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DE L'INDICATIF ET DE L'EMPLOI DES TEMPS DE CE MODE

Le mode indicatif est la manière d'exprimer le présent, le passé et le futur, avec affirmation pure et simple. On l'appelle indicoHf, parce qu'on indique ce qu'on affirme d'une chose,- d'une manière directe, positive et indépendante^ quel que soit le temps auquel cette

tt4 UV FRÉMrr ABBOLtJ.

afBnnatioo se rapporte. 11 est oomposé de hait temps, qnï &aài : le pristni oftf o/u, Vimparfait, le prétérii défini, leptèfrU indéfith, le fréUrU auMneur^ le plui-que-parfaUy le fiUur absolu^ le /kkirpasii.

(Retuat, page 224. — Léviiac, page t7, c. IL — Wlfllr, page &2.) ]o DU PRÉSENT ABSOLU.

I. Le présent absolu marque qu'une chose est ou se fait dans le moment de la parole. Il ne peut y avoir qu'un présent, parce que le moment actuel ne peut être plus ou moins présent. Ainsi^ quand je dis, /ecrîs, c'est comme si je disais, aciuellemenl f écris. Ce temps est un présent absolu et sans dépendance.

(WaiUj, page &s. — Reataot, page 211.— LéTiiac, page 17. L IL)

II. On se sert encore du présent absolu pour exprimer une chose que Ton fait habituellement, ou Tétat habituel d'un sujet : <c II aime « la paix; il bUme tous les excès; il jouit des heureux chaDgemeotâ « qui viennent de s'opérer. » {uèmn aotcritéa.)

m. Pour marquer des choses qui sont et qui seront toujours ▼raies : c Dieu est éternel; sa puissance est sans bornes, et sa c!éw mence est grande. » (Mémei autoriut.)

IV. Au lieu du futur, afin de donner plus de vivacité au discours :

Mes amis sont tout prèU : c'en est fait, il têt morU

(P. GoroeUle, Méraelius, acte Vf, M- 6.)

pour il mourra. -^ « /e suis de retour dans un moment. » (Molière, le Mariage forcé, acte 1, se. 1.) — « Mylord Fabridge est-il à Lon- « dres?— Non, mais il revient bientôt.)) (Voltaire, VÉcassaise, acte 1, se. 4.) pour il reviendra.

Toutefois cet emploi n'a lieu que relativement à un futur prochain, car on s'exprimerait mal si l'on disait : Jb succtoE à rnoii père »â5S

DBDX AHS.

Le présent absolu désigne encore le ftatur, quand il est précédé du mot 5f , exprimant une condition :

SI Titas a parlé, s'il Vépouie^ Je pars.

(Badne, Bérénice, aeia I, se. 3.) (WaUlnpage3&7.) — Notre langue n'a qu'une forme pour eiprimer les diOérentes naanees de It pensée dans les proposidons préeédées da si conditionnel : elle emploie tonjenn rindieaUr. Il n'en est pas de même en latin, ni dans quelques langues étrangères. Avec les auilllaires être et avoir, nous pouvons cependant, dans quelques cas, Taire usage du subjonctif : « Si je Veusse pensé ; si Je fusse arrivé plus tard. » Hais c*est une exception. Et quand le verbe de la proposiUon principale est au fulur^ celui de

DE l'uifarfait. M5

ta propoiiUoii co&ditioBMlle doil tooiom être m préiflnt. L« élmgerf se trompent toavent sur cette règle; Ito disent : ti wmâ viendrai» si J$ lirais eie. Yoiei plus loin ce qui est dit sur le fntur et le conditionnel, p. 662. A. L.

y. Enfin en foit usage du présent absolu pour exprimer un passée afin de réveiller rattention et de frapper fortement Timagination. Toi est ce passage de Racine :

J'ai yu, seigneur, J'ai tu yotre malheareui fils Traîné par les chevaux que sa main a nourris. Il veut les rappeler, cl sa voix les effraie, {Phèdre, acte V, se. G.)

Ce dernier vers est un tableau que la forme du présent met sous les yeux. Si Racine eût dit : il a voulu les rappeler, fiyiis sa voix les a effrayés^ ce n*eût été qu'un simple récit, (waiiiy, Re8lau^Léviz«c, eie.)

Toutefois, quand on emploie ainsi le présent absolu, il faut que les verbes qui sont en rapport, dans la même phrase, soient aussi au présent; dès lors les phrases suivantes ne sont pas correctes : « Le centurion envoyé par Mucien entre dans le port de Carthage; et « dès quHl fut débarqué il élève la voix, n II fallait, et dès ifu'H est débarqué il élève la voix. — « Tandis que le cardinal Mazarin ga- « gnait des batailles contre les ennemis de Tétat, les siens cwnbaUent « contre lui. » Dites gagne ^ combattent^ ou gagnait y combattaient.

(GondUUc, eh. XIX, page 24». — Sieard, page 94S, t. Il, et les autorités ci-deasos.) Cependant, lorsque la narration se prolonge, le changement des temps n'est plus une faute : c'est souvent un moyen de varier avec goût les effets du style. H«* de Sévigné, dans le récit de la mort de Vatel, nous offre un heureux exemple de cette variété : « Vatel attend quelque temps; les autres pourvoyeurs ne vinrent point. « Sa tète M'éehauffait; il crut qu'il n'y aurait point d'autre marée. Il trouva « Gourville , 11 lui dit : Monsieur, je ne survivrai point & cet affront-ci. Gourville « se moqua de lui. Vatel monte i sa chambre, met son épée contre la porte, et se « la passe au travers du cœur ; mais ce ne fut qu'au troisième coup (car il s'en « donna deux qui n'étalent pas mortels) qu'il tomba mort. Cependant la marée « ctrrive de tous côtés ; on cherche Vatel pour la distribuer ; on va i sa chambre; m on heurte, on enfonce la porte, on le trouve noyé dans son sang, etc. » Ce récit tont entier est un modèle du genre. Toutes les circonstances du fait, toutes les parties principales du tableau sont rendues par des verbes au présent : toutes les réflexions on explications sont exprimées par le passé. Et ces temps s'entremêlent sans Jamais former de disparate. C'est là le secret des bons écrivains. A. L.

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