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DU PLUS-QUE-PARFAIT

Le plus-que-parfait du subjonctif, comme le plus-que-parfait de rindieatif, marque qu'une chose est passée à Tégard d'une autre chose qui est aussi passée; il est susceptible aussi d'une signification future : < Je ne croyais pas que vous eussiez sitôt fini ; » sitôt fini exprime un passé ; mais dans cette phrase : Je voudrais que vous « eussiez fini quand je reviendrai ; » que vous eussiez fini exprime

un futur passé, nesuat, pages 227 et 332. — Lèrûac, page 100.:

CAS OU l'on doit FAIRE USAGE DU SUBJONCTIF.

L'indicatif est le mode de l'affirmation, le subjonctif est le mode de rindécisioQ, du doute. Ainsi le verbe de la proposition subordonnée se met à l'indicatif, lorsque le verbe de la proposition principale (382) exprime quelque chose de positif, d'afflrmatif ; et il se met au subjonctif quand le verbe de la proposition principale marque quelque chose d'indécis, de douteux, etc.

De ce principe général résultent les règles suivantes sur l'emploi du subjonctif.

Premièrement. — Le verbe de la proposition subordonnée se met au subjonctif quand le verbe de la proposition principale exprimera surprise, l'admiration, la volonté, le souhait, le consentement, la défense, le doute, la crainte, Tappréhension, le commandement ; parce qu'alors ce verbe ne marque rien d'afflrmatif, rien de positif à l'égard du verbe qui suit.

(Le P. Bofiler, o<> Si7. ^ Waillj, page 266. — Marmoiilel, page SU. — LéTiiac, page f 07. — Les Grammairiens modernes.)

Leg aatetin de la Grammaire nationale ramtoeni toutes cei sortes de \.'erbes à uoe seule idée, la volonté eiprimée sous forme de prière, de désir, de comman^ ësmMl, etc. îVoù ils tirent cette condusiOD, posée en principe, que « le véritable génie du subjonctif est d'indiquer une action ou une chose comme terme d'une

(883) On sait, comme nous l'avons dit, page 440, qu'on entend ^r proposition principale celle qui occupe le premier rang dans renonciation de la pensée, et par proposition incidente ou subordonnée celle qui est ajoutée à la proposiliar. principale pour la déterminer ou pour feipliquer*

€66 uu SDBioNcrir bt dk son emploi.

voionté oonlemie danf «M proposHIon aiiléo6d6&tc, qui peut ètn cxpthafa oa •iNH-aileiidae. » Ce principe est simple, bmIs il mus semble prèsenler qoel^ae embaiTds dans l'analyse, car oa ne comprend pas faenemeot comnMnt les Terbei qui marquent la surprise, la crainte, le doute, se rattachent à la Tolonté. Attachons-nous donc plutôt à diercher dans le iiibJoocUf Teipression sabordouiée des faits incertains, indécis. A. L.

On dira donc d'après cette règle : c Je permets, je souhaite, je « doute, je veux, j'ordonne, je crains, je désire que tous aimies. ■ (Voltaire, Comment sur le Menteur de P. Corneille, act. III, se. 3.; — a Je tremble, j'appréhende, je crains, j'ai peur qu'il ne vienne.* (FÉRAUD, Gattel, m. Laveaui et l'Académie, à chacun de ces mots.)

Vous brûlez que Je ne sois partie.

(Racine, Iphiginie, acte II, se. 6.)

Ici brûler est employé dans le sens de désirer ardemment.

ruémes autoriiéf.) GombaltanI à tos jeux, permettez que je meure.

(Racine, Mitkridate, acte III, se. 1.) Dèi œ même moment ordonnez que je parte,

(Racine, Miihridate, acte III, se f .) Vd« unilex que Je fkiie et que Je vous évite.

(Le mtoe, Mithridate, acte II, te. 3.) To twiM? qu'en ta faveur nous croyions Timpossible.

(P. Corneille, le Cid, actelT, ee. t.) Obéis, si tu veux qu'on Vobéisie un Jour.

(Voltaire, siance 28 du Recueil de Stances ou Quairedsu,)

« Je dotOa, je nie que cela eaU. » (L'Académie, Boiste, M. Lavbaox.; •^ « Nier qu'il y ait des peines et des récompenses après le tréftti, « c'est nier l'existence de Dieu, puisque, s'il existe, il doit être néees* sairement bon et juste. » ( De S4INTe-Foix, Essais sur Paris, t. Y.)

Prends garde que Jamais l'astre qui nous éclaire Ne te voie en ces lieux mettre un pied téméraire.

(Racine, Phèdre, acte IV, te. 3.)

« La pluie empêcha qu'on ne s*allàt promener. » (L'Académie, Wraud, Gattel et Boiste.)

Je consens que mes yeux soieni toujours abusés.

(Racine, Phèdre, acte V, se. dernière.)

tt Je consens que vous le fassiez. » (L'Académie, Féraud, Gattei. et Boiste.)— « ïaime mieux qu'Acante soit méchant que si je l'étais. «

DU StIBJONCTIP ET DE SON EMPLOI . 607

{TéUtnaque^ liv. XIX.) — « Je m'éUmne (383) qu'il ne voie pas le « danger où il est. » — « Je suis ravi qae cda soit ainsi. » (L'Académie.) — « Il s'étonne qu'on ait pu vivre en de tels temps. » (La BnuTiRE.)

. . . • Je mis ravi que uoot logions ensemble.

(Destouchei, le Glorieux, acte II, se. 3.) Souffrez (384) que Bajazet voie enfin la lumière.

(Racine, Bajazet, acle I, se. 2.)

Parce que, dans ces exemples, la proposition principale exprime ou la surprise, ou l'admiration, ou le souhait, ou la volonté; en un mot, une idée dont le résultat a quelque chose d'indécis, de douteul.

Mais on dirait avec le mode indicatif : « Je pense, je soupçonne, 0 je crois, je dis, je soutiens, je présume, j'imagine que vous avez « appris les mathématiques. » — c Je gage (385), je parie que cela « est » (L'Académie, aux mots gfayncr, paner. Féraud, Gattel.) — € J'ai toujours détesté l'ingratitude, et si j'avais des obligations au

(383) S'iTONNu. Quelques auteurs, tels que le P. Rapin, le P. Slcard etLeibnilz, ont fait régir IMndicatif à ce verbe; mais, comme le fait très bien obsenrer Féraud, cette faute ne serait pas tolérée à présent.

S'étonner qu'une cbose se fasse, c'est trouver qu'il n'est pas facile qu'elle se fasse, c'est douter qu'elle se fasse : alors le subjonctif est impérieusement eiigé.

(384) SouFTRii. Plusieurs écri Tains, anciens et modernes, ont mis ao lieu du subjonctif la préposition de atec rinfinltif : « Luther ne souffrit pas A Bncer de « dire que. ^ (Bo«uet.) — « Gomment pouTait-on leur souffrir (aui chrétiens) de détester les infamies du théAtre. • (Fleury.)

- Souffret à moo amour

De TOUS entretenir avant la fin du jour. (MoliéreO

L'usage présent condamne ce régime. (Féraud, Diet. crit.) (386) On dit /a gage, je parie que cela est, et non pas que cela soit, parée 4u*il n'est pas nécessaire, pour que Ton fasse usage de TindicaUf, que la chose que Ton affirme être soit réellement; il suffit que l'on affirme être persuadé de son existence : or, lorsqu'on propose de gager, de parier qu'une chose est, certainement c'est affirmer que l'on croit à son eiislence. L'Académie a donc eu raison de dire (aux mots gager et parier]: je gage, je parie que ee/assT; et les personnes qui pensent qu'elle aurait dû dire que cela soit sont en opposition avec l'Académie , Féraud, Laveaux, Planche, Gattel, les principes et l'usage.

Observez avec Roubaud que gager se dit quand il s'agit de vérifier, d'accomplir un point, on fait, dans la croyance ou la persuasion qiie votre opinion est bonne.

6tt DU 8IIBI0HGTIF R DE SON EMPLOI

c diable, je croit que je dirai» du bien de ses oonies. » (VmtairiO

«. • . Je sens que» milgré ton oflènie,

lies eDlrailles pour loi se troublent per aftiice.

(Racine, Phèdre, acte HT, se. a.) Je vois que Totre cœur m'applaudit en seoeL

(Le même, Bérénice, acte I, te. 5»)

c Si rame avait «on^^. qu'elle est l'image de Dieu, elle se serait « tenue à lui, comme au seul appui de son être. » (Bossuet.) Parce qu'ici le verbe de la proposition principale exprime l'affirmation d'une manière directe, positive.

Deuxièmement. — On met le verbe de la proposition subordonnée au subjonctif, si la proposition principale est négative ou interne gative, parce que cette sorte de proposition exprime le doute, Tiacertitude, etc. : « Je ne pense pas, je ne soupçonne pas, je ne crois « pas que vous ayez appris les mathématiques. «(L'Âcadâaaie, ftr RAUD, Gattel et les Grammairiens modernes.)

« Je ne gage pas, je ne parie pas que cela sait. > — c Je n'ai em- « ployé aucune fiction qui ne soit une image sensible de la vérité. ■ (Voltaire, £$$ai sur lapoésie épique.) — c Je ne voudrais pas as- < surer qu'on le doive écrire. » (Boileau, à la fin de sa 8* réflexion sur Longin.) — « Pensez-yons qu'en formant la république des « abeilles. Dieu n'ait pas voulu instruire les rois à commander avec « douceur, et les sujets à obéir avec amour? » — c Soupçonnez- « vous, croyejs-vous, présumez-yoxxs que ce soit mon firère qui c m'ait écrit. »

Ali ! madame» est-W vrai qu'un roi fier et terrible Aux charmes de vos yeux soit dey tnii sensible? Que l'bymen aujourd'hui doive combler ses vœux ?

(Grébillon, Rhad. et Zén., aclel, se. 2.) Doutes-lu qu*H ne veuille implorer ma clémence?

(Th. Corneille^ le Comte d'Eeeeœ, aete III, «e. %.)

que votre prétention est juste, et que parier se dit quand il s'agit d'événements contingents, douteux^ dépendants, du moins en parUe, du hasard ou des causes étran^ gères, dans l'espérance que le sort favorisera votre parU, que votre parU l'emportera.

L' amour-propre est ordinairement plus intéressé dans les gageures quels cupidité, on veut avoir raison ; la cupidité l'est bien davantage dans les paris, on vent gagner de l'argeul.

DU SUBIORGl iP' ST DE 801V EMPLOI. 669

c Je fM crois pas, oa croyejr-vous qu'il vienne. » (L'Académie el tous les Grammairiens modernes. )

Oro«#-ta que dans son cœur il atïjurésa mort?

(Racine, Andromaque, acte III, se. S.)

< L'homme, pour qui tout renaît, sera-t-il le seul qui m^ur^ pour

< ne jamais revivre? > (Le Tourneur, trad. d'Young, 9* nuit.)-*

< Dieu Juste, seraiY-il vrai que tu visses avec indifférence le crime « triomphant et la vertu souffrante? » (Le même, lO"* nuit. )

Voyez aux Remarques détaehéeê pour quel motif les deux yerbes dis$imuîer et ignorer demandent dans le sens négatif le yerbe de la proposition sabordonnée à l'indicatif, et dans le sens affirmalif le demandent au subjonctif.

Remarque. — Quelquefois on n'emploie Tinterrogation que pour affirmer ou nier avec plus d'énergie; on n'interroge alors que pour le seul fait oratoire, pour communiquer aux autres le sentiment qu'on éprouve. C'est une simple formule, c'est l'interrogation des rhéteurs. Dans ce cas, le verbe de la proposition subordonnée se met à l'indicatif, puisqu'il n'exprime point le doute : < Croyez-youB que « les Limousins sont des sots, que les Parisiens sont des bétes? » oe qui veut dire : Êtes-vous assez simple pour croire que les Limousins sont des sots, que les Parisiens sont des bétes?

Croirai-ie qu'un mortel, avant sa dernière beure, Patif pénétrer des morts la profonde demeure?

(Racine, Phèdre, acte II, te. 1.) .... Madame, oubliex-vous Que Thésée est mon père, et qu'il est votre époux P

(Racine, Phèdre, acle II, se. 5.)

Et sur quoi ju^0s-voos que j'en perds la mémoire.^

(Même scène.) Croirai'je qu'une nuit a pu vous ébranler ?

(Le même, Iphigénie, acte 1, se. 3.)

CVot>-lu que toujours ferme au bord do précipice. Bile potirra marcher sans que le pied lui glisse? (Rolleau, satire X.) (M. Lemare, M. Maugard et M. Auger dans son Comment, sitr le Sicilien de Molière, se. 14.)

Troisièmembnt. — On met le verbe de la proposition subordonnée à l'indicatif avec hy&rhe prétendre (dans le sens de croirey soutenir), et avec le verbe entendre (dans le sens d'ouïr, comprendre) : t Je

< prétends que cela n^est pas vrai. » — a ie prétends que son droit « est incontestable. » (L'Académie. ) — « Au son de la voix^ y entends « que c'est votre frère. > (Môme autorité. )

670 va SUMHCCTIF BT M son BHPUM

Mais w^ecpritendreeiefaendreiûan^lesemAewmlùir, o^émner) on fait usage da subjonctif: < Je prétende que Ton /ioisesiiD devuir.» (FÉRÀUDy Gattel et M. Lateaux.)

De lai seul il prétend qu'on reçoive U loi. (Bolletu. salirt XL)

« U prélend que tout vienne et dépende de lui. » (Voltaire.)-- « Vmknde que vous lui obéiêiiex. » ( L'Académie , Féraud et Gat- TBL. ) — € Non, s'il vous plaît, je n^entends pas que vous fassiez de • dépense, et que vous envijyiez rien acheter pour moi. > (Moleêre, PourceaugnaCj acte I, se. 10. )

Quatrièmement. — On met le verbe de la proposition subordonnée au subjonctif après les verbes unipersonnels , ou après ceai qui sont employés unipersonnellement : « Il importe que vous y € soyez. » — ^ Il vaut mieux qu'il ne vienne point. » — « // re- « pugne que cela soit ainsi. »

// suffit que tous me commandies.

(Racine, IphigénieyàCtey, se, 3.) Il Mf Juste, grand roi, qu'un meurtrier périsse,

(P. Coraeilie, U Cid,èt!lt U, te 7.)

« Monsieur, il est impossible que vous voyiez à présent ma mal- « tresse : elle est dans l'affliction la plus cruelle. » (Voltaire, VÉcossaisey acte 111, se. 8. )

U faut eu excepter : il s' ensuit^ il résulte y il arrive , et les verbes unipersonnels dans la composition desquels se trouve un adjectif qui exprime une idée positive; tels que il est évident, certain, sùr^ vrai , etc. ; ces verbes alors n'exigent le subjonctif que lorsqu'ils sont interrogatifs ou accompagnés d'une négation. On dira donc: « Il est vrai, sûr y certain que vous êtes mon ami. i — « // arria « souvent qu'on est trompé. »

Et : < 11 n* est pas vrai, sûr^ certain que vous soyez mon ami. > — « Il Vl arrive pas souvent qu'on soit trompé par ses amis. »

Après l'impersonnel t7 suffit ^ la régie générale est de mettre le subjonctif, et r Académie n'indique pas d'eiceplions. aussi La Harpe regarde-t*ll comme un sok; dsme celte phrase de Racine (Andromaxiue, acte IV, se. 3; :

Ne TOUS suffit-il pas que je l'ai condamné?... Que Je le Aat<;eDQo, seigneur, que Je Vatmui?

Cependant nous remarquerons que La Harpe laisse passer sans obserratloii cet vers du même poète {Mithridate^ acte 1 , se. 1 .)

Qu'il le solDie doue, pour me Jo^tifler, Que Jo viSj que y aimai ta reioe le premier.

Et en effet dans ce second cas, le subjonctif ferait une sorte de fou leoi. f ^ poêle.

DU SUBJORGTIV BT Dt gON EMPLOI. 871

par ime eUipte q«i loi ot faminère, retrandie l'idée latcnnédlaSn que resiwil peut ayémeiit suppléer, qu'il U suffise de savoir, d'apprendre que je vis, ete. Bans la premier exemple, ou pourrait supposer la même ellipse, mais elle n'est peut-être pas aussi bien motivée, et d'ailleurs la forme interrogatlve et négative de la phrase rend l'indicatif un peu plus dur a l'oreille. Nous concluons de là que Plndicatlf après il suffU ne peut être employé que dans certains cas exceptionnels et fort rares ; ce qui nê^ détruit pas la règle générale. A. L.

Cinquièmement. — Le verbe sembler^ employé avec Tun des pronoms ifif, Uy nous, vous y lui, leur^ demande le verbe delà proposition subordonnée à l'indicatif, parce que dans ce cas sembler répond à je crois ^ il marque^ de même que ce verbe, une affirmation : « Wtne semble que je le vois, » ( L'Académie. ) ^-* « 11 me semble qu'il « n'y a pas de plus grande jouissance que celle de foire des heu- « reux. »

Ce n'est pu seulement avec un pronom, mais avec tout antre régime, que ce verbe demande après lui un indicaUf :

11 semble a troii gredios, dans leur petit eerveau

Qu'avec leur plume ils font les destins des couronnes, etc.

(Molière, Us Femmes Savantes , IV, 8.) A. L.

Mais aussi, d'après la règle établie plus haut, ce verbe demande le subjonctif quand il est employé avec une négation ou une interrogation : « Il ne me semble pas que Ton puisse penser différem- « ment. »

Eh quoi ! te «amdie-t-il que la triste Bryphiie Doive élre de leur joie un témoin si tranquille ?

(Kacîne, Iphiginie, acte II, se. 1.)

Lorsque ce verbe est employé sans un des pronoms dont nous venons de parler, Féraud et l'Académie sont d*avis de mettre le verbe de la proposition subordonnée au subjonctif : « Il semble, à

< vous entendre , que je vous en doive de reste. » ( L'Académie. ) *--

< Il semble que vous n'ayez rien vu. » (Féraub.) — c II semble que c ce mal soit sans remède. » (M. Laveaux. )

Le P. Buffler , Ménage, Th. Corneille, Wailly laissent néanmoins le choix d'employer l'indicatif ou le subjonctif; et, en effet, plusieurs écrivains ont foit, dans ce cas, usage tantôt de l'un, tantôt de l'autre.

Mais comme il semble, sans pronom, n'est point une affirmation, qu'il exprime un doute, une incertitude, et comme beaucoup d'écrivains ont, avec cette expression, fait usage du subjonctif , nous pensons avec Féraud et l'Académie, dont nous venons d'invoquer rautorité, que ce mode est préférable.

^75t DU somoNCTir bt dk soif kmploi.

Voici les exemples que nous avons choisis parmi tous ceux que nos recherches nous ont procurés : « // semble que les grandes en- « treprises soieni parmi nous plus diJDSciles à mener que chez les

< anciens. » (Montesquieu, Grandeur et Décadence àe» R^ tnaîfMjCh. 21.)

..... nftfm^toif qu'an spectacle M doux df'aUendît eo ces Heox qu'an témoin tel que tous.

(Racine» Andromaqw, acte II, se. 4 J « // semble que la race de Thomme que Ton trouve en Laponie e! « sur les côtes septentrionales de la Tartarie soU une espèce parti-

< culière, dont tous les individus ne sont que des avortons. » (Bgf- FON, Hist. natur. de Vfumme. Variétés dans l'espèce humaine.) — « // semble que l'être qui pense soit abandonné et solitaire au milieu « de l'univers physique; et la pensée a besoin du commerce de la € pensée. » (Thomas, Éloge de Marc-Jurêle, p. 564.) — « iï sembU « que, pour humilier ceux qui cultivent les, sciences, Diea ait pcr- « mis que les plus belles découvertes aient été faites par hasard et

< par ceux qui devaient moins les faire. » (L. Racine, note 173 du poëme de la Religion, ch. V. ) — « // semble que l'auteur ait été em- « bairassé de cette situation forcée, qu'il ait voulu exprès se rendre « inintelligible. » (Voltaire, Comment, sur Rodogune.)

L'Académie, dans son noureaa Dictionnaire^ n'Indique aucune exception aux règles qui viennent d'être poséei. Cependant ces règles ne sont pas teHemeot absolues que les bons éciiTalns n'aient cru quelquerois pouvoir s'en affranchir. Et dTabord, si le verbe Impersonnel sembler, suivi d'un régime, amène l'indicatif, parce qu'il indique une croyance, une persuasion, et non pas un doute, ne peut-il se faire que l'écrivain, omettant le régime, ait cependant l'intenlioa de s'exprimer d'une manière affirmative P JNous admettons donc, avec H. Dessiaux, les locations suivantes, qui nous paraissent régulières : « Il semble qu'on n'en doit pas fadlemeot penBcc» Ue la pratique. » (Pascal, Provinciales, lettre iZ^.) —mII semble que la logique est l'art de convaincre de quelque vérité. » (La Bruyère.) C'est donc le sois qui, es pareil cas, régie le mode du second verbe. D'où il suit que l'interrogation et la négative exigeront toujours le subjonctif. C'est par la même raison qu'on peut défendre aussi cette pbrase de M»« de Sévigné -, • Il me semble que mon cœur veuille se fendre. » C'est une supposition, un doute qu'elle exprime. Cette dernière exceplkiB a pourtant quelque chose d'insolite, et il serait mieux de retrancher le pronom.

On dirait, qui équivaut à il semble, paraîtrait demander aussi le subjonctif; on lit dans Boileau ( satire VI ) :

On dirait que le ciel, qui se fond tout en eau, Veuille inonder ces. lieux d'un déluge nouveau.

M SUBIOUCTir BT DE SON BMPBOI. tffS

Et dans son JrtpoéUque (ch. III) :

On dirait que pour plaire, inslrutt par la natore, Homère ait à Yénas dérobé la ceintore.

« On iKmtlque le livre des destins ait été ouvert à ee prophète, b

(BOSSUBT.)

On dirait, à vous voir attemblés en tnmaUe, Qae Rome des Gaulois craigne encore une insnlle.

(Grébilion, Catilina, acte IV, se. I .)

Mais encore y a-t-il quelque incertitude, puisque Boileau a dit aussi avec l'indicatif (s'adressant à Molière, et lui parlant de la rime): On dirait, quand ta veui, qa'elle te vient chercher, ^tire II.) Et dans sa V satire :

On dirait que le ciel est soumis à sa loi, E( que Dteu l'a pétri d'antre limon que mot (38(1. -— L'eipression on dirait équivaut ordinairement à cette phrase : A voir cela, on pourrait penser que, etc. Or^ le résultat de ceUe phrase est une croyance, une per- •aaaion. Il est donc régulier d'employer rindicatlf, et en effet, c'est la seule forme qu'on trouve dans les eiemples de l'Académie : « On dirait, à l'entendre, qull peut tout faire. • -^9 On eût dit qu'il était mort. » Cependant lorsqu'on veut In- I diquer moins une idée positive qu'une illusion, qu'un jeu de l'imagination, moins t une affirmation directe qu'un rapprochement ingénieux , alors le subjonctif doit | trouver plaiOe. A. L.

Sixièmement. — Quand la proposition subordonnée est liée à la proposition principale par un des pronoms relatifs qui, que, dont, où, etc. , il fout examiner si la proposition qui suit ce pronom exprime quelque chose de positif ou quelque chose d'incertain. Dans le premier cas on foit usage de l'indicatif, et dans le second, du subjonctif:

t» réponserai une femme qui me J'épouserai une femme qui me

plaira. ' plaise.

2« J'irai dans une retraite où Je sa- j J'Irai dans une retraite où Je sots rat tranquille. | tranquille.

t 30 Je te donnerai des raisons qui te : Je te donnerai des raisons qui te eonconvaincront. ' vainquent.

40 J^aspire à une place qui est | J'aspire â une place ftitsotfl agréa* agréable. ' ble.

ôo Montrei-mol le chemin qui eon- \ Montrez-moi un chemin ^t conduU à Paris. 1 duiêe à Paris.

(886) Voir aux Remarques détachées si ces deux expressions , on dirait d'un ftm, on dirait un fou, ont des acceptions dilTérentes.

DU SUBJOHCTIF ET BE SON BWLOI.

<• Ilf eoTtyérent ém dépatés qui eonstdièrent Apollon.

7e Je cherche quelqu'un quimerendra serrice.

8« Préférez des expreiilon» oA i'intlogle est unie à la clarté.

ils enYojèieol des d^palbfMj mmmitassent Apollon.

Je cherche qoelqa'on qui me rtndt service.

Préfférei des e^prenioBS oél*aDal«gie soit unie i la clarté.

ùàa& f épouserai une femme qui meplaira^ on emploie rinâic&tif paroe que Tidée est positive; il s'agit d'une femme que j*ai en Yoe, je suis certain qu'elle me plaira. Dans f épouserai une femme qui me plaise, on se sert au contraire du subjonetif, parce que Tidée est indéterminée; j'ai le désir de prendre une femme, mais je ne sais pas laquelle ; je suis par conséquent incertain si elle me plaira. II en est de même des autres phrases, c'est l'idée qu'on yeat expriiaer qui détermine le choix de l'indicatif ou du subjonctif. (m. Loure.)

Septièmement. — On met le verbe de la proposition subordonnée au subjonctif, lorsque le pronom relatif qui a pour antécédent od Substantif modifié par un adjectif employé au superlatif relatif, c'està-dire, par un adjectif précédé d'un des mots le p/us, le moins, le mieux y la plus^ la moins ^ la mieux, les plus y les moins, etc.

me bis.)

« Si ma religion était fausse, je l'avoue^ voilà le piège le mma c dressé qu'il soit possible d'imaginer. » (La Brutèrb, chap. XVI.) — ' « Cet homme , caché dans son désert, enveloppé dans sa vertu, u. devint un des plus nobles instruments dont Dieu se soU servi dans « son Église pour faire éclater sa puissance. » (Fléchier, Pemégf' ri^ de saini Vincent de Paule.) *~ <( Le plus grand théâtre qu'il y K ait pour la vertu, c'est la conscience. » (D'Oliybt, Pensées de dcéron sur la conscience.) — « L'Évangile est \eplus beau présent que K Dieu ait pu faire aux hommes. » (Montesquieu.) — « La reUgion K est toujours le meilleur garant que l'on puisse avoir des mœurs < des hommes. » (Montesquieu, Grandeur et déc. des Jiomains , chap. X.)

Pour quela règle soH applicable, il faMnéàDiDOins que le Terbe subordonné dépende iirectemeot du superlaUf et explique en quelque sorte un fait inooiafo : aalremenl, ,on peut faire usage du mode de rafflrmaUon quand on veut eiprimer une Idée p»iUve, ou quand la proposition est locidenle. Voici plusieiiri ucirpl^ dédiift :

Ces! te moindre leerel qu*il pouvait doos apprendre. (Racâoe^

(366 bis) Il faut se rappeler que 1$ meilleur, le pire, le moindre exprimeai m«s «euU un superlatif.

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