QUELQUE QUE, QUEL QUE
Ces deux adjectifs pronominaux indéfinis varient dans leur syntaxe, selon les mots auxquels ils se rapportent et auxquels ils sont joints.
Or, quelque^ suivi de ^e, peut être joint ou à un substantif, ou à un adjectif, ou à un verbe.
1* Joint à un substantif seul ou accompagné de som adjectif, quelque répond au quantuîcunqine, qiuintacunque des Latins; il signifie qtieî que $oit /e, quelle que soie la^ et alors il est considéré comme un adjectif qui prend, quant au nombre seulement, l'inflexion du substantif; dans cette signification, on l'écrit toujours en un seul mot ' « Quelques erreurs que suive le monde, on s'y laisse surprendre. »
(Girard.) .... Le peuple, aa fond de son néant, Toqjoan sédIUeux, quelque bien ^'on lai fasse, Parle indiscrètement de ceux qui sont en place. (La Ghaossée»)
Priocea, quelques raisons que vous me puissies dire, Votre devoir ici n'a point dû yoos conduire.
(Radne, Mithridate^ acte II, se. 2.) « Quelques grands avantages que la nature donne, ce n*est pas elle « seule, mais la fortune avec elle qui fait les héros. » (283)
(La Rodieroacauld, au mot héroit n« 2.) Hais quelifue» vains lauriers que promette la guerre, On peut être héros sans ravager la terre.
(Boileau, Épitn au roi, vers 27 . )
(283; L'Académie, page 5 de ses O^erwUiaM sur Va^gelas, et quelques Grammairiens voulaient que^ lorsque le substantif était immédiatement précédé d'un adjectif, quelque restât invariable^ et Us étaient d'avis que l'on écrivit alors quklqob grands avantagée que la nature donne, parce que, disaient-ils, cette phrase voulait dire : quelque grands que soient les avantages que la nature donne: mais la plupart des Grammairiens modernes, et le plus grand nombre des écrivains ont, comme on vient de le voir, rejeté cette opinion ; en effet , lorsque le substantif est précédé d'un adjectif, comme dans les exemples ci-dessus, ce n'est point A l'adjectif que se rapporte quelque, mais an snbstanUf, et cela est si vrai qu'on peut dans ce cas transporter l'adjectif après le substantif, et même le supprimer, sans nullement nalre à la signification de quelque,
n est un cas cependant où quelque, joint à un adjecUf suivi de son substantif au pluriel, ne prendrait point la marque du pluriel; ce serait celui où sa signification répondrait an quantumvis des Latins, comme dans les phrases citées cl-apiés et
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t"* Suivi d'un adjectif seul ou d'un adverbe ^ quelque répond à l'adverbe quantumvU des Latins, et est invariable , puisque dans ee cas il modifie un mot qui n'a ni genre ni nombre par luinmême : « Quelque puissants qu'ils soient, je ne les crains point. » (L'Académie.)— < Quelque bien écrits que soient ces ouvrages, ils ont peu « de succès. » —7 « Les choses qui font plaisir à croire seront toujours «r crues, quelque vaines et quelque déraisonnables qu'elles puissent
« ^tre. » (BaffoD, Hist. nQiweUe de CHoame^ p. 243, t. 4.)
Justes, ne craignez point le vain pouvoir des hommes ; Quelque éievés qu'Us soient, ils sont ce que nous sommes.
f J.-B. Rousseau, Ode Z, liv. I.^
c Quelque adroiiement que les choses se soient faites. » Dans tous ces exemples, quelque est considéré comme adverbe. 3*^ Suivi d'un verbe, quelque s'écrit en deux mots (quelque); et alors le premier est adjectif, et s'accorde en genre et en nombre avec le nom ou pronom qui est le sujet de ce verbe : Quelle qiïe soit votre intention; quels q,\]J& puissent être vos desseins; quelles ql^ paraissent être vos vues.
La valeur, quels que soient ses droits et ses maximes. Fait plils d'usurpateurs que de rois légitimes.
(Crébiilon, éiémiramis, acte II, se. 1.) La loi, dans tout état, doit être universelle : Les mortels, quels qu'ùs soient^ sont égaux devant elle.
(Voltaire, la Loi naiurelle^ 4« partie.} lis croyaient qu'un monarque unirait leurs desseins, Qu'injustement élu c'était beaucoup de l'être ; Et qu'enfin, quelqu^il soit, le Français veut un maître.
(Voltaire, toffffiHodtf, chanl Vf.> Quels que soient les humains^ U faut vivre avec eux : Un mortel difflcUe est toi^oun maUieoreux.
(Gresset, Sidney, acte U, se. 2. )
(Vaugelis, 8S7« Kern, - Th. CorDeille, sur cette Am.— Le P. BoCBer, n* 47T.^ Girard, page 4SI, t. U. — RoBUat, page 177. — Les Grammairiens moderncfl.)
dans celle-ci : quxlqub bons icaivAus qu^aient été Racine et Boileau, ils ont cependant fait des fautes de grammaire; en effet, quelque voulant dire Ici à quel» que degré, et alors tenant lieu d'un adverbe, ne doit pas prendre le signe du pluriel ; et afin de rendre plus frappante cette observation, nous la ferons suivre de cette phrase : quelques bons écrivains ont dit, dans laquelle on voit que quelque n'a point la signification d'un adverbe, celle du quantwnvis du latin ; mais qu'il répond au quidam ou aliquis des Latins ; mot qul^ comme nous venons de le faire voir, prend la marque du pluriel lorsqu'il est joint à un substantif au pluriel, teiai, ou accompagné de son adjectif.
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us ADJECTIFS PRONOmilAUX INDÉnif IS 43S