D£S VERBES RÉSULTER, NEIGER
singulière ou plarielle : t II nous importe beaucoup de fuir la so- « ciété des méchants. » — « Qu'importent les plaintes et les mur- « mures des auteurs, si le public s'en moque? »
(Fénod et le Diction», de tAcadêm,)
Où demande si qu'importerai être soivi de la préposiUon de. Montesquieu a dtt : « Si en général le caractère est bon, quHmporte de quelques défauts qui 8*7 « tnmvent? » {Esprit des lois,) El Racine (Bérénice, acte IV, se. 3) : Eh I que v^imporief hélisi Oe ces nios orDemeoto ?
L'abbé d'Olivet a critiqué ce vers^ mais l'abbé Desfontaines et Racine le fils l'ont défendu. L'académie, en 1762, pensait comme l'abbé d'Olivet ; mais en 1798 eilea cm devoir admettre ce régime -, et selon elle on dit : Qu'importe ni son amour ou DB sa haine? (^importe du beau ou du mauvais temps ?
n nous semble que l'opinion de l'Académie en 1798 est erronée, et que les phrases de Montesquieu et de Racine ne doivent être regardées tout au plus que comme des oégligeoees autorisées peut-être par l'usage dans le temps où Us écrivaient, mais qui sont entièrement condamnées aujourd'hui , puisqu'elles sont contraires au règles de la grammaire. En effet, tout verbe doit avoir un si^et; quand on dit : que m'importe son opinion, il est facile de reconnaître que son opinion est le su Jet do verbe importe; mais si je dis : que m'importe dc son opinion, au moyen de la préposition le, son opinion devient régime indirect, et l'action eiprimée par importe n'a pas de moteur, conséqnemment le verbe n'a plus de si^et. Sous ce rapport-là, les phrases précitées sont donc essentiellement vicieuses ; mais elles le squt encore sous un autre rapport, c'est qu'U est impossible de rendre compte par l'analyse du de qui précède le substantif placé après le verbe importer. Ce verbe, «iit l'Académie, slgniûe être d'importance; qu'importe veut donc dire de quelle importance est m sont? et qu'importe de ces vains ornements, signifie de quelle importance sont Di ces vains ornements. D'où l'on voit que le de résiste à toute explicaUon raisonnable, que cette phrase est complètement absurde, et qu'il en est de même de celles qui sont analogues.
— L'Académie, en 1835, persiste k admettre le régime de, et nous pensons que cette tournure, pour être moins usitée, n'en est pas moins régulière. Nous n'admettons pas, U est vrai, l'opinion de M. Dessiaux qui, dans ces phrases, veut que le sujet soit le pronom il sous-entendu. Pour nous, le véritable sujet, c'est le pronom que, absolu, et la phrase s'explique tout naturellement : que, quelle chose de ces vains ornements m'importe, est d'importance pour mol ? Ainsi l'analyse de cette locution ne présente point de difficulté. Voyez ce que nous avons dit page 376. A. L.
RÉSULTER et Neiger (verbes unipersonneh et défectifs).
Ces verbes ne sont également usités qu'à Tinfinitif, et à la troisième personne du singulier des autres temps : c II y a deux Jours «c qu'il neige ^ il en résultera de grands inconvénients. »