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DES MOTS

CONSIDÉRÉS GOMME MOYENS DE RENDRE NOS PENSÉES bàhs la langue parlée et bans la langue écrite.

On peut définir les mots, des sons articulés, ou simples, ou composés que les hommes ont représentés par des signes d'une ou de plusieurs syllabes, pour rendre leurs pensées

Dès lors on ne peut bien comprendre les diverses significations que renferment les mots, qu'on n'ait bien compris auparavant ce qui se passe dans l'esprit:

Or, il y a trois opérations de l'esprit : concevoir, juger^ rai-êonner.

Concevoir n'est autre chose qu'un simple regard de l'esprit, soit sur des objets intellectuels, comme Yétre^ la durèe^ \dL pennée. Dieu; soit sur des objets matériels, comme un cheval^ un chien.

Juger, c'est affirmer qu'une chose que nous concevons est telle, ou n'est pas telle; comme lorsqu'aprés avoir conçu l'idée de la terre j et l'idée de la rondeur, j'affirme de lAimrre ou'elle est ronde.

Raiêcnner, c'est se servir ae aeux jugements pour en former un troisième; comme, lorsqu'aprés avoir jugé que toute vertu est louable, et que la patience est une veriu^ j*en conclus que la patience est touable.

D*où l'on voit que la troisième opération de l'esprit (le raisonne" ment) n'est qu'une suite nécessaire de la conception et du jugemeni; ainsi, il suffira, pour notre sujet, de considérer les deux premières opérations, ou l'influence de la première sur la seconde; car les hommes, tout en exprimant ce qu'ils conçoivent, expriment presque toujours le jugement qu'ils portent de l'objet dont ils parlent.

Les deux choses les plus importantes pour le Grammair-en, dans

ga DES MOTS GomiDiRte comiB bimbs de nos pensées.

les opérations de Tesprit, sont donc Tobjet de la pensée, et rimproision que œt objet laisse^ puisque c'est de là que naît raffirmation

De ce principe lumineux^ vrai fondement de la métaphysique du langage, et du besoin qu'ont éprouvé les hommes de créer des signet qui exprimassent tout ce qui se passe dans leur esprit, il résulte quf ia manière la plus naturelle de distinguer les mots, c'est de les diviser en deux classes; savoir : les mots qui désignent les objets de nœ pensées, et les mots qui peignent les différentes vues sous lesquelles nous les considérons.

La première espèce comprend donc les mots qu'on est convenn d'appeler suUlantifs ^Tpronùmn^ et la seconde, VarticU, Vadjedify le verbe avec ses inflexions, IsipréposiHon, V<idverhe, la conj<mcti(m et Vinierjection. Tous ces mots sont la suite nécessaire de la manièrf dont nous exprimons nos pensées, et servent à faire connaître l'enchaînement des rapports qui existent entre elles.

(MM. de Port-Royal, 3« partie, page 60 et ralTttles.)

Cette division est sans doute la plus philosophique; mais, comme les mots qui expriment l'objet de nos pensées, et ceux qui en expriment la forme et la manière, se trouvent entremêlés dans nos discours, nous donnerons aux mots l'ordre que tous les Grammairiens ont adopté; et en conséquence nous parlerons, V du SubstanUf; 2' de YJriiek; 3* de Y Adjectif; 4* du Prùnom^y 5* du Ferhe; 6* de la PrépoiUian^ T de V Adverbe-, 8* de la Caryonction; 9* de VlrUerjeeUon.

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tHi»nn»»»»t»»i»»m»8»»8i»ni»»i§itni CHAPITRE PREMIER.

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