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DE L'ADJECTIF

LadjecHf O ne désigne ni un être physique, ni un être métaphysique; il exprime seulement la qualité ou la manière d^étre du suhstanUf.

Quand Tadjectif est seul, il ne présente rien de fixe à Tespnt, il ne lui offre que l'idée vague d'une qualité. Si Ton dit ban, grand, juste j l'esprit a une perception vague de bontés de grandeur, de justice; mais, si l'on joint ces mots à des substantifs, il saisit un rapport réel, et voit ces qualités subsistantes dans un sujet, comme bon père , grand arbre ; ainsi un mot est adjectif quand il présente l'idée vague d'une qualité, sans spécifier l'objet auquel on l'attribue.

(Damaraaii et Lénzae, page 249, 1. 1.)

La nature des adjectifs n'est pas tellement fixe et déterminée qu'ils ne puissent devenir quelquefois de véritables substantif; c'est lorsque, cessant de les considérer sous leur rapport de qualification, nous en faisons les objets de nos pensées, comme le bon est préférMe au beau^ le vrai doit être le but de nos recherches ; dans ces exemples, le BON , c'est-à-dire ce qui estben; le vrai , c'est-à-dire ce qui est vrai, ne sont pas de purs adjectifis; ce sont des adjectifs pris substantivement et qui désignent un sujet quelconque, en tant qu'il est bon ou vrai.

Souvent aussi le nom qu'on nomme substantif devient adjectif, et cela arrive lorsque ce nom est employé pour qualifier; ainsi quand je dis : c Henri IV fut vainqueur et roi comme Alexandre; » vainqueur eiroi, substantifs , deviennent des adjectifs, puisqu'ils qualifient le moi Henri IF. (Damaruis, an mot Adjectif, et Lérlne, 1 1, page S4S.)

(*) Le mot adjectif, dit Domergiie, fignifie plutôt qui ajoute à, que ajouté à. La termiDaUon </ exprime, eo général, an leni actif: Destructif nt signifie pas détruit, mais qui porte la destruction. Corrosif ne signifie pas rongi, mais ^t ronge. Cette opinion a ponr elle l'analogie, elle a de plus la raison : j^'ouSé à n'nprimerait qae le matériel de I'a4jectir; qui ajoute à en exprime la fonction; en eflfft, le nom adjectif ajoute toajoars an sens du substantif exprimé ou sous-entendo.

Mais si je dis Comeilk est un poëie, le motpoéV^ est substantif, parce qu'il est évident que je veux mettre Corneille dans une certaine classe d'écrivains. Poëkj au Gontraire, est adjectif quand je dis Corneille €$(poëk\ car alors je ne veux qu'indiquer la qualité que j'attribue à Corneille. (Condillac, page 183, ehap. XI, |r* partie.)

Il y a autant de sortes d'adjectifs qu'il y a de sortes de rapports ou qualités sous lesquelles on peut considérer les substantifs. Qu'un homme paraisse beau^ laid, ridicule^ spirUtLely etc., on a besoin d'un mot pour exprimer chacune de ces qualités, et ce mot est un adjectif.

U suit de laque les mots un, tout, nul^ quelque^ aucun ^ chaque^ telj quelf ce, cd, man^ lon^ son, voSy votre^ nolre^ sont de véritables adjectifs, puisqu'ils modifient des substantifs, en les faisant considérer sous des points de vue particuliers.

(Mène autorité, page 21s, chap. XU, partie 1.)

Les Grammairiens qui ont rangé les adjectifs dans la classe des noms, et n'ont fait des uns et des autres qu'une môme partie du discours, se sont donc grandement mépris. Gela doit d'autant plus étonner, que la dissemblance entre les noms substantifs et les adjectifs n'est pas plus équivoque qu'entre les noms et les verbes, ou môme entre la cause et l'effet.

ARTICLE PREMIER

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