SONS LONGS. SORS BRI
Tèla, pariU de Vanêmai^ êiige d$$
organet des iens.
Tâche, ouvrage donné à faire dans
un temps limiti.
Ttêit adverbe.
Vaine, féminin de V adjectif y àin.
Vër, insecte long et rampant.
Vivres, substantif.
Voix, son ^i sort de la bouche de
i'homme.
Voler, dérober.
Tétte (U), il tire U laii de la mamelle.
T&che, souillure.
Trait, dard, — ligne au crayon, ete.
Veine, vaisseau qui contient le sang.
Vert, la couleur verte.
Vifrc, verbe.
yoU(\\), du verbe loit.
Voler, se mouvoir en l'air.
(D'OliTet, Traiié de la Prosodie française, page 95, art. 4. — Lèvliac, page 148, L I. — Sicard, page 477, t. II.)
Puisque la prosodie, dit Tubbé d'Olivet, nous enseigne la juste mesure des syllabes, elle est donc utile, elle est donc indispensable pour bien parler. Mais ce serait parler très mal que d'en observer les règles avec une exactitude qui laisserait apercevoir de l'affectation et delà contrainte : le naturel, nous ne saurions trop le dire, tant au physique qu'au moral, seul nous platt, nous intéresse et nous captive. C'est donc à tort qu'on voit tant d'étrangers donner si peu de soin à la prosodie. Cependant il ne faut pas accabler leur mémoire d'une infinité de règles minutieuses; mais, en les &isant lire, ou en conversant avec eux, il faut leur faire remarquer les syllabes longues et les syllabes brèves, leur faire contracter l'habitude d'appuyer sur les premières, et de glisser sur les secondes : il faut accoutumer, dès le principe, leur oreille à placer l'accent prosodique sur la syllabe qui doit l'avoir, et l'accent oratoire sur le mot de la phrase qui en est susceptible; par ce moyen, on les habituera à saisir les nuances prosodiques, d'où résulte l'harmonie que l'orateur ou le poëte a eue en vue.
Ensuite tout étranger doit savoir que, comme le caractère du Francis est d'être vif, doux, ceux qui formèrent peu à peu notre langue se proposèrent évidemment de retracer ce caractère dans son langage. Pour la rendre vive, ou ils ont abrégé les mots empruntés du latin, ou, lorsqu'ils n'ont pu diminuer le nombre des syllabes, du moins ils en ont diminué la valeur, en faisant brèves la plupart de celles qui étaient longues. Pour la rendre douce, ils ont multiplié Ye muet, qui rend nos élisions coulantes; et, comme les articles et les pronoms reviennent souvent,
86 RBMARQUBS SUE LA PROMOMCUTIOlf .
ils en ont banni (51) Thiatus; jugeant une cacophonie pire qa*f] iirégularité.
n est nécessaire encore que tout étranger sache que, quoique nous ne puissions pas faire dans nos vers le même usage que les anciens faisaient des longues et des brèves, elles y servent cependant» par la manière dont elles y sont placées et entremêlées, à peindre les divers objets. Il est certain que le vers devient plus lent ou plus vif, selon qu'on y multiplie des pieds où dominent les longues, ou ceax où dominent les brèves. L'utilité réelle de la prosodie bien observée est donc de pouvoir donner au style poétique ou de la vivacité, ou de la lenteur, selon Toccasion et le besoin.
On pourrait citer un grand nombre d'exemples de Tefifet que produisent, dans les vers de nos bons poètes, le mélange heureui des longues et des brèves et l'emploi judicieux qu'ils ont fait de ces deux parties de la quantité prosodique. L'abbé d'Olivet a choisi avee raison l'exemple qu'offrent les quatre derniers vers du chant 11 du Lutin.
Boileau a voulu peindre la Mollesse qui se plaint du tort que lui ont bit les conquêtes de Louis XTV et son amour pour la gloire. £aie ne peut achever son discours •
L& Mollesse oppressée.
Dans sa boûcbe, à ce mdl, sent sa lângnë gl&cëe ;
Et, lâssS de parler, sttccômbânl soûs réffdrt^
Soupire, ètêod lëf bras, rèrmë l'oeYl él s'êndôrt.
Nous n'avons rien dans notre langue, dit d'Olivet, de plus beau que ces vers; le dernier surtout est admirable; et dans le second on voit effectivement la langue glacée de la Mollesse; on la voit glacée par l'embarras que cause la rencontre de ces monosyllabes sa, ce, sent, sa, qui augmente encore par ces deux mots, où gue, gla font presque au lecteur l'effet que Boileau dépeint.
Enfin, il faut faire observer à un étranger qu'il y a différente» espèces de prononciation : car, comme le dit encore l'abbé d'OHTet. plus la prononciation est lente, plus la prosodie doit être marq[uee dans la lecture, et bien plus encore au barreau, dans la chaire, sur le théâtre. Il y a donc trois espèces de prononciation : celle de la oonversationy celle de la lecture^ et celle de la déclamation.
« La prononciation de la déclamation^ dit l'abbé Batteux, est une
(61) L'ipie poar la épie; mon amitii pour ma amitié, etc.
BEMAAûnS SUR LA PROKOMGIÀnM. 87
€ espèce de ehant : chaque son y est prosMicé aTec une sorte de noc dulation; les syllabes longues y sont plus ressenties; les brères y « sont articulées avec un soin qui leur donne plus de corps et de oon- € sistanee ; ce qui rend Taccent oratoire plus aisé à observer. »
Elle est une espèce de chant , parce qu'elle admet des intonations plus âevées ou plus basses^ plus fortes ou plus faibles ; des tenues sur des longues; des accélérations ou des ralentissements ^ selon les figures qu'on emploie; enfin^ des inflexions destinées à préparer la chute ou les différents repos. C'est ce que le même auteur prouve par cet exemple, tiré de Fléchier (Oraison funAre de Turenne):
c Déjà frémissait dans son camp [ l'ennemi conftas et déconcerté ;
< [ d^ [ prenait l'essor, | pour se sauver dans les montagnes, « j cet aigle, { dont le vol hardi | avait d'abord effrayé nos pro- « vinees. | Hélas I | nous savions ce que nous devions espérer, | « et nous ne pensions pas | à ce que nous devions craipdre. f c 0 Dieu terrible, | mais juste en vos conseils | sur les enfimts «des hommes! f vous immolez | à votre souveraine grandeur (
< dagrandes victimes, I et vous flrappez, | quand il vous plaît, j « ces têtes illustres | que vous avez tant de fois couronnées. »
Nous avons marqué avec soin dans ce passage les différents repos de l'oreille, de l'esprit et de la respiration, afin qu'on puisse placer l'accent oratoire sur le mot qui doit l'avoir. 11 y en a deux dans la premièce phrase, parce qu'il y a un demi-repos après camp, et un repos final après déconcerté. Le premier accent, conformém^t aux règles que nous avons établies , porte sur $on, et le second sur l'avantdernière de déconcerté. 11 y a six repos dans la seconde phrase : le premier après déjâ^ le second après essor ^ le troisième après montagnes; le quatrième après aigle; le cinquième après hardi; et le sixième après provinces, etc. Ce n'est pas qu'on doive précisément s'arrêter après chaque repos que nous avons marqué; mais on le peat, et cela suffit, parce qu'on ne s'arrêtera qu'après un de ces mots, selon la manière dont on sera affecté dans le moment de l'action. Voilà quant à l'accent oratoire.
Relativement aux intonations, aux tenues, aux accélérations et aux ralentissements, voici comment l'abbé Batteux s'explique à Té* gard de la dernière phrase, ô Dieu. etc. : « L'intonation du premier
< membre, ô Dieu terrible l sera plus élevée, dit-il; celle du second,
< mais juste, plus basse. L'orateur appuiera sur la première de kr- « ribte, et fera sonner fortement les deux r; il appuiera de même sur
< la première de jusiey en fUsant un peu siffler la consonne j. Il pré-
88 REMARQUES SUR t PR0N0KCIÀTIOT9.
< dpitera un peu Tarticalation du reste de la période, iur U$ eti/bnH « dei lumim$$y parce qu'il y a un peu trop de sons pour Fidée. Il
< appuiera de même sur imtnoUx, sur grandeur, sur frappex^ il dé- « yeloppera la première de tètes, et ravant-dernière A^UUutres; enfin
< il allongera, tant qu'il le pourra, la dernière de couronnées. » Sur quoi notre habile professeur remarque « que les intonations,
« sensibles surtout au commencement des membres de périodes , et « après le repos et les expressions appuyées, se placent sur les con- « sonnes et non sur les voyelles; qu'elles sont entièrement séparées « de l'accent, et ne sont que la syllaj)e accentuée, prononcée avec plus « de force et d'étendue. »
U ne fout pas néanmoins croire que ces intonations, ces tenues et ces accents soient si fixes de leur nature, qu'ils ne varient jamais; ils dépendent au contraire, presque toujours, des figures que l'on emploie, parce qu'ils doivent être adaptés aux mouvements qu'on veut exciter dans Tesprit des auditeurs : ceci mérite quelque dév^ loppement.
Dans l'antithèse, il doit y avoir le même contraste dans l'intonation que dans les idées. Ainsi, dans cette phrase : « Nous savions ce que « nous devions espérer, et nous ne pensions pas à ce que nous devions « craindre; » l'intonation sera plus haute dans le premier membre, et plus basse dans le second. Mais cette variété d'intonation ne changera rien à l'accent, parce qu'elle n'empêche pas que le repos ne sott toujours le même.
Dans la répétition, il y aura une intonation plus forte et plus d'appui sur le mot répété, parce que ce mot ne l'est que pour donner plus d'énergie ou plus de grâce au discours : « Mes enfonts, approchez. « approchez, je suis sourd. » Si Ton y fait attention, on verra que le second approchez se prononce d'une voix plus élevée, et que le son se prolonge sur la dernière syllabe.
Dans la gradation, l'intonation doit toujours aller en croissant à chaque degré : c D'abord il s'y prit mal, puis un peu mieux, puis « bien; puis enfin il n'y manqua rien. »
Dans Tinterrogation, l'intonation sera élevée, et il y aura de la vivaeité dans le récit : « Ma mignonne, dites-moi, vous campez-vous € jamais sur la tête d'un roi, d'un empereur, ou d'une belle? » Les dani-repos seront peu marqués, afin de parvenir promptement au rq>os final ; mais l'accent ne portera que sur Tavant-dernière de helk, parce que l'effet de l'interrogation est d'y élever ordinairement la voix. Mais si la réponse suit, l'intonation de la demande sera plas