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SERBES IRRÉGULIERS ET DÉFECTIFS DE LA PREMIÈRE CONJUGAISON

Cette conjugaison n'a, à proprement parler, en verbes irréguliers, que les verbes aller ^ envoyer^ renvoyer -y et en verbes défectife, die n'a que importer ^ résulter et neiger.

INDICATIF

Je vais (370).

Tu vas.

Il va.

Nous allons.

Vous allei.

Ds vont.

Imparfait.

J'allais.

Nous allions.

PUT^RIT dIfIIII.

J'allai.

Tu allas.

Il alla.

Nous allâmes.

Vous allâtes.

DsaUèrent.

PsiriaiT indéfini.

Je suis allé (m aU^.

Tu es allë ou allée.

n est allé on elle est allée.

Nous sommes allés otl allées.

Vous êtes allés 011 allées.

Ds sont allés ou elles sont allées.

Prétérit antérieur.

Je fus allé.

Tu fus allé, n fut allé.

Nous fûmes aUés.

Vous fûtes aUés.

Ils furent aUés.

Plus-que-parfait.

J'étais allé

Nous étions allés.

(370^ Les anciens Grammairiens diiaient J0 vai$ ou wu. Ce dernier n'est plus usité. Voyez page 591.

FUTUB ABSOLU.

J'irai.

Noos iront.

Tairas.

Vous irez.

11 in.

Bs iront.

FCTUB PASSiE ou AIlTKRIIin.

Je serai aUé.

Nous serons allés.

CONDinONIŒL.

Présent.

j'irais.

Nous irions.

Tu irais.

Vous iriez.

Il iraiU

Us iraient.

Passé.

Je serais ou je fusse allé.

Nous serions ou nous fuiiioiii

MPÉRATIF.

PlisEIlT OU FUTUI.

(Point de première penonne.)

Allons.

Allez.

SUBJONCTIF

pRBSEirr ou FtrniB.

Quej'aiUe

Que nous allions.

Imparfait.

Que j'allasse.

PsiTÉRrr.

Que je sois allé.

Que nous soyons allés.

PLUS-QOE-PABrArr.

Queje fusse allé.

Que nous fussions allés.

INFINITIF

Prcskut.

Participe passe.

AUer.

Allé, aUée.

PaéiHiT.

Pabticipe pOToa.

Être allé.

Devant aller.

allés.

Pabticipe préseut.

Allant.

CLe Mcl. de VÀcadémiêJi

1* L'Académie, daoB son Dietionnaire, édition de 1762, n'indique que je vais au prêtent de l'indicatif, et ne parie point de j« vas, qo'elie semble proscrire par son silence. Dés 1784, elle l'avait forroelleraent condamné dans son oteenratlon sur la XXVI* Rem. de Vaagelas, où elle déelare qfMjevaiê est le seul qui soit aujonrd'hul antorisé.

Regnier-Desmarals, qui bientôt après donna sa Grammaire franfaUe^ suItII cette décision.

Le P. BafBer, n» 610, et Restant, page 328^ se contentent de faire observer que je vae est moins nslté que j'« vais. — Walliy, page 119, présente les deu locutions comme absolument Identiques et également bonnes } — et Tabbé Girard, page 79 a 81, t. Il, quoique académicien, montre pour je vas un pencbant décidé.

Cependant II faut con Tenir que, quoique cette dernière expression soit préférable grammaticalement comme étant régulière, il n'est pas permis d'en faire usage ; les écrlTains, par leur silence, et les Grammairiens modernes, par leurs décisions, en ayant désapprouvé l'emploi.

— L'Académie, en 183&, dit que l'expression je va« s'emploie rarement, et seulement dans le style ramilier . A. L.

2» L'Académie, page 21 4 de ses Observations sur Vaugelas, est d'avis que l'impéralif va prend un s devant y et en : vas-y, vas~en ; mais elle fait olMerv^er qu'il ne faut pas qu'il y ail un autre mot A la suite, et que l'on dirait mieux : il y a un grand tumulte, va y mettre ordre, va sn arrêter le cours.

Le P. Bufflér, n» 533 ; — Restant, page 257; — Wailly, page 80, partagent cette opinion.

— Bfals comment peut-on employer l'expression vas^en s'il n'y a point d'autre mot A la suite ? Lorsque la particule en dépend du verbe allsr, elle se Joint toujoan m pronom personnel. On dit alors va^en; va-t'en porter ma lettre. (Académie.) Ainsi TolMervation précédente ne peut avoir, en ce sens, aucune application. Mais d'après le Dietionnaire de V Académie (en 183&), quand aller eti suivi d'un infinitif qui a le pronom en pour régime, il faut mettre un s : vas^en savoir des nouvelles. Il n'en est pas de même de la préposition, et l'on doit écrire va en pèhri» nage, conune va au sermon. Par analogie avec l'exemple que nous venons de citer, il faudra donc aussi écrire vas-y mettre ordre / et, en effet, l'Académie dit d'une manière générale, et sans restriction, que quand y est placé Immédiatement après la seconde personne du singulier de l'impératif, on ajoute à cette seconde personne un s euphonique. A. L.

Domergue, page 428 de ses Solutions grammaticales ^ pense qu'on pourrait établir œtte autre règle générale :

Tout impératif qui n'a point de s final en prend un avant y et en, lorsque ces deux mots forment avec lui un sens indivisible. Exemple : vas-y sans délai, vaê»y demeurer t portes-^ du secours. Le s, ijoute Domergue, est réclamé par l'euphonie; et, l'Infinitif n'adoucissant le son en aucune manière, ne saurait dispenser du s, qui sauve l'hiatus.

Dams la F'ie des SainU de Bretagne par le P. Albert, imprimée en 1687, on voit aouvent le mot va avec un t final avant les voyelles comme avant les consonnes. On y Ht, page 116, à la marge : Saint Hervé vat à Vescole, il vat trouver son

anele, vat voir ta mare. C'est f ûremenl poar c^la que le peuple proooace cncoce ce t devant une voyelle, et dit, par exemple, il vat en ville.

(M. Jobanneau, Mélangea d*orig. étymd.j page95.|

80 Être allé et avoir été sont deui expressions sur lesquelles 11 est bon de recoeillir et d'examiner l'opinion des divers Grammairiens, afin que nos lecteurs sachent si elles peuvent être employées Indifféremment Tune pour l'autre.

Être allé et avoir été font entendre un transport local ; mais la seconde expression a encore un autre sens : qui est allé, a quitté un lieu pour se readre dans db autre : qui a été a, déplus, quitté cet autre lieu où II s'était rendu.— > Tous ceux qui « sont allés à la guerre n'en reviendront pas ; tous ceux qui ont été à Rome n'en ■ sont pas meilleurs. » (Beauzée.) — « Géphise est allée à l'église, où elle sera noies « occupée de Dieu que de son amant. Lucinde a été au sermon, et n'en est pas d^

• venue plus charitable pour sa voisine. » (Girard.)

Quand je dis : Us sont allés à Home, Je fais enUndre qulls 7 sont encore ou sur le chemin ; et quand Je dis : ils ont été à Rome, Je fais connaître qu'ils ontfsit le voyage de Rome, et qu'ils en sont revenus.

(Th. Corneille, sur la XXVï« Rem, de Vaugelas.)

Andry de Boisregard (Ré/Î., 1. 1, page 45) est de cet avis. Voici de quelle manière il s'exprime : > Il n'arrive pas qu'on dise il a été pour il est allé; mais soa- « vent on dit il est allé pour t7 a é(^. ce qui est une faute assez grave. Combien

• de gens disent -.je suis allé le voir, je suis allé lui rendre visite, pour j* ai été « la voir, j'ai été luirendre visite. La régie qu'il faut suivre en cela est que toate$

• les fois qu'on suppose le retour du lieu, Il faut dire : il a été^ j'ai été ; et lors- « qu'il n'y a pas de retour, Il faut dire : il est allé, je suis allé. »

Restant partage cette opinion, et les Grammairiens modernes l'ont adoptée, eioepté qoelques-ons, comme Féraud.Domergne, qui veulent qu'on emploie allé quaod il 7 a une Idée de tendance, et être lorsqu'il 7 a une idée de station. Quelque fondé en raison que soit ce dernier sentiment, lamajorité des écrivains ne l'a pas adopté. et elle s'est déclarée pour la distinction faite par Th. Corneille et Andry de Boisregard, entre être allé et avoir été.

SI quelquefois Ils s'en écartent, c'est-à-dire, s'ils emploient quelquefois j> iim allé à la place de^'ot été, c'est lorsque la phrase exprime une circonstance çut annonce évidemment le retour, ou bien encore toutes les fois que l'on veut Indiquer le mouvement qu'exprime essentiellement le verbe aller. Avoir été en wi lieu ne signifie autre chose qu'avoir existé en un lieu, s'y être trouvé et n'y être plus. < Il T c a dix ans que j> suis allé en Angleterre pour la première fols. • — « Il était troJs € heures quand ytf#tt<#a2/tf chez lui. • (M. Laveaux.) c Depuis ta lettre, j> itiû ■ allé tous les Jours chez H. Silvestre. » (J.-J. Rousseau.) — Dans ces phrases le mouvement est exprimé, mais elles Indiquent aussi la présence passée, le retour.

— Nous remarquerons encore, après M. Bonlface, qu'il est des circonstances oà l'on ne pent* faire usage que du verbe être, aux temps composés, quoiqu'on se serve ailleurs du verbe aller. Ainsi l'on dit : le feu va; cette montre allait Man; eetie machine ira longtemps. Mais il faut dire île feu a été trop vite ; cette montre aitra été bien pendant vingt'-qwitre heures; cette machine après avoir été mal, etc. 11 semble que celte exception doive s'appliquer à tous les noms de choses ; cependant on trouve dans le Dictionnaire de V Académie : ee Mtimmt^à est allé fort

vile. C'est donc rosagesarloat qoi enseignera ces différences d'expressions. A. L. 4« Peot-on dire : il fut trouver ton ami, aa Heo de : il alla trouver son ami? Un grand nombre de personnes regardent cette manière de parler comme one faute, et soaUennent qu'il faut toujours dire: il alla, et jamais il fut, Tb. Corneille est de iear sentiment ; et Voltaire, dans ses Remarques sur Cinna^ pense de même , puisqu'il critique ce vers de P. Corneille {Pompée^ acte I, se. 3) : Il fta Jusqaes é Rome implorer le sénat.

« C'était, dit-il, une licence qu'on prenait autrefois ; il y a même plusieurs per- « sonnes qui disent : jb fus le voir, jb fus lui parler ; mais c'est une faute, par la « raison qu'on va parler, qu'on va voir, mais on n*est point parler, on Q*est point « voir. Il faut donc dire : J'allai le voir, j'allai lui parler, il alla l'implorer, m Ceux qui tombent dans celle faute ne diraient pas : jb fus lui remontrer, jb rua « lui faire apercevoir, »

Les Grammairiens modernes sont d'aecord avec Voltaire.

50 Beaucoup de personnes, les étrangers surtout, confondent aller avec venir. Étant à Paris, ils disent : je suis venu à Versailles, je suis allé ici. ^ller se dit du lieu où Ton est à celui où l'on n'est pas ; et venir, du lieu où l'on n'est pas à celui où l'on est : (d'ici), j{ir ai à Londres; {de Londres), je viendrai ici,

(Ménage, Féraud et Trévoux.)

Conjugaison du verbe s'en aller.

S^en aller se conjugue comme aller , dans ses temps simples et dans ses temps composés; on dit : Je m*en suis allé y tu <'en es allé y il 5^EN est allé, nous nous en sommes allés, vous vous en êtes allés, ils «'en sont allés, --^ A l'impératif : ^o^en» qu'il s'en aille, allonsnotM-EN) allex-^ous-EV, qu'ils s'en aillmt.

Quand on interroge, on dit : M* en irairje, fen iras-'iu, s'en ira-tM, nous en ironS'-nousP

1» j^n, comme l'on voit, doit toujours précéder immédiatement l'auxiliaire érr«, dont les temps composés du verbe aller sont formés : « Le soir, tôt ou tard « « mon père s'en était allé aux champs pour quelque affaire. > (Amyot, trad. de Théagine et Chariclie, I.) — « Combien de grands monuments s'en sont allés t en poussière 1 » — ■ Il s'^n est allé, elles s*en sont allées. > (L'Académie). — t Ma fille s'en est allée de son plein gré avec ces jeunes gens. • (Voltaire. )

(Le Dictionnaire de l'Académie, ses Hem, et Décis., page 164. — Le P. Buffler, no 64. — Wallly, Restaut et les Grammairiens modernes.;

2o Girard est d'avis qu'il est mieux de dire : Je m'en vas, je m'y en vas, que je m'en vais, je m'y en vais ; mais cette opinion n'est pas celle dé Trévoux, de RIchelet, de Regnier-Desmarais, du P. Buffier, ni de TAcadémie, dans son Dictionnaire, au mot en et an mot v^nir.^-Féraud pense que je m'en vais est la seule manière de s'exprimer autorisée par l'usage. — 11 faut dire aussi je m'y en vais,

30 On dit je m'en vais, je m'en retourne, parce que en sert de complément a ridée trop vague de je vais, je retourne .- mais quand on ajoute à la promenade.

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