DES VERBES AUXILIAIRES
I^es verbes auxiliaires sont avoir et être, «
L'auxiliaire avoir sert, 1"* à se conjuguer lui-même dans ses temps composés : fat eu, f avais eu y j'aurais eu; 2* il sert à conjuguer les temps composés du verbe être; j'ai été, j'eus été, f avais été; 3* les temps composés des verbes actifs, comme : j'ai aimé la chasse ; 4^ los temps composés de tous les verbes neutres dont le participe est invariable : j'ai dormi, fai marché; 5"" enfln , les temps composés d*uu grand nombre de verbes unipersonnels : «7 a plu. (wauij, page n,)
L'auxiliaire être sert à conjuguer , l"" les verbes passifs dans tous leurs temps : être aimé^ il est aimé^ il était aimé ; 2** les temps composés de verbes pronominaux : Je me suis blessé y nous ne nous sommes pas faits nous-mêmes ; 3^ .les temps composés des verbes neutres dont le participe est variable : Il est tombé en démence, elle est arrivée en bonne santé; 4^ les temps composés de certains verbes unipersonnels : il est arrivé que, etc. ; et même les temps de quelques verbes unipersonnels : il est utile que vous écriviez.
(H6me autorité.)
Le verbe être et le verbe owîr ne sont auxiliaires que lorsqu'ils sont joints à quelque participe passé d'un autre verbe, pour en former les temps composés ; hors de là, avoir est, de même que chanter et rire y un verbe adjectif; et être est, comme nous l'avons dît (page 441), un verbe substantif, c'est-à-dire, un verbe qui signifie Talfirmation sans aucun attribut, un verbe qui marque l'état de la personne dont on parle, et les qualités qu'on lui attribue, comme dans ces phrases : Alexandre était un grand conquérant. — Pfous
serons heureux dans le ciel. (Reslaul, page 319. - Demandrc. Dict de PÉloc.)
Quelquefois aussi le verbe substantif être devient un verbe adjeo-
456 DBS OONJUGllâOllS.
Ufy quaody avec raSirmation, il renferme le plus général de tous les attributs, qui est Y être j comme dans cetUt phrase : « Corneille « éiaii du temps de Racine, » c'est-Â-âirCi existait. — « Dieu dit : « Que la lumière soily et la lumière fut. »
:mM. de Porl-Rojal, pige ITIO ARTICLE Vif.
Tout ce qui concerne les différentes inflexions ou variations des verbes est appelé par les Grammairiens conjugaison, d*un terme pris des Grammairiens latins , qui signifie assemblage sous un même joug; et non seulement tous les verbes qui sont ainsi sous le joug d'une même règle sont appelés verbes d*une même conjugaison; mais, en appliquant le même terme à une signification plus particulière, an dit la conjugaison d'un verbe pour signifier les différentes inflexions ou variations de chaque verbe; de sorte que conjuguer un verbe, c'est le faire passer par toutes les inflexions ou variations que produisent les nombres, les personnes, les modes et les temps.
Avant que d'en venir à la classification des conjugaisons, l'ordre demanderait peut-être que, comme les diflfërentes conjugaisons ont quelque chose de commun entre elles pour ta formation de leurs modes et de leurs temps, on traitât présentemMit de la manière dont ces modes et ces temps ont coutume de se former. Mais attendu que la marche que les verbes suivent à cet égard varie suivant les différentes classes ou conjugaisons des verbes, et qu'ensuite il serait difficile de bien saisir cette formation , sans avoir aucune notion de la manière de conjuguer les verbes, on remet à en parler après qu'on aura donné la conjugaison des verbes auxiliaires, et celle des verbes réguliers et irréguliers.
Chaque verbe de la langne française prend ordinairement de son infinitif les règles de sa conjugaison, et c'est ce qui fait qu'on est dans l'usage de classer les conjugaisons suivant les différentes terminaisons des infinitifs, qui sont réduites i quatre classes de conjugaisons.
La première est celle des verbes dont l'infinitif est terminé en fr, comme aimer, chanter, etc.
La seconde est celle des verbes dont l'infinitif est terminé en tr, oomme finir, emplir, etc.
IIB LA OMIlUGAlfiOK DU VIRBE ÀUXaUIRB AVOIB. 457
La troisième est celle des verbes dont rinflnitif est tenniné en air, comme recetnnr, devoir, etc.
£t la quatrième est celle des verbes dont l'infinitif est terminé en re, comjne rendre^ plaire, etc.
l>ans chacune de ces conjugaisons, il y a des verbes régnllerSy des verbes irréguliers, et des verbes défectifs.
Un verbe est réputé régulier lorsque, dans tous ses modes et dans tons ses temps, il prend exactement toutes les formes qui appartiennent à Tune des quatre conjugaisons; il est réputé irrégulier lorsque, dans quelques temps, il prend des formes différentes de celles qui caractérisent la conjugaison à laquelle il appartient. Un verbe est défectif lorsqu'il manque d'un ou de plusieurs temps, ou seulement quand un de ses temps n'est point employé i tontes les personnes.
Quoique les verbes avoir et être fassent partie des verbes irréguliers, la nécessité où Ton est de s'en servir pour former les temps composés des autres verbes obl^ à les placer avant les quatre conjugaisons principales.
ARTICLE VHL