‹ Grammaire des grammairesChapitre 194 sur 203 · DU SUBJONCTIF KT DE SOI»( EMPLOI. VH · texte numérisé non relu

DU SUBJONCTIF KT DE SOI»( EMPLOI. VH

^oi que vons éf riviei, éditez la bassesse.

(Bofletu, VArt poiiiq^e, duiDl I.> Qtioi f u'on dïM, an ânon ne derlendra qa'oo Ane. (Gfoieller.)

Neuvièmement. — La locution adverbiale si. , . que exige ^ussi le subjonctif, lorsqu'elle est employée pour quelque que :

SI mince qa't7 puisse élre, un cbeven fait de Tombre. (Villefré.)

Ou bien lorsqu'il y a une négation avant et après $i : « 11 n'a pas

« été si leste qu'il ne soit tombé. » (WaiUy, page wo. — Fabro, page 244.)

Ou encore lorsque la conjonction si est remplacée par que dans le second membre de la phrase, parce qu'alors que exprime le doute. « Si, les hommes étaient sages et qu'ils suivissent les lumières de « la raison, ils s'épargneraient bien des chagrins. » Ou enfin quand si conditionnel tombe sur un adjectif joint au verbe êtrey et que la phrase subordonnée est liée à la principale par un pronom relatif :

lion fabordonnée à l'Indicatif : bien entendu que, à la charge que, à condition que, de même que, ainsi que, à mesure que, €ntêH bien que, autant que, non plui que, outre que, parce que, à cause que, attendu que, vu que, puisque, pendant que, tandis que, durant que, tant que, depuis que, dis que^ aussitôt que, à mesure que, peut-être que,

ConjoncUoDi ou locuUoos conjonctives qui veulent toujours le subjonctif : afin que, à moins que, avant que, en cas que, au cas que, bien que, quoique, de peur que, de crainte que, encore que, jusqu'à ce que, loin que, non que, nonob' étant que, maigri que, posé que, pour que, pourvu que, sans que, si peu que, si tant est que, soit que, supposé que, et que, dans le sens de à moins que, avant que, soit que, afin que, sans que, de peur que, de crainte que,

(Wailly, page 268. — Lévizac, pages 232 et 234, t. II.)

Observez qne ce n'est pas le que mis à la suite de ces conjonctions qui est la cause du subjonctif ; ce sont les mots antécédents , qui tous expriment an acte de volonté. Qnand je dis : Fais que je t'estime, a fin que je sois triste d'être, etc.} c'est comme si je disais : Fais que je t'estime , youlant ou si rv viux que je sois triste.

Dans les pbrases suivantes : Si tu sors, et que tu fasses ce que je dis, turéus» sirasi c'est comme si je disais, et supposé que tu fasses,

Fiens que je te dise un mot, c'est-à-dire, afin que je te dise un mot,

(M. Lemare, page Ml, note 203, première édition.)

— n fliQt encore distinguer ici le sens de la phrase. Ainsi Bossuet a dit {orais, fiin, du prince de Condi) : « Le sang enivre le soldat jusqu'à ce que ce grand prince calma les courages émos. » — > Vertol (Rév, Rom,) : t S't7 est vrai que j'ai chassé les ennemis de votre Icrritofre, etc. » On voit que la pensée parfois échappe aux règles générales ; mais n'oublions pas pourtant que ce sont U des exoeptlons« ec qa'on ne doit \ti Imiter qu'avec une extrême réserve, A. L.

Cr>& M SCMONCTW BT W flOR EMPIiOl.

« Si TouB êtes content que je Tienne. » Demteie, tms diret: t il « est vrai qoe je euie mncère ; » et l'on vons répondra : « S'il est < vrai que tous $ayex sino^, explignez-TOus donc. »

(U Dicf. eriL deFéraod.)

DixiÈHEMENT. — On met au subjonctif le verbe de la proposition subordonnée après les conjonctions ou locutions conjonctives : avant ^uf, bien que, encore que^ fiio^rue, de peur que, en ea5 que, sam que^ au cas que, pourvu que, à mom$ que, pour que, $oU que, ifeei aseex que, il euffit que, etc., etc.

« Les plaisirs ne sont pas assez solides pour qu'on les mppirofm- « di$9e, il ne faut que les ei&eurer. »

Awintm^mt que Rome eût gravé douze tables, Miilus et TarqoiD n'étaient pas moina coopablea.

(1\ocine le fils, Poënu de la Heligian, diaal I.) Avant que Babylpne éprwvâl ma puissance.

(J. Racine, Bajaxet, acte lY^ se. 3.;

• Avant que je fusse venu. » (L'Académie.) (390)

Bien qu'à su déplaisirs mon âme campatiise,

(P. GorneUle, le Cid, aete II, se. 7.) Il fait bon craindre, enewr qw l'on Mit saint. (La Fostiiiie.)

« Encore que les rois de Thèbes fussent les plus puissants de tous « les rois de l'Egypte, jamais ils n'ont entrepris sur les dynasties « voisines. » (Bosscet, Discours sur VHisL univ., III* part.)

J}9 peur que ma présence eneor sait criminelle^

Je te laisse. . . . (Molière, V Étourdi^ acte I, se. 6.)

Il faudrait en prose : ne soit criminelle (391).

(390) Féraod fait observer qa 'il ne faat pas meUre indifféremment ammi que avec le sabjonctif, et avant que de ou avant de avec l'infinitif qnaad cet infinitif se rapporte au sujet de la proposition. Je lui ai payé cette somme £f un qvx di FAiTis ou AVART DE PARTIR, c'cst-à-dire, ovant que. je partiue; mais si Je voulais parler du départ de celui à qui j'ai payé la somme, il faudrait dire : Je hU ai payé cette somme avant Qu'i< partIt, ou avant eon départ^ et non pas avant de partir.

Voyez aux ObeervationM sur les Adverbes, si, avecatxifil gui!» il te* ne dans U phrase subordonnée.

(391) Molière, dans l'Éeole des Femmes (acte IV, se. 9), a dU ;

I<a nieiine^ quoique aux yeux eUe n'e^i pas si forte. i

Mais, comme le fait observer H. Angcr, dans son commentiAre, il faut: qmifue amùs yeux elle ne soit pas $i forte.

DU SUBIOMGTIP ET DS SOU BHFLOt. 879

Qià^iqw le ciel êoU joHe, 11 permet Wen founnt Que riofqotté rècne et marche en triomphaot.

(Voltaire, DonPèdr^ acteV^se. 1.) Mais, êoit 9tt'oB yleui respect pour le sang de leurs maîtres Parlai encor pour mol dans le cœar de ces traîtres.

(Voltaire, la ifmrtode.cbantlll.)

€ Au cas que cela $oU (392). » (L'Académie.) — « Les puirauMB « établies par le commerce.... s'élèvent peu à pou et sans que pcr- « sonne s'en aperçoive. » (Montesquieu , Grandeur dee JRomains , ch. IV.) — « Pourvu qu'on sache la passion dominante de quel- « qu'un, on est assuré de lui plaire. » — (Pascal, Penséee, part. I, art. 10.) — « Cest aesex que^ il suffit que vous soyez assuré. » (M. AuGER, Comment, sur Molièrey p. 357, t. HI.)

Rek ARQUES. — n arrive souvent que, pour donner plus de vivacité au discours, on supprime la proposition principale :

pue la foadre  vos yeai tb^ écrase si je mens 1

(P. Gomellle, le Mmteur, acte III, se. 6.)

Qu'ils nuureni peor lenr père.

Qu'ils meurent. Aussi bien Ils sont morts poarlear mère. (Longeplerre, Médés, acte IV, se. 8.) Que je fuie /ah ! Rhodope, ào comble de la gloire. Quand sur mes ennemis j'emporte la victoire! Que je fuie ! (Le même, Médie, acte V, se. 1 .)

Mais en rétablissant les ellipses, tout rentre dans l'ordre, et l'on voit qu'alors il faut toujours le subjonctif. Quelquefois aussi, non seulement le verbe de la proposition prin-

(3»2) Cas se dit pour aventure, eo^jeetwre^ oeeasiom on dit dans cette acception, au cas que^ A en cas de.

On disait aalrefois en cas que. Beauzèe troave one différence entre ces deax expressions en cas, au cas, et décide que l'on ne doit pas dire en cas que. Il motive son opinion par ce principe, que loat ce qui exige un antécédent le. suppose déterminé individuellement ; or il ne peut rêlre que par l'article. Au cas renferme cet article ; au cas que signifie dans le cas que; mais en cas n'a point d'article, il ne doit dOBcpas être suivi du fue.

Alors il faut dire, au cas que cela soit avec le subjonctif et «i cm tvee la pi*, position de et un substantif: en cas de refus.

— L'Académie admet également les deux locutions,. et nous croyons que l'usage les confond. Ainsi l'on peut dire : En cas que cela soit, en cas que cela arrive, aussi Wen que, au cas que, etc. ^* ^•

690 01) SUBJOMCTIT ET DB SON BHPLOl.

pale est sapprimé, raaii eneore le quê^ satellite ooDSiaatdtt subjonctif.

Au diable $oU ]*écho, l'hoinme el l'églogue. (PIron.)

Dûtit del égaler le sapplice i roflbnse!

(P. Goraeille^ Rodogune, acle V, st. 1 0

c Périssent les muses qui trafiquent du mensonge et de la gloire « atec les maîtres du monde! » cciibert, Êioge de uopoid.)

Dût ma muse par là choquer tout TuDivcrs, Riche, gueux, triste, ou gai je veux faire des ver».

(Boîleaa, SaUre VII.) Ecrive qui voudra .... (Boileaa, Satire IX .)

Me préservent les cieux d'une nouvelle guerre !

^Voltaire, let Pilop,, aclc IV, »c. I.; Périsse le Troyen auteur de noi alarmes !

(Racine, Iphigénie, acle H, se. 2.) Puisse' je de mes yeux y voir tomber ce foudre!

(P. Corneille, les Eoraces, acte IV, se. 5.)

Cette double ellipse est assez usitée , mais on remarquera que dans ce eas on place presque toujours le sujet après le verbe

(392 bis) . (Wtilly. page 276. — Lévizac, M. Lemare et M. Maugard.)

Enfin il n'y a dans toute la langue qu'un verbe qui se mette au subjonctif sans qu'un autre mot le précède : c'est le verbe savatr^ accompagné au présent d'une négative : ^ Je ne sache rien qui soit « plus digne de notre amour que la vertu, ni de plus propre à notre « bonheur que l'amitié. » — Des enfants étourdis deviennent des « hommes vulgaires: je ne sache point d'observation plus génftrak « et plus certaine que celle-là. » (j..j. aousse&u, âmiie, u i.)

Mais ce qu'il y a de particulier, c'est que cette manière de parlei n'a lieu qu'à la première personne, car on ne dit pas iu ne socAes rieny il ne sache rien.

(Th. Corneille, *ur la 36 î« Rem- de Vaugelas.— Le P. UufHer, n© ais. — Le Dict, de e Académie.)

(392 bis) Voyez aux Remarques détachées ce que nous disona sur Tua^ df t'eipresfioo plOt â Dieu,

M L'mrmrriF et db son bmploi. 601

DE V INFINITIF ET DE L'EMPLOI DES TEMPS DE CE CINQUIÈME ET DERNIER MODE.

L'infinitif signifie Taffirmation d'âne manière indéfinie , et dès lors sans aucun rapport exprimé de nombre ni de personne.

(MM. de Port-Royal, p. ITS. ~ Reflaut, p. 337.)

Quand je dis être, avoir y aimer^ finir y je fais seulement entendre la signification de ces verbes d'une manière générale, sans y rien ajouter.

On distingue cinq temps dans l'infinitif : le présent^ le prétérit^ \ç participe présent^ \^ participe passé et It participe futur.

Le présent de l'infinitif est susceptible d'exprimer un présent, un passé ou un futur, relativement au temps du verbe qui le précède, comme dans /e r^^^(2s rire; rir% exprime un présent, parce que f entends est un présent, et c'est comme s'il y avait : il rit et je l entends.

« Je l'ai entendu rire. » Rire exprime un passé, parce que j'ai entendu est au passé; c'est comme s'il y avait : il. a ri et je l'ai entendu.

« Je l'entendrai rire. » Rire exprime un futur, parc que j'entenrdrai est au futur; c'est comme s'il y avait : i7 rira et je l'entendrai.

(Wailly, p. 55. oResUult p. 230.

Le prétérit de l'infinitif exprime seulement un passé relativement au temps du verbe qui le précède; comme dans je crus ou /V croyais ravoir entendu rire. (wtuiy et Lévizac.

Pour exprimer dans l'infinitif un futur par rapport au temps du verbe qui le précède, il faut joindre l'infinitif du verbe devoir au verbe qui est à l'infinitif : < Je crois devoir vous faire part de cette « nouvelle. » Toutefois, comme le présent de l'infinitif, précédé des verbes promettrcy espérer, compter^ craindre^ menacer^ désigne toujours un futur : « Il espère vous contenter, » c'est-à-dire : il espère qu'il vous contentera 'j alors on n'a pas besoin, pour ces cinq verbes seulament, de faire usage du verbe devoir y quand on veut exprimer

ce temps. rwailly, p. W. — Léfiitc, p. 121, t. II.)

Le présent de l'infinitif sert à spécifier le verbe dont on veut parler. Ainsi on dit : le verbe croire^ le verbe donner y le verbe plaire^ comme on dit le nom princCy le nom temple, (Retuut, p. 937.)

Le présent de l'infinitif fait toujours la fonction ou de bdjqI, ou

683 Ds L'inrniiTiF et ihs son emploi,

de régime^ soit direct, soit indirect, c aaVr est un toorment; cnmer « est un besoin de l'âme. » ( M. de Ségur.) ~ c n n'y a pour « rhomme que trois éyénements, wAtt$^ w>rt e$ mourir : il ne se

< sent pas naître^ il souffre à mourir , et il ovîbU» de vwre. » (La Brutère, de F Homme.)

Ji vOQdrâto in§pirer l'amour^ ta rolraite. (U Foottiae.}

Dans le premier exemple, l'infinitif est sujet; U est régime dirod et indirect dans le second, et régime direct dans le troisième.

Par conséquent, tout verbe placé immédiatement après on autre verbe, ou à la suite d'une préposition, doit être mis à l'infinitif, parce qu'alors il est le régime du verbe ou de la préposition qui précède : c C'est aux mœurs et non au destin qu'il faui imputer

< les crimes. » ( Pensée de Sénèque.) — < < Tous les peuples sont « flpères et doivent s'aimer comme tels. » (Fénelon, Télémaqite, 1. XL)

On peut être héros sans ravager la terre.

(Boileaa, ÉpUre au Roi.) Qai jamais de nos lois n'offensa réqaité JV'a rien à redouter de leur séYérilé.

Exceptions. *— l"* La préposition en exige toujours le participe présent au lieu de l'infinitif: < Il faut corriger les moeurs en ritsni. »

2"" Après les verbes croire, voir, on met quelquefois le participe passé : « La femme que j'ai crue aimée. » — « Vos parents que j'avais « vus disposés à vous pardonner. »

Mais dans cette phrase : « Ce que l'on donne à ses amis esi dérobé « aux caprices du sort; ce sont là les seules richesses qu'il ne puisse

< pas nous enlever » (Pensée de MarUaly Épigr. 42); estdéroié ne forme pas une exception, puisque dans tous les temps composés l'auxiliaire et le participe ne font qu'un seul et même verbe.

Le verbe être, ayant pour sujet un infinitif, peut être précédé ou non précédé du pronom ce; on dit également bien : c Médire de

< son prochain, c'est une action infiâune, ou est une action in-

< fàme. »

Mais ce pronom est indispensable, l"" lorsque l'infinitif qui sert de sujet a un régime d'une certaine étendue : a Taire un service t qu'on a rendu, c'est ajouter au bienfisdt. »

2"* Quand il y a deux ou plusieurs infinitifs de suite employés comme sujet : « Lire, peindre, faire de la musique, c'est l'unique c occupation de sa vie. a

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DE L'iNFIMlTIF ET DE SOU EMPLOI. tt)

00 lit poorUDt dans ie Dictionnaire de rAcadémle : « Promettre et trniir joni deux. » Et la Grammaire nationale a recaeilll pliuiean exemples contraires à cette règle : « Poivre <m mowrir n'eUt été rien p<Mir elles. > ( J.-J. Roosseaa.)— c f^ivre et jouir êeront pour lui >a mdimckose. » (Le ménie.)-— « Bien éeouter «t bien répondra est une des pins grandes pcrfedioDS ^no l'on pvtsse avoir dans ^toonver- •atlon. > (La RochafoBoaald.) De ces exemples. Il résulte que Je pronom ce n'est pas indispensable après denx inûoillfs, et que le verbe dont \\b sont le sujet peat être mis au singulier ou au pluriel, selon que l'esprit les envisage comme une seule Idée complexe o« comme deux idées distinctes. A. L.

L'infinitif derient quelquefois un véritable substantif, et alors il est susceptible d'être déterminé et modifié comme les autres substan* tifs : c Ce n'est pas la mort que je crains, c'est le mourir, » (Mon- TAiGNE.) — « Un bon mourir vaut mieux qu'un mal vivre. » (Charron , la Sagesse , liv. !.)--*< Le taire est mieux séant à la femme, te et le répondre à Thomme. » (âmtot, trad. de Théag. et Chariclée.) Laissez dire les sots, le savoir a son prix. (La Fontaine, fable 161.)

< La paix nous devenait nécessaire comme le mca^ger et le domisr. » (ViM'TAlRE, Corresp, , t. VIU, p. 371.)

Le ra^fOfMier tristement s'accrédite (La même.)

1 Le rtre est sans doute l'assaisonnement de l'instruction et l'ana tidote de l'ennui. » (La Harpe, Coure de littérature^ p. 404, t. V.)

n est aussi dans ie génie de notre langue de préférer ie mode infinitif à l'indicatif ou au subjonctif; en effet, il débarrasse la phrase d'une foule de petits mots dont l'emploi fréquent rend la construction louche et languissante; voilà pourquoi on dit : « Il vaut mieux être a malheureux que d^être criminel; d plutôt que ; i7 vaut mieux être malheureux que vous soyez criminel.

(Th. Corneille, tur ta 3« Rem, de Vaugelas^ et Wailly, p. 3S7.)

Cependant on doit préférer l'indicatif ou le subjonctif à l'infinitif, pour éviter plusieurs de ou plusieurs à; ainsi, au lieu de dire : c Le philosophe Àristippe chargea ses compagnons de voyage de dire « de sa part à ses concitoyens de songer de bonne heure à se procurer c des biens qu'ils pussent sauver avec eux du naufrage; 9 il fiiudrait dire : qu'ils songeassent de bonne heure^ etc.

Tout infinitif présent, précédé d'une préposition, doit toujours se rapporter d'une manière claire et précise, soit au sujet de la proposition, soit au régime direct ou au régime indirect : c L'homme vit « pour iravaUler. » — a Dieu nous a créés pour travailler. » — • a le vous conseiUe de travailler. 9 .

684 DE L'rNPiTfITIF ET DE SON EMPLOI.

Dans la première phrase l'infinitif travailler, avec la préposition dont il est précédé, se rapporte au sujet Yhomme; dans la seconde phrase 9 il se rapporte au régime direct notu; et dans la troisic»ne, il se rapporte au régime indirect fmu.

Ainsi cette phrase : a La vie de Pépin ne Ait pas assez longue pour ce mettre la dernière main à ses projets, » n'est pas correcte; le rapport de Tinfînitif a lieu, non avec la vie, qui est le sujet de fut, mois avec Pépin, qui est le régime du sujet.

Cette autre phrase manque également d'exactitude : « C'est pour « donner que le Seigneur nous donne; » l'infinitif semble être en rapport avec le sujet Seigneur et avec le régime direct nous ; on ne sait trop si le sens est que le Seigneur donne pour le plaisir môme de donner, ou qu'il nous donne afin que nous donnions.

Celle-ci n'est pas plus exacte : La vie est faite pour travailler; ^ pour travailler ne se rapporte pas au sujet du verbe, car la vie ne travaille pas ; mais il est en rapport avec nous, oui n'est pas dans la phrase; ce qui est essentiellement vicieux.

Pour rendre ces phrase* correctes il faut prendre un autre tour qui indique clairement par qui sont faites les actions des verbes mettre, donner, travailler, t La vie de Pépin ne fut pas assez longue t pour qu'il mit la dernière main à ses projets. » — « C'est pour que « nous donnions que le Seigneur nous donne. » — « Nous ne vivons « que pour travailler. »

Enfin, d'après ce qui précède, il est facile de juger que les phrases suivantes ne sont pas plus correctes : « J'ai ordonné de bràler mon «« manuscrit. » — « La comédie est faite pour rire, w — . « Je vous ai « donné ma fille pour être heureux. »

Que Ton cherche partout mes tablettes perdues ; Mais que sans les ouvrir elles me soient rendues.

(Quinault» la Mort de Oyrus, acte I, se. &.)

11 faut : a J'ai ordonné qu'on brûlât mon manuscrit. • — a La coa médie est destinée à faire rire. » — « Je vous ai donné ma fille pour a que vous soyez heureux. » — a Que l'on cherche partout mes taa blettes perdues, mais qu'elles me soient rendues sans qu'on les • ouvre, D ou bien a sans qu'elles soient ouvertes. »

Dans une langue amie de la clarté , celte règle est importante ; mais powtaotnos meilleurs écrivains n'ont pas cru devoir s'y astreindre toutes les fois que le sens, malgré cette irrégularité, demeure clair et précis. Nous approuvons celte liberté tant qu'elle reste eontenae dans de justes bornes; c'est souvent un moyen de vaiier ie

DE LA QORRBSPONDANCt DES TEMPS. 68Ô

stsrie ei de le rendre p\u8 vif. Ou eo peok Juger par lei eiemples firivaoli :

Peut-être aisseï d'honneun enTinumaient lua vie, ^iiir nepoi touhaaer qu'alla me fftt ravie.

(Ridoe, ipfti(7^tie, iV,4.>

la théâtre, feriilti eo oenaeun poiutilleux.

Chez nouSf pour se produire^ est uo champ périlleux.

(Boiieau, Art poét., III.)

Personne , certes, n'hésitera sur le sens de ces phrases ; et combien elles seraient plus lourdes si l'on mettait pour que je ne iouhaitasse pas^ pour que l'on puUse se produire! Â. L.

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