensions exceptionnelles, l'art antique s'est bien gardé de multiplier les figures dans les pierres gravées; il s'est abstenu d'accomplir le tour de force qui consiste à faire tenir sur un espace grand comme l'ongle une composition aussi compliquée, par exemple, que la bacchanale gravée sur le prétendu « cachet de Michel-Ange », cor-naline longtemps réputée antique, mais reconnue moderne au jourd'hui [Catalogue des camées de la Bibliothèque impériale), et qui doit être regardée en effet comme un ouvrage de la Renaissance, par cela seul qu'on n'y trouve ni la sagesse antique ni ces habiles artifices qui, dans les infiniment petits, rappellent l'idée de grandeur.

Quel(|ue['ois, certains accidents de l'agate sont ijigénieusement saisis par le graveur, qui transforme en beautés les heureux caprices du hasard. Une sardonyx des cabinets Crozat et d'Orléans, mentionnée par Mariette [Description des pierres gravées de Crozat), renferme dans un petit espace trois têtes de femmes d'une beauté ravissante, toutes trois de profil et accolées l une sur l'autre. Les chairs, légèrement animées en quelques endroits d'un incarnat qui leur donne la vie, sont restées blanches sans que la blancheur se mêle à la teinte du fond ni à celle des draperies dont chaque tète est voilée et qui sont colorées d'un beau rouge. L'accident tourne au profit de la grâce.

Dans la représentation des animaux, la vérité est familière aux graveurs antiques, mais une vérité ressentie, qui insiste sur la construction de la bête, sur les attaches, sur les muscles que l'action met en jeu. Intailles ou camées, les ligures de lion, d'éb'phant, de taureau, de vache, de sanglier.

de bouc, de cerf, d'aigle, dépervior, de chouette, de dauphin, gravées par les Egyptiens, les Orientaux, les Grecs, sans être toutes d'un excellent travail, sont le plus souvent remarquables par une imitation de la nature qui en dégage les traits essentiels, ceux qui expriment riiabitude et qui écrivent le caractère. Le creux en est profond dans 1 intaille, la saillie en est vive dans le camée. Rien de plus beau en ce genre que le Taureau dionysiaque du graveur grec Hyllos, qui ilorissait au siècle d'Auguste. Le sentiment de la force dans la fureur, l'énergie du mouvement, la résolution du iraA ail, y sont admirables. Ce taureau qui se mord le genou

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