SUET
Qoand TOUS devez U vie toi soins de ce grand kemme. Vous osez Vaccuter d'avoir trop fait poor Rome.
(Voltaire, Catilina, acte V, se. i.)
ÊTRE ACCUSÉ : « Socrate fut accusé de nier les dieux que le peuple. « adorait. » (BossuÉt.) S'ACCUSER: < S^accuser d'avoir rompu le jeûne. » (Pascal.)
Achever : « On croit faire gràoe à des malheureux quand on n'9 « chève pas de les opprimer. » (Fléchier. )
Vérité qae j'implore, achève de descendre.
(Racine, £jf Aer, acte 111, se. 4.)
Affecter (faire ostentation de quelque chose) :
Pour ébloair les yeux la fortune arrogante
Affecta d'éUter ane pompe insolente. (Bolleau, Épitre IX.)
(Prendre quelque chose à tâche) : «Nous affectons souvent de louer € avec exagération des hommes assez médiocres. » (La Bruyère.)
Perse en su vers obscurs, mais serrés et pressants Affecta d'enfermer moins de mot^^ne de sens.
(BoiJeau, VArt poéitffue, chant II.)
ÊTRE AFFLIGÉ :« Je suis Sensiblement affligé de voir que votre cou lique ne vous quitte point, s (Voltaire.) S*AFFLi6BR : On ne s'est jamais peut-être avisé de s'affliger de
6*0 TERBES RÉGISSAirr m AUTRE VERBE A L'iNFINlTIP
<^ n'avoir pas trois yeux, mais on est inconsolable de n'en avoir « qu^un. » (Pascal.)
Agir, employé unipersonnellement, et alors servant à marquer de quoi il est question, demande la préposition de devant un infinitif: « U ne sait plus parler quand il B*ag%i de demander. » (Fléchikr.) Mais il ne 9*agU point de vivre, il faut régner.
ÊTRE BIEN AISE : « Le monde, tout monde qu'il est, est pourtant « bien aise d'avoir des gens de bien pour défenseurs et pour juges.» (Massillon.) — « Je suis bien aise d'apprendre cela. » (Molière, les Fourb. de Scapin, act. II, se. 6 )
Ambitionner : a La duchesse de Mazarin, à qui Ton ambUionmii « de plaire. » (Voltaire.)
Appartenir. Ce verbe s'emploie .4 cieiquefois unipersonnellement, et alors il régit de devant un verbe à l'infinitif, et devant les noms: <t II n'appartient qu'à la religion cfinstniîre et de corriger les « hommes. » (Pascal.)— « il n'a/ipartfan qu'aux femmes de &ire ^ lire dans un seul mot tout un sentiment.» (La Bruyère.)
Noble aflTabilité^ charme lodjours vainqueur ,
li n'appariieni qu'à vous de triompher d'un cœur.
(J.-B. RooMeau.) S'applaudir :
.... Je m'apptaudiuaU de retrooTer en voua Ainai que les vertus, les Iraiu de mon époux.
(Voltaire, OEdipe, act. fV, ac. 4.) Son grand cœur s*applaud\t d'avoir au ciiamp d'honneur Trouvé des ennemis dignes de sa valeur.
(Le même, la Uenriâde, chant YUI.) Voyez les Remarques détachées.
Appréhender : « Elle appréhendait (f abuser des miséricorde de a Dieu. » (Fléchier.)— « Il appréhendait de reyolr ce qu'il avait « de plus cher au monde. » (Fénelon.)
Avertir :
Soufflrez quelques froidrarfl sans les faire éclater ; Et n'avertisteM point la :>y-r. ie vous quitter.
(Racine, Britanniem, act. I, se. î.) C'est pour vous avertir de ce qu'il vous faut cra^bre. Qu'à ee triste entretien j'ai voulu me contraindre.
(Th. Gomellle, le Comte d'Essex, act. I, se. 2.)
A L'AIDE DE LA PRÉPOSITION de. Ml
S'aviser : « Notre esprit est si bizarre, qu'il 8*avis$ de louer morts c des gens qu'il dénigrait vivants. » (La Bruyère.) — < Jouez cet « pièces à Nankin; mais ne vous avisez pas de les représenter au* « jourd'hui à Paris ou à Florence.»«( Lettre de Voltaire à TAcadémie française.)
Blâmer :
Je ne pais te blâmer d'avoir fai rinfamie.
(Corneille, h Cid, acU III, se. 4.)
Ne blâmez pas Perrault de condamner Homère.
(Boileao, Épi gramme 21.)
Briguer (rechercher avec empressement). Suivi d'un nom et d'un infinitif, ce verbe régit de :
J'ai brigué ponr mon sang, poar le héros que j'aime » L'Iionneur de commander dans ce péril extrême.
(Voltaire, BrtUus, act. IV, se. 6.)
— Ce n'est point U an régime do rerbe ; le dti ne peat dépendre ici qae do sobstanUr, et par conséqoent c'est l'application de la règle ordinaire poor le régime des BobstanUfs. Mais il peut arriver que, par ellipse du nom, le verbe se trouve suivi de la préposition de ; et alors on peot y roir on régime. L'Académie n'en donne pas d'exemple; mais Voltaire, cité par Boiste, a dit briguer de venger quelqu'tm. Et eette expression elllptiqoe nous parait pouvoir être imitée. A. L.
BRULER (être possédé d'un violent désir) :
C'est qu'elle sort d'on sang qo'il brûle de répandre.
(Racine, Iphiginie, acte II, se. &.) .... Voici cet étranger Qoe vos tristes soopçons brûlaient d'interroger.
(Voltaire, Mirope, acte II, se. 1.) Cesser :
Joas ne eeseera Jamais de voos aimer.
(Racine, Athalie, acte IV, se. 4.)
Grand roi, cute de vaincre, oo Je ce5«« d'écrire.
(Boileau, EpltreVIIL)
Ceeee donc à mes yeux d'étaler on vain titre.
(Le même, le Lutrin^ chant II.)
Charger (donner commission) : < Elle nous a chargés de vous « témoigner l'impatience que, etc. » (Fléchïer.) — « Zerbinette m'a c chargé promptement de venir vous dire que, etc. » (Molière, les Fourh. de Scapin, act. Il, se. 6.)
622 VERBES RÉGISSÀirr UN AUTRE VERBE À L*INFIKITIF
Se charger (prendre le soin d'une chose) : < H se chargea de les « défendre. » (Massillon.) — « Les lois ne se chargent de punir « que les actions extérieures. » (Hontesquieu.)
Choisir (opter) :
Choisis de leur donner ton sang ou de l'encens.
(Goraellie, PolyeueU, acte V, te. i.>
A qai choisiHeS'rWïs, mon fiis^ de ressembler ?
(Racine, Athalie, acte IV. se. 2.)
Commander (ordonner, enjoindre quelque chose à quelqu'un) :
n commande an soleil d'animer la nature.
(Racine, Athalie, acte I, se. 4.)
Commande à mes tyrans d'épargner ma mémoire,
(Voltaire^ Mariamne, acte V, se. 3.)
Conjurer :
J'ose TOUS conjurer de ne vous perdre pas. .
(Th. Gorneiile, le Comu d'Eeee», acte III, ic. a.) Ils eortf tiraient ce Dieu de veiller sur vos jours.
(Racine, Esther, acte III, se. 4.)
Sa mère
La conjure en tremblant de presser son départ.
(Voltaire, Mariamne, acte III, se. 1.)
Conseiller :
Je vous conseillerais de ne l'apprendre pas.
(Th. Corneille, Ariane, acte II, se. 4.) Je lui conseillerais de s'assurer d'un autre.
(P. GorneUle, Jlfieomède, aole lU, se. 3.;
Consentir ;
Voyei page 608, si l'on peut quelquefois faire usage de la préposition de avee ee Terbe suivi d'un infinitif.
Se contenter : « Les Komains se cûnientaxent de savoir la « guerre, la politique et l'agriculture.'» (Bossuet.) — « Ceux que « vous outragez se contentent d'ofirir à Dieu leurs gémissements. » (Pascal.)
Contraindre :
Voyez plus loin, ce que nous disons sur l'emploi de oe veibe.
OoNVBNUiy dans te sens d'être expédient, être à prqpos, ne s'iemploie guère qu'impersonnellement, et alors il prend de.
A l'aiob ob la PBÉposinoif d0. os
Tti comniaDdé qu'on porte à tocre père Les faiblea dons qu'il eonvieni de yoiu faire.
(VolUlre, h Droit du seigneur, acte III, se. 6.)
cx>RRiGER. Lorsque ce verbe est suivi d'un iaflaitif, il ne peut pas prendre une préposition autre que de : « corrigezAQ d^ jurer; » mais il a rarement un infinitif après lui, et il vaut mieux, autant qae possible, lui donner un nom pour r^ime.
AvoiK GOUTUHB : « Qui a coutume de mentir est bien près du « parjure. » (Tr. de Cicéron.)
Craindre:
Sur lei pas d'an bmal eraigilex'-wnti de marcher ?
(Radue, Phèdre, acte V, se. 1.) Sans cesse on prend le masque, et, quiuant la nature. On craint de se montrer soos sa propre figure. (BoUeau, Épllre XI.)
DÉBAIGNER :
Ce cœur, c'est trop tous le celer.
N'a point d'un chaste amour dédaigné de brûler.
(Racine, Phèdre, acte IV, se 2.) Le pavIHon d'Antoine est auprès du rivage : Passez, et dédaignez de venger mon outrage.
(Voltaire, le Trimndratf acte IV, se. S.)
DÉFENDRE (prohiber):
Le del protège Troie ; et par trop de présages
Son courroux nous défend d'en chercher les passages.
(Radne, Iphigénie, acte I, se. 2.) Le désolé vIdUard, qui hait la raUlerie, Lui défend de parler^ sort du lit en furie.
(BoUeau, le Lutrin, chant IV.)
Observez que ce verbe prend la conjonction que avec te subjonctif» au lieu de la préposition de, quand, au lieu d'un nom ou pronom pour régime indirect, il a la proposition suivante pour seul régime : « Je défends qu'on prenne les armes. » (Voltaire, 9^ rem. sur Corneille.)
Hais mon père défend que le roi se hasarde.
(Radne, ^lAaM^, acte V, se. l.)
Demander:
Voyei plus loin , ce que nous disons, sur la préposition dont ee terbe doit étie h quand II à è sa suite un verbe à l'infinilif .
m VERBES RÉ0IS8A1IT UN AUTRE YERBB A L'iMFINITIF
Se DÉSACeouTUMER : « il s'est désaecoutumé de joner. » (L'ÂCftdémie.)
DÉSESPÉRER : « Salomon dése$père de trouver cette femme fortP,» (Fléghier.)
Un Us d'hommes perdus de dettes et de crimes Qae pressent de mes lois.les ordres légitimes , Et qai » désespérant de les plas éviter , Si tout n'est renversé, ne sauraient subsister. *
(Goraeiiie, Cinna, acte V, se. 1 .)
DÉSIRER. Bossuet, La Bruyère, Fléchier, Racine, Thomas, Voltaire, et Buffon ont fait usage avec ce verbe de la préposition de devant un infinitif; cependant nombre d'écrivains l'ont retranchée; mais l'Académie, Féraud, Gattel, et beaucoup de granmiairiens niodemes sont d'avis qu'il vaut mieux s'en servir.
— Quand ce verbe exprime un désir dont l'accomplissement est incertafai oa in* dépendant de la volonté, il régit de : « Désirer de réussir. » On omet la pr^éposition si l'accomplissement du désir est certain , et plus ou moins dépendaot de la volonté : « Je désire le voir, l'entendre. » Telle est la règle de l'Académie. A. L.
DÉTESTER : « Je déteste rester longtemps à table » est aussi bien dit que « je déteste de rester longtemps à table. »
Se devoir : « On se doitk soi-même de respecter les bienséances. » — « Je me devais de faire cette démarche. » (L'Académie.)
Différer (remettre à un autre temps) :
Différer d'être heureux après son inconstance.
C'est montrer , etc (Th. Corneille, ArianSf acte IV, se. ?•;
Qui pourra différer de venger ta querelle T
(Voltaire, Catilina, acte II. se. 2.)
Cependant plusieurs écrivains ont préféré la préposition à avec ce verbe, mais l'Académie ne laisse pas le choix; et, en ^et, la préposition de est beaucoup plus en usage.
Dire (ordonner, conseiller ) :
Dites au roi, seigneur, de vous l'abandonner.
(Racine, Esther, acte II, se 1.) Quand on veut donner au verbe dire le sens de faire eonnaUre^ apprendre, il fout se servir de la conjonction que et de l'indicatif :
Noos dit 9tt*eUe nous cache une illustre princesse.
(Racine, Jphigénie, acte I, se. 2.) . . . • • Vous portez, madame, un gage de ma fol, QiÉl vous dit tous les Jours que vous êtes i moi.
(Le même, MUhrîdate, acte II, se> 4.|
A l'aide de la préposition de,
DiSGOMTENiR : « Vous ne sauriez âMConvenir dem'aTOÎrdii... » (L'Académie.)
Discontinuer : « Il ne iiscùntàaue pas de parler. » Dispenser (exempter, affranchir) : « Il demande qu'on le dwpeîwe « de condamner un innocent. » (Massillon. )
Se dispenser : « Nous ne pouvons nous dispenser d'imiter ses « vertus. » (Massillon.)
Et le loin de n giSSre à pféfent la dispen$9 De se porter pour vous à celte ytolence.
(Gomeille^ JVicomède, acte IV, se. 5.)
Se disculper : « Il s'est disculpé d'avoir fait son discours trop long. » (La Bruyère.) Dissuader : « On l'a dissuadé de commettre cette faute. » Douter (être dans l'incertitude ) :
Ils n'osent plus douter de nous avoir surpris.
(Corneille, le Cid, acte IV, se. 3.) (Hésiter) :
Pourriez'vous un moment douter de l'accepter?
(Racine, Athalie, acte III, se. 4.) Cette acception est très rare.
Est-ce bien li un sens durèrent? Racine ne Teut-il pas dire : pourriex-Toos lire dans l'incertitude de savoir si vous accepterei? L'expression n'est pas commune, mais elle n'a rien d'étrange. A. L.
Empêcher : « La crainte de faire des ingrats ne l'a jamais empê- € ché de faire du bien. » (Fléchier. )
Je sais l'art d'empêcher les grands cœurs de faillir.
(Corneille, Sertorixu, acte lY, se. 2.) Empêcher demande un régime direct devant un nom de personne; ainsi l'on dira : On nous empêche d- entrer^ mais on ne dira pas : on NOUS empêche f accès de cette maison; dites : on nous interdit Faceés
de cette maison. (Vollalre, Remarqués sur ComeiUe.)
Avec s'empêcher on fait usage de la préposition de : « Il ne saurait « s'mp^cAer de jouer, de médire, » (L'Académie.)
S'efforcer.
Voyes, page 642, si l'on peut devant rinflnitlf qui lui sert de régime empiofor tantôt à et tantôt de.
S'empresser.
Voyez, page 647, de quelle préposition on doit faire usage avec ce verbe suivi
dTan InflniUf .
Entreprendre : « Os entreprirent en vain de régler les mœurs et
HtB VERBES aiGlSSANT UN AUTRE VERBE A L'INFINITIF
« d$ eorriger les honuiies par la forée seule de la raison. » (Has-