‹ Grammaire des grammairesChapitre 173 sur 203 · SILLON · texte numérisé non relu

SILLON

.... J'appronve les soins du monarque gnerrier Qol ne poQTait souffrir qu'an artisan grossier / Enirq^ de tracer, d'une main crimineile«

Un portrait réservé pour le pinceau d'Apelle.

(Boileau, Discours au Roi,)

S'ÉTONNER : < L'univers s'étonne de trouver toutes les vertus eu « un seul homme. » (Bossuet.)

Le timide cbevreuil ne songeait plus A fair«

Et le daim si léger s'étonnait de languir. (Delille.)

ÊTRE ÉTONNÉ : < Le général, éionnéde voir balancer la victoire... •

(Massilton.)

Devant un nom, étonné demande aussi la préposition de; eepen* dant Voltaire a dit dans Sémiramis (acte V, se. I) :

La nature étonnée à ce danger funeste.

Mais La Harpe dit à Toccasion de cette expression : On dit étonne de^ et non pas étonné d, si ce n'est dans cette phrase : étonné d la vue^ à Vaipect^ et il est évident qu'^tonn^ à ce danger signifie étonné à la vue de ce danger, ici la précision poétique est dans tous ses droits.

Enrager : < 11 enrage de voir son ennemi dans ce poste, b (L'Académie.)

Tenrage de trouver cette place usurpée.

(Molière, r École des Femmes, acte III, se. &.)

ÉVITER : « U évite de donner dans le sens des autres, et d'être de « l'avis de quelqu'un. » (La Bruyère.)

Un vers était trop faible, et yous le rendez dur. Tévite d'être long, et je deviens obscur.

(Boiieau, F Art poétique, chant I.)

Voyei aux Remarques détachées une observation sur l'emploi de ce verbe.'

S'excuser (donner des raisons pour se disculper, pour se justifier de fitire, d'avoir fait une chose) :

Et vous vous excusez de m'avoir fait heureux.

(Racine, Mithridate, acte IV« se. 2.) Je ne m'exeuêe point de chercher votre vue. i ^ . (YoiUire, OEdipe, acte III. m. 2.)

A L AIDE DE LA PRÉPOSITION iê. 9X1

Feindre :

11 feignait de m'ainer» j4 raimaU en dtoi.

(Th. Corneille, Ariane, acte IV, se. 2.) EMe a feint de passer chez la triste Octayie.

(Racine, Britannietu, aete V, se. S.) Cesi èlre heureax époux Que de feindre de l'être.

(J.-B. RoQSfeao» Cantate alUgarique, X.)

DutempsdeCorneitle, de Molière, feindre s'employait dans le sens d'Aesi^^ et alors il demandait, de même que ce verl)e, la préposition à :

Ta feignaie à sortir de ton dégaisement.

(Molière, l* Étourdi, acte y, se. 8.)

Mais aujourd'hui dans ce sens le régime a ctiangé. Voici les ezemples que TAjeadémie a mis dans son Dictionnaire : « U n'a pas « feint de lui déclarer, il ne feignit pas de l'aborder; je ne feindrai t pas de vous dire. » Ainsi la préposition à ne s'emploie plus au-^ Jourd'hui.

Féliciter (faire compliment sur un sueeàs, sur un événement agréable). L'Académie ne donne à ce verbe que la préposition de pour régime, soit qu'il se trouve devant un verbe à l'infinitif, soit qu'il se trouve devant un nom ; cependant on dit : féliciter quelqu'un sur quelque chose. — < Je ne sais qui est l'auteur des vers latins ; mais c je le féUeite, quel qu'il soit, $ur le go&i qu'il a, ««r «on harmonie « et sur le choix de sa bonne latinité. » (Voltaire, c^rre$p(md.)

^ L'Académie, en 1835, doniio poar eKcmple : «c Je Ta! féHeité nir san ma- « riage. » A. L«

Se KÉSLIGITBR ( s^applaudir, se savoir bon gré) : c Je me filieik < d'avoir fait un si bon choix. » (L'Académie. ) — • < Les peuples se « félkitermt d'avoir un roi qui lui ressemble. » (Massillon.) Se flatter (tirer vanité d'une chose) :

S'est-îl fUuti de plaire , et connaît^ ranomr.»

(Vollalre, Simiramii, acle II, se. 1.) Jane me flattais pas d'j rencontrer un port.

(U même, h THunwirat, acte rv< te. S.) ■ Frémir :

Je suis do sang des dieux, et je frénUs d'en être.

(Voltaire, Sémiramis, acte Y, se. 4.) Et d^â (ont oonfos , tenant midi sonné , En soi-même frémit de n'avoir point diné.

(BoUeau, U Lutrin, chant IV.)

889 vbrbes.rigissant un autre ferbe a l*infinit1p Forcer.

Yoyes, ptge 647, remploi de ce yerbe raitl d'an infinitir. Avoir garde : « Il n'a garde de tromper , il est trop homme de < bien.» (L'Aeadémie.)

Je n'ai garde i soo rang de faire un td oatcage. (GoradUe.)

< n n'a garde «faller avouer cela, ce serait faire tort, etc. » (MoutaB, les Fourberies de Scapin^ acte I, se. 6.)

Se garder :

GardeX'ywa (f imiter ce rîmeur farieai.

(Boileaa, V Art poétique, chant Ifl.) ..... Tout homme prudent doit se garder toujours De donner du crédit à de mauvais discours.

(Regnard, Démoerit», acte I, se. 4.)

Les poètes sont en possession d'employer garder neutre, au lien du verbe pronominal $e garder :

Aux d^iens du bon sens gardez de plaisanter.

(BoUeau, l'Art poéUque, chant IIL) • • • . GardeM de négliger Une amante en fureur qui cherche A se Tenger.

(Racine^ Andromaqve, acte V, ac. 6.)

On trouve aussi dans Molière, dans Crébillon, dans Voltaire et dans d'autres poètes des exemples d'un semblable emploi, de sorte qu'il parait que l'on peut se servir en vers de ciette expression; mais en prose, la suppression du pronom ne serait pas autorisée.

«— n faut remarquer d'abord que cette suppression, même en vers, né peut avoir lieu qu'à rimpéraUf, garde, gardons^ gardes. Notons ensuite que r Académie dus son Dictionnaire permet l'emploi de cette locuUon en prose : « Gardex qa*on ne « vous voie. » On peut donc en faire nsage. A. L.

Prendre garde. On dit : prenez garde de tomber; mais quand rinflnitif qui suit est accompagné d'une négation, on dit : « Prenez « garde à ne pas tomber. » ~ « Prenez garde à ne pas trop vous « engager dans cette affaire. » (M. Laveaux et l'Académie.)

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