‹ Grammaire des grammairesChapitre 177 sur 203 · VBRBBS BÉ6I8SANT ON AUTRE VERBE A L'INPINITIF · texte numérisé non relu

VBRBBS BÉ6I8SANT ON AUTRE VERBE A L'INPINITIF

PiALER (déclarer son intention, sa tolonté) :

J'ai so que ce traître d'amant

Parle de m'oblenir par an enlèvement.

(Molière, r École des Marie ^ acte U« ac. 1 K|

Permettre (tolérer) : « Dieu permis aux vents et à la merde < gronder. > (Fléghier.)

Quoi ! pour venger an père , est-il Jamais periMê De livrer sa patrie aux mains des ennemis?

(Corneille, le Cid, acte IV, se. 2.) Der maux que nous craignons pourquoi nous assurer ? Llncertitude au moins nous permet d'espérer.

(L. Racine, la Religion, chant II.) Persuader : « On lui a persuadé de se marier. » (L'Académie.) Avoir peor :

Ae-iu peur de mourir! (Corneille, le Cid, acte II, se. 2.}

Ma bouche a déjà peur de t'en avoir trop dit.

(^ileau, Satire X.)

Se piquer (se glorifier de quelque chose, en tirer avantage, eu foire profession) : « Il se pique de bien écrire, de bien parier, d'élrc « brave. » (Académie.)

Je ne me pique pas aussi de \et garder.

( TL. Corneille, le Festin de Pierre, acte III, se. 4.) Se PLAIRE.

Voyex page 61 5, ce qae nous disons sur l'emploi de ce verbe suivi d'un infiniur.

Se plaindre :

Je le plains de ra'aimer , si Je m'en dois vengeance.

(Corneille, Héraelius, acte V, se. 2.) Je tepto<n« de tomber dans ses mains redoutables.

(Rachie, Athalie, acte II, sp. 5.) Se faire un plaisir

Je me fais un plaisir à ne vous rien celer. De pouvoir, moi vivant , dans peu les désoler.

(Boliear*, SaUre X.}

Je me sois fait un plaisir, nécessaire

De la voir chaque jour, de l'aimer, de lui plaire.

(Racine, Bérinici^ acte H, se 2.) l'RÉFÉRER.

Voyez les Remarques détachées.

Prescrire :

Ta m'as prescrit tantôt de choisir des victimes.

(Th. Corneille, le comte d'Esse», acte lll, m. 4.)

k l'aide db Lik préposition de. 638

Ce hardi sabonMur

. Avani toui aax morteli pruerit de se tenger . (BoUeaa, Salira XI. )

Presser :

Je ne te f>reff e plas, ingrat^ d*y consentir.

(Racine, Bajaxet, acte II, se. I . ) Un jour, il m'en souvient, le sénat équitable Voos prenait de sooscrire à la mort d'an coupable.

(liC même, Britannieuit acte lY, se. S« )

Se presser :

On obéit, on se presse d'écrire.

(Boileau le Lutrin chant IV.) Pourquoi tous pressex-yous de répondre pour lui.*

(Racine, Athalie, acte II, se. 7.)

Présumer :

Ne présumez pas

Z>'amier contre mes tœox l'orgueil de vos appas.

(Voltaire, l'Orphelin de la Chine, acte V, se. 4.)

Otneiàt présumer

Mes vers, de voir en foule à vos rimes glacées Courir, l'argent en main, les lecteurs empressés. (Boileau, ÉpItreX.)

Prier.

Je le priet en mourant, d'épargner mes douleurs.

(Racine, Bérénice, acte IV, se. 5.) Nous prendrons k témoin le dieu qu'on y révère; Nous le prierons tous deux de nous servir de père.

(Racine, Phèdre, acte V, se. 1.)

Ce verbe, suivi d'un infinitif, prend toujoarsde, excepté dans une seule circonstance. Yoy. les Remarques détachées.

Promettre :

Géphise, il fera plus qu*il n'a promis de faire.

(Racine, Andromaque, acte IV, se. 1 .)

Avez-vous bien promis de me haïr toujours ?

(Le même, Bérénice, acte V, se. S.) Je promets d'observer ce que la loi m'ordonne.

(Le même, Athalie, acte IV, se. 5.)

Se promettre : < Qui peut se promettre d'éviter dans la société « des hommes la rencontre de certains esprits vains, légers, fami- « liers, délibérés, qui sont dans une compagnie ceux qui parlent et « qu'il faut que les autres écoutent. » (La Bruyère. )

834 VERBES RÉGissAirr m àutab verbe a l'inpinitif

Proposer (mettre une chose en avant pour l'examiner, pour en délibérer) :

Propotêr aa «altan de te céder le Ntl. (BoOetu, ÉpUre /.)

.... Quand ce fier Solamir Osa me proposer dâ Kaccepter poar gendre.

(VolUdre, Tancrède, acte I, se 4 .;

Se proposer (avoir le dessein, former le dessein) • « Il $e propose t de vivre désormais dans la retraite. > (L'Académie.) — « Il ne m « propose d'aller à la gloire que par la vertu. » (Massillon. )

Protester. L'Académie donne à ce verbe , suivi d*un infinitif , la préposition de : « H lui protesta de ne l'abandonner jamais. > — El Molière, dans VJvare (acte V, se. 3), a dit : « Je proteste de ne préc tendre rien à tous vos biens. »

Quoi qu'il en soit, Féraud est d'avis que la conjonction que est plus correcte; et M. Laveaux, qui pense de même, donne pour motif que protester, emportant, dans l'idée de celui qui emploie cette expression, quelque chose d'assuré, d'immanquable, qui bannit tout doute, toute incertitude, rejette alors la préposition de y puisqu'elle marque par elle-même doute, incertitude, contingence.

L'Académie, en 1 836 , admet les deux manières : Il lui protesta qu^U le serviraUi il lui protesta de ne l'abandonner jamais. Nous croyons les deux touraures également bonnes. D'aineon le verbe profiter admet nécessairement la préposiUon de. Ainsi Ton proteste de son innocence ; on proteste de violence, etc. C'est avec le pronori le seulement qu'on met un régime direct : « Je le proteste hautenent. » (Académie:; A. L.

Punir :

.... Un grand ennemi ne peut être gagné. Et je le punirais de m'avoir épargné.

(Corneille, Hiraelius, acte III,ic2«) .... Le ciel me punit d'avoir trop écouté D'un oracle imposteur la fausse obscurité.

(VolUire. OEdipe, acte IV, se. I.) Ne les punissez pas d'être nés dans mon flano.

(Le même, Mariamne^ acte IV, se. 4.)

Se rappeler.

Voyez aux Remarques détachées si ce verbe pronominal demande la préposRioB de devant un infinilir. Ê'TRE RASSASIÉ :

NoQB nous lassons de tout, nos plaisirs ont leur fin ; Et l'bomme n'est jamais rassasié de vivre.

(L. Racine, EpUreii.)

A i/aide de la vvÉWù&mQinde. 635

ÊTMSAAVi : « Le monde est ravi de pouvoir faire un crime à la « piété de ceux qui la pratiquent. » (Massillok. ) ... Je tais U passion, et sais ravi de voir Qoe tons ses mouvemenls cèdeni à ton devoir.

(Corneille, le Cid, acte II, se 3.) Rebuter (décourager) : « Ne vous re6ii(ez pas d€ faire du bien aux « hommes. »

Ce héros, rebuté d'avoir tant combatto.

(Créliillon, Idûminie, acte |V, se. 5.)

— L'Académie ne donne pas d'exemple de ce verbe suivi d'un infinitif ; mais puisqu'elle admet : « 11 est rebuté dala guerre^ • nous pensons qu'on peut direégtlenaent rebuté de combattre, A. L.

Rbcommander (exhorter quelqu'un à faire quelque chose) : < Rt- « commandez à vos enfants de fuir le vice, d'aimer la vertu. » (L'Académie.)

Refuser (rejeter une offre, une demande) :

.... Pégase pour eux refuse de voler.

(Boilean, DUcoun au Roi.) A-t-ette refiisé d'enfler sa renommée ?

(CoraelUe, JVieomUe, acte IV, se. 2.)

On dit cependant il lui a refusé à dii\er; mais c'est parce que, dans ces phrases, l'expression à dîner n'est pas un véritable infinitif, mais un substantif : il lui a refusé le dîner, les choses nécessaires pour dîner. On dirait de même t7 lui a refusé à manger.

— Mais évidemment c'est comme infinitifs que les mots dîner, manger, boire, emtcher, dans ces sortes de locutions , prennent la préposition à; sinon, comme sabstanUfs, ils\levraient être mis en régime direct. Ainsi donc il lui a refusé à boire ^ à manger ^ signifie : U lui a refusé ce qu'il demandait à boire f pour boire, etc. En un mot, refluer à boire est une pbraae ellipUque, analogue à donner à Mre. On dit aussi avec le pronom personnel te refusera travailler. A. L.

Regretter : « Quelle gloire pour un roî d'être sûr que dans un € temps à venir les peuples regretteront de n'avoir pas vécu sous « son règne! » (Massillon.)

Avoir regret « « J'ai regret de vous voir dans l'erreur. » (L'Académie.)

Ma plume aurait regret d'en épargner aucun.

(Boiieau, Satire VH.^

Se RÉJfouiR : « Je me réjouis de lui apprendre cette bonne nou- « velle.»( L'Académie.) Se repentir :

. • • . Trop tard, dans le naufrage.

036 VBRBBS RtGISSAHT DN AOTRB TERBB A L*llf7INITI?

GoofUy on te rqwnf d'avoir bnîé rorage. (Boileaa, Salin XII.) Se repent-W déjA de m'ayofr apaisée P

(Racine, Bajatei^ acte III, se. 6.)

RbprO€H6R et SE RBPROGHER : c II «« reproche de n'avoir pas pour c Dieu toute la tendresse qu'il ressentait pour ses amis.» (Màssill.) Ne me reproche point de tromper ma patrie.

(YolUire, Mahomet, aete II, se. 6.) RÉSOUDRE. Quana ce veroe est employé activement et signifiant décider une chose, il régit de devant un infinitif : c Madame la dau- « pbine vit toutes les dimensions de sa croix , et résolut de s'y laisc ser attacher sans se plaindre. » (Fléchier. } Dieu résolut enfin, terrible en sa vengeance, Z>'ablmer sous ies eaux tons ces audacieux. (Bolleao, Salira XII.)

Quand il est employé passivement, il prend â ou de :

' Après tant de malheurs, enfin le ciel propice Estrtf«o/u, ma fille, d nous rendre Justice.

(P. Goineille, D. Sanehe, acte I, se l.) Vous êtes f^o<ti d'abandonner Bysance.

(Gampistron, Andronic, acte II, se. &.) Et quand il est pronominal , il demande la préposition d : iZétottS-loif pauYre époux, à nim de couleuvres.

(Boileaa,SaUreX.; Quelquefois à céder ma fierté se résout,

(Th. Corneille, le Comte d*Essew, acte II, ic. 6.;

U est vrai de dire que l'on trouve dans de très bons écrivains des exemples de l'emploi de se résoudre avec la préposition de. Quoi qu'il ensoity l'Académie^ Trévoux, Féraud et M. Maugard ne laissait pas le choix.

Se résoudre de se perdre, dit Voltaire {Comment, sur Corneille ^ Hodogune, acte I, se. 6), est un solécisme; on dit : Je me résous â; je résous de-, il est résolu à; il est résolu de.

Se RESSOUVENIR.

Voyei les Remarques détachées.

Rire :

Je riais de le yoir avec sa mine éUque,

Son rabat jadis blanc, et sa perruque anUque. (Boileau^ Satire m.)

Rougir : c il faut rougir de commettre des fautes , et non de lea c avouer. »

.... Je rougissais dans l'Ame De me voir obligé d'accuser ce grand cœur.

(VolUire, OEdipe, acte U, se. 4.)

A l'aidb ne i*k prénisition de. 687

Seoir (dtreeoiiYenable). Ce verbe, dont Pinflnitif n'est plus en asage, ne s'emploie que dans certains temps, et toujours à la troisième personne du singulier ou du pluriel. Employé impersonnellement et suivi d'un infinitif, il régit de : n te iied bien d'avoir, en de si Jeunes mains. Chargé d'ans et d'honneurs, confié tes desseins.

(Racine, Bajcuet, acte IV, se. I.; Perfide, Il Tona sied bien dé prononcer ce nom.

(Voltaire, Hfariamne, acte IV, se. 4.)

Dans ces phrases, il vous sied bien est ironique. Quelquefois cette expression se dît en bonne part

C'est & toi Lamoignon. . . .

Qa'il iied bien d'y veiller pour le maintien des lois.

(Boileaa, Épifrevi.)

Avoir soin :

Même elle avait encore cet éclat emprunté

Dont elle eut soin de peindre et d*omer son visage

(Racine, Atkalie, aete II, se. &) JTayex soin cependant qae de dissimuler.

Prendre soin :

Le maître qui prit soin d'Instruire ma jeunesse Ne m'a Jamais appris à faire une bassesse.

(Corneille, JYieomide, acte II, se. 3.) Quelle importune main, en formant tous ces nœuds, A pris soin sur mon front d'assembler mes cheveux.

(Racine, Phèdre ^ acte I, se. 8.) Sommer : « On a sommé le gouverneur de se rendre. » Souffrir (permettre) :

.... J% sou/pre tucon D'être déshonoré par celle que j'adore'.

(Corneille, Cinna, acte Y, se. 2.) Jnsques à lui souffrir en cervelle troublée De courir tous les bals et les lieui d'assemblée.

(Molière, V École des Maris, acte I, se. 2.) *- Ce sens est peu employé aujourd'hui. Mais dans l'acception de : éprouver de la peine, l'Académie indique deux manières d'exprimer le rapport : « Je souffre de - l'entendre parler ainsi ; et « Je souffre à l'entendre. » Cette dernière tournure est moins usitée, selon nous. A« L.

Souhaiter :

.... Qui vous a dit que, malgré mon devoir, Je n'ai pas quelquefois «ouAatïé de vous voirP

(Racine, Andromaque, acte U, se. 2.)

<I38 VCRBCS RÉGISSANT UN ACTUE VEBBE A L'INFINITIF

M«U«M iTiiiioay souhaitait fort df It confoiler ea futtodicr .

(J.*J. RouMeaa, Omféisions, Br. VIII.) f Quelques êcrivams mettent ayec ce verbe Tiofinitif qui le soit sans préposition : « Il ne souhaitait être son coUègue que pour être € son disciple. » ( Vertot. ) — Et l'Académie donne cet exemple: c Je souhaiterais pouvoir vous obliger. >

Soupçonner. Ce verbe se joint à un infinitif par la préposition de. On dit $oupço/t%né é^avoity et non pas soupçonné atooir.

Soupçonner y renfermant dans Tidée qu'il présente quelque chose de vague^ d'incertain, d'indéterminé, exige nécessairemœt, dans ee cas y la préposition de. Il ne faut donc pas imiter Roliin qui a dît :

< Il eut l'audace de déférer tous ceux qu'il soupço/tmaii avoir eu du

< penchant à secourir Persée. » (Féraud et M. Laveaui.)

Se souvenir (s'occuper d'une chose) : « Souvenez-vous de mon- € trer une àme égale dans le malheur, et de ne pas vous li\Ter, « quand la fortune vous rira, à une joie excessive. » (Pensée d^Ho-

race.)

SouvenêM^vouê svitont de répondre de lui.

(Yoltaire, h TriwMirai, acte UI, se S.) Voyez les Remarques détachée* pour la disUnctton à faire eoUe se êouvetUr et se renotivenir.

Suffire :

Voyez, page 617, qaeHes prépositions il demande.

Suggérer : « C'est la religion qui lui a suggéré de faire cette « belle œuvre. »

Supplier ; « Je vous supplie, sage Platon, de m'expliquer fort au « long ce que vous pensez de l'amitié. » (Boileau, les Héros de roman, )

ÊTRE SURPRIS (être étonné) :

Il fiât iurprii de se foir mépriser.

(Voltaire, le Droit du Seigneur, acte II, se. 3.)

» Dans on autre sens l'Académie dit : je l'ai surpris à me déroher de Var^ cent, A. L.

Prendre a tache : « Avez-vous pris à tâche de me contredire sur « tout? > (L'Académie. ) — « C'est la source des combats des philo- « sophes, dont les uns ont pris à tâche d'élever l'homme en décoo- « vrant bcs grandeurs; les autres , de l'abaisser en représentant ses f misères. » (Pascal, Pensées^ 11^ 4.) Tenter (essayer):

MoD nom def ieadra cher aux siècles à venir. Pour avoir seulemcnl tenté de vous punir.

(VolUirc, le Triumvirat, acte V. se. î.^

A l'aide de la FRÉPOSITIOff de. 830

QotiMl M iialoe impoimnta et m colère yatae Eurent Unie lans fruit de briMr notre chaîne.

(Voluire, CaiiUnmf acte I, <c. 3.)

' ÊTRE TENTÉ ( aYOir Une eitrème enyie) : c Je fus bien tenté de loi « répondre. » ( L'Académie. )

Trembler ( craindre, appréhender, avoir grand' peur) : Je tremble « cTayouer. » (L'Académie.)—* Il faut donc que je irembk de revoir « Nelson. * (Harmontel.)

Sa main tremblait de blesser ce bean corps. (Voltaire . )

Cependant Th. Ciorneille et Racine ont donné à ce verbe la préposition à pour régime :

Je frémis de la perdre et tremble à m'y/ésoudro.

{Le Comte d'Essex, acjte IFI, se. 2.} Je tremble àyoxii nommer Tennemi qui m*opprirae.

(Mithridate, acte I, se. 2.)

Mais Féraud est d'avis que le de est préférable; et, en effet, puisque, avec le verbe craindre, cette préposition est toujours employée, pourquoi trembler ^ dans cette signification, ne prendrait-il pas le même régime?

Tacher.

Voyez plos bas, page 645.

Se trouver bien (avoir sujet d'être content) :

Vous VOQS trouverez bien de les avoir suivis.

(Tb. Corneille, Ariane, acte II, se. S.)

— On dit, dans nn sens contraire, se trouver mal, avec le même régime. A. L. Se vanter : « Le monde se vante de faire des heureux. » (BIais* sillon.)

Je ne me t;anfe pas de le poavoir flécbir.

(Goroeille, Pompée, acte IV, se. 2.)

Ferbes régissant un autre Verbe à V Infinitif à l'aide de la Préposition k ou de la Prq^sition de , suivant V acception que Von donne . au Ferbe régissant.

QuATRiàMEMEnT. — Un verbe peut restreindre ou déterminer la signification d'un autre verbe à l'infinitif, à l'aide de la préposition à ou de la préposition de , suivant l'acception que l'on donne au verbe régissant.

Les verbes qui changent de signification, selon qu'ils sont suivis

840 VERBES RiGlSSANT UN AUTRE VERBE A L'iNFIinTIP

de la préposition â ou de la préposition ie^ et d'tm infinitif, sont accoutumer, commencer, canHnuery ié/ier, $^ efforcer^ être, iaUter^ i^occuper, manquer, obliger, oublier, risquer, tâcher ^ euager et venir.

AccouTUHBR, employé activement et suivi d'un infinitif» légit k préposition d : « D ne faut pas accoutumer les peuples à prendre ks « rèneSy à murmurer. »

Et rindigoe prison où Je toii renfermé^

A la voir de pliii près m'a même acewUumé»

(Racine, Bajaset, acte II, se. 6.) Employé pronominalement, il régit aussi la préposition d : c flest « bon de 2^' accoutumer à profiter du mal, à supporter les outrages « de la fortune, à souffrir la vérité. »

Descends du haat des deai, augoste vérité,

Que roreille des rois s'occoufiime à t'entendre.

(Voltaire, la Hmriaâe, ehaot I.) Hais employé neutralement dans le sens d^ avoir eoutume, ee verbe, devant un infinitif, demande la préposition de : « Elle joignait

< à l'ambition, assez ordinaire à son sexe, un courage et une suite « de conseils qu'on n'a pas accoutumé d'y trouver. » (Bossuet.) —

< n avait accoutumé d'aller. » (Académie.) — « Ces arbres avaient « accoutumé de produire beaucoup. » (Même autorité.)

Joint à êtrcy il demande à : c Les rois sont tuxouiumés d avoir « des gens chargés de penser pour eux. » (Fléchier.)

Voyez aui Remarques détaehiei ce que nous disons sur l'emploi de TexpressM» avoir eoutwM,

Commencer. Ménage, Bouhours, Th. Corneille, Wailly et l'Académie admettent avec ce verbe â ou de pour régime.

Je commence à roagir de mon oisiveté.

(Racine^ Phèdre, acte I, se. i.) Ses transports dès longtemps commencent d'éclaler.

(Racine, Britannicus, acte III, se. i .}

Et beaucoup d'écrivains l'ont employé ainsi. Mais Marmontel et M. Laveaux établissent entre commencer à et commencer de une distinction qui nous parait très judicieuse.

Commencer d, disent-ils, désigne une acticm qui aura du progrès, de Taccroissement vers un but :

Le sommeil sar ses yeux commence à s'épancher.

(Boilean, saUre VIH.)

A l'aide DS la PRÉP081TI0H â OU DE LA PRÉPOSITION de. 641

J*adore le Seigneur, on m'explique sa loi ; Dans son Hyto dlYln on m'apprend A la lire, El déjÀ de ma main Je eofnmenee à l'écrire.

(Racine, Athaliet acte 11, se. 7.)

Commencer de peint une action présentée comme pouvant ou devant être continuée jusqu'à la fin, et non comme tendant à un Iml:

Poisque j*at eommmci de rompre le silence.

(Racine, Phèdre, aèle U, se. 2.) Albe, oA J'ai eonmencé de respirer le Joar.

(CoroelUe, Horace, acte!, se 1.)

Àinsiy on dit d'un enflauity il commence à parler, d marcher y etc.; et, d'un orateur, il commença de parler d quaire 'heures, et ne finii qu'ddix.

GoifTiNUER demande d devant un infinitif, lorsqu'on veut exprimer que l'on fait une chose sans interruption; et de, lorsque l'on veut exprimer qu'on la fait avec interruption, en la reprenant de temps en temps. On doit donc dire, eonHnuez dbienvivreypwrce que l'on ne doitpascesser de bien vivre, et continuez devons former le tlÉylCf plutôt qu'à vous former le style, parœ que le travail nécessaire pour se former le style est évidemment interrompu et repris.

Continuer d exprime le terme où aboutit la continuité; continuer de présente le résultat. (Marmûntel.)

Cette différence, entre ces deux expressions, semble être consacrée par les écrivains : < Sésostris continuait de me regarder d'un œil « de complaisance. » (Fénelom, Télàn.)

Penses- vous qae Galchas eonSinve à se taire ?

(Racine, Iphiginie, acte I, se. 3.;

ff Pourquoi continuer d vivre pour être chagrin de tout, et pour « blâmer tout depuis le matin jusqu'au soir. » (Fiênblon.)— << Quoi- « que j'aie à me plaindre de Madame, je continue de la voir, « elle « eonimue de m'écrire. » (Racine.) — < Ils sont coupables d'avoir « continué de persécuta la maison de Port-Royal. » (Pascal.) — < « laissez parler, et continuez d'agir. » (La Brutère.)

Défier, signifiant provoquer, faire un défi, régit d : c Défier « quelqu'un d boire. » (L'Académie.) — Signifiant : mettre quelqu'un à pis faire; ou déclarer qu'on regarde une chose comme impossible, il régit de : c Je vous défie de faire cela. » — < Je vous < défie de deviner. » (L'Académie.)

642 Tnnss régimant un Aune vkrvb a L'iNFinrn f

yote le défier de me pouvoir larprendre.

(Volière, PÉeoh ëê§ Maris, acte II, te. S.) Jo défiais ses yeui de me troubler jamais.

(Racine, j4ndromaqus,àciel, se. f.)

S'efforcer. Ce verbe, signifiant employer toute sa forée à faire quelque choses prend la préposition à: «Ne vous efforeex* foini à « parler. » — «Il s'est e^orc^ d courir. » (L'Académie.)

Signifiant employer toutes ses facultés intellectuelles peur parvenir d une fin, il prend à aussi bien que de.

Et ce lAche attentat n'est qu'un trait de renvie Qui %* efforce à noircir une si belle Tie. (Corneille.)

Laissez-moi m*efforcer, cruel, à vous haïr. (Voltaire, l*Jndieerei. ; Ah! l'on t^e/foree en laln de me fermer la bouche.

(Racine, Britannieus, aetelli, se. 3.) Quand ou autre à rinslant s'efforçant de passer.

(Boileau, satire YL) ^ Dana ce second cas l'Académie ne donne d'exemples que du régSne de^ tl c'est sans contredit le plus usité. Mais dans le premier cas elle admet les deux pré positions, et elle dit : S'efforcer de soulever un fardeau. A. L.

ÊTRE. Wailly et Féraud sont d'avis que ce verbe joint à ce, r^t à ou de devant un infinitif, mais que l'oreille çt le goût doivent être consultés pour le choix de l'une de ces deux prépositions. Ainsi ils veulent que l'on préfère de^ quand le verbe à l'infinitif commence par une voyelle : c'est d nous d* obéir, et non pas, c'est d nous d obéir; ou bien eneore pour éviter la rencontre de plusieurs d : C*est d lui de se confonner d la volonté des magistrats, et non pas^ c*est d lui à se conformer.

Il nous semble quec'es^ d vous d, éveille l'idée de tour :

« C'est à vous d faire. » (L'Académie an mot faire ) — « C'est à « mon tour à parler. » (L'Académie au mot parler,) — « C'est à fous « à parler après moi. » (Domergue.)

£t c'es4 d vous de , une idée de droit ou encore une idée de devoir : « C'est au maître de parler et au disciple d'écouter. » (379 &w.i

(S79 bis.) Laveaux s'exprfane autrement, et son opinion mériu d'ètra laise i les yeux de nos lecteurs.

Il faut, dit ce grammairien, employer d lorsqu'il s'agit d'une action à faire par le sujet ; et de, lorsque le sujet ue doit pas agir, mais rester seulement dans un état passif.

Ainsi roD dit Mon, c'estau maître à parler, parce qu'il est questton d'une aeOoa

A L'AIM ra hX PRÉPOSITIOM d ou DS LA PRÉPCftlTlOM de. 643

(DOMSKOUE.) — c C'est aux lectears de toates les nations de pronon- « esr entre l'un et Fautre. »

(VoiulM, dans m0 avert. nir la trag. d6 JultM CâMt^^pK Sbakaptare.) Ceit à moi d'obéir, paifqae foos commandez.

(GorneiUe, PolywcUf acte l, ic. 4.) lia fitte, e'eti à fumt dtf monUcr qai nous lommes.

(Hacine, IphigénU, acte II, le. 4.) Cmî à V amour de rapprocher Ce que lépare la fortune. (J . -B. Rouiseau, cantate XIX. )

Laisssr, dans la signification de IransmeUre^ prend la préposition à devant un infinitif :

Va, ne me lai$9e point an héros à venger.

(Voltaire, le Triumoitai, acte V, ac. dernière.)

Dans la signification de ce$$ery $' abstenir^ dùcùvoimitr^ et avec la négative» laisser, devant un infinitif » se met avec la proposition de : a Lorsqu'il semblait céder» il ne laissait pas de se faire craindre. » (Fléchibr.) ~ « Au sein des grandeurs» il ne laiese pas d'aimer « Topprobr^de Jésus-Ghrist. > (Massillon.)

Manquer. Dans le sens de ne pas floiire ce que l'on doit à l'égard de quelqu'un ou de quelque chose» ce verbe dematide la ]H*éposition à devant un infinitif : « On mésestime celui qui manque é remplir ses « devoirs. » (Waillt.)

Dans le sens d'omeg-ç» oiji;^ il demande

la préposition de : « Qui cherche Dieu de bonne foi ne man^Vf jamais «( de le trouver. » (Bossubt.) — < « On ne peut manquer d'être honoré « des hommes» quand on les tient par rintérét. » (Fléchier.)

Dans le sens de faittir, être sur le point de, on se sert aussi de la préposition de» quoique le sens soit afiirmatif : Il a manqué de êomber, (L'Académie» Trévoux et Féraud.)

S'occuper. On dit s'occuper â et s'occuper de. Le premier se met avec les verbes» le second avec les substantif^. On ne peut pas toujours travailler, prier, lire : n vaut mieux s'occuper à Jouer qu'à médire. (BoHeau, latlre X.) Tandis que tout «'occupe d me persécuter.

(Racine, MithriâaXe, acte III, se. ].]

qm doit faire le maître ; c'etC ou disoipt$ d' écouter ^ parce que le disciple doit rester dans on état passif; dans ce dernier cas, le de n'est pas mis pour éviter l'hiatus, ce que Ton ne doit jamais faire aux dépens de la préposition, mais il est mis pour marquer KéUt.

644 TERBES RÉ6I8SÀMT €N AUTRE VERBE A L'INFINITIF

« L'Momme n'aime pas à »* occuper de son néaiit, de sa bassesse. » (Massillon.) — « Dans les jours de trouble et de deuil, on se ren- « ferme tout en soi-même et l'on s*occupe de sa douleur.i*(FLÉCHiE&.)

L'Académie dit s'occuper de son jardin, et s^oceuper à son jardm. Le second exemple ne peut être bon que comme phrase elliptique : s'occuper à son jardin, c'est-À-dire, s'occuper à travaiUer à son jardin. On peut s'occuper de son jardin, sans s'occuper à son jardin,

— L'Académie admet les deux préposilions devanl on infiniUf, selon le aeu de s'oeeuper; ainsi oo dira : « U s*oceupe de détruire les abus; » il y songe, il ei cheiche les moyeoi ; et, « il s*oeeupe à détruire les abus ; » Il 7 travanie. H et ai de même avec les labstanUb. A. L.

Obliger. Dans le sens d'imposer l'obligation de dire ou de faire qudque chose, ce verbe prend aou.de: € La, loi naturelle nous obU^ « à honorer père et mère. » .-r- < Mon zèle m'oblige aujourd'hui d « TOUS donner un conseil salutaire. » (Barthélémy, Introd. au Fogage d'Jnaeharsis, 2" part. ) — « Dieu nous a caché le moment « de noire mort^ pour nous obliger d'avoir attention à tous les mo- « ments de notre vie. » (La Rochefoucauld, au mot mort, u!^ 8.)

Dans le sens de rendre service, faire plaisir ^ il ne veut ôtre suivi que de la préposition de : « Tous m'obligerez beaucoup de me recom- « mander à mes juges. > (L'Académie.)

Avec le passif, de est également la préposition que l'on doirpréc L'été, les Groenlandais ne sont guère plus à l'aise que Thi-

ver, car ils sont obligés de vivre continuellement dans une éter- « nelle fiunée, afin de se garantir de la piqûre des moucherons. «

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