PAS UN
Cette expression, dans ce sens, ne s'emploie point dans les phrases
de doute. (Resuat, page 1 89. -- WaiU j, page fis.)
Cette dernière assertion aurait besoin de preuve. Noos ne voyons pas œ qai enpécherait dédire : Je doute que poi un le croie. Je ne sais si pets un VoseraiU Ed œ eas pas un nous parait devoir s'employer pour personne. A. L.
Pas uny adjectif, prend le genre féminin ; mais il ne prend jamais le pluriel : « 11 n'y a pas une seule personne qui... » -— « Pas wm « expérience ne lui a réussi. » (L'Académie.)
Racine a dit dans les Plaideurs :
Si j'en conaais pas un je veux être étranglé.
Nul^ aucun j pas un prennent aussi la préposition de avant le substantif ou le pronom qui le suit, comme : « JVul de tous ceux qui « qui y ont été. » (L'Académie. ) — ^ Il n*y a pas un de ces livres c que je.n'aîe lu. » -- « Aucune de vous ne peut se plaindre de ma « conduite. » (LévUac, page iss, 1. 1«.)
Même est ou adjectif pronominal ou adverbe. Employé comme adjectif, il est variable; employé comme adverl)e, il ne Test pas. La difficulté est donc de savoir dans quel cas il est ou adjectif ou adverbe.
Même est adjectif pronominal , quand il précède le substantif, et alors il Iç modifie par l'idée d'identité, comme dans ces phrases : « C'est le même soleil qui éclaire toutes les nations de la terre. • (Restaut.) — < Pierre et Céphas, c'est le même Sifùire. » (L'Académie.) — < Les mêmes vertus qui servent à fonder un empire servent
« aussi à le conserver. » (Montesquieu.)
Dans ce cas , même prend l'article et répond à Videm des Latins. Même est encore adjectif, quand il modiiie le substantif par une
0B8 AMBCTIPg PRONOMlIfÀUX 1NDÉPIH18. fil
idée de similitade, de reBsemblance. Dans cette phrase : Foê droits et les miens sont les mêmes.
Da berger et da roi les cendres soni les mêmes.
Même alors répond au similis des LAtins.
Il est également adjectif, quand il est précédé de l'un des pronoms personnels moi^ toi, soi, lui y etc.; comme dans : moinnême. toin même y soi-même, lui-même, elle-même ^ nous-mêmes (280) , vous^ mémeSy eux-mêmes, elles-mêmes.
« Ceux qui se plaignent de la fortune n'ont souyent à se plaindre •^ que d'etix mêmes. » (Voltaire, Siècle de Louis XI Ty tom. I, au mot Cassandre. ) — « Un titre, quel qu'il soit, n'est rien si ceux qui « le portent ne sont grands par eux-mêmes. »
(Voltaire, HUt. de Russie^ eh. Ih)
Ici, même modifie le substantif par l'idée d'identité simple, et il répond à Yipse des Latins.
Enfin, même est adjectif, quand il est précédé d'un seul substantif qui fait ou qui reçoit l'action du verbe. On dira donc : « Les Romains tf n'ont vaincu les Grecs que par les Grecs mêmes. » (Hably.) — « On est obligé de contraindre Tenfant; il est triste, mais néces- « saire de le rendre malheureux par instants, puisque ces instants (f mêmes de malheur sont les germes de son bonheur à venir. » (BuFFON.) — « Les meilleurs princes mêmes, pendant qu'ils ont une « guerre à soutenir, sont contraints de faire le plus grand des maux, « qui est de tolérer la licence et de se servir des méchants. » ( Féne- LON, Télémaquey liv, IIL ) — « Le mérite nous blesse et nous éblouit, « et ne voulant pas nous défendre de nos vices , nous voudrions
(280) On écrit nous-même, vous-même sans s, quand il n'est question que d'une ;cule personne (voyez page 323) :
Va. Mais now-méme allons, précipitons nos pas.
(Racine, Bajazeu acte IV, se. 5. C'est Roxane qui parle.) Vous voyez Ce que nous possédons, et nom-même à tos pieds.
(UFonuine, ies Filles de Minée.) Mais vous-même^ ma sœur, est-ce aimer Totre frère Que de lui faire en vain une injuste prière ?
(Racine, les Frères ennemis^ acte II, se t.) Vous seul pou? ei parler dignement de vous-nnéme.
(VolUire,lii7enWade,ch. I.)
t C'est Totre temps^ ce sont vos soins, yos affections; c'est vous-même qu'il faut « donner. * (J.-J. Rousseau.)
48S DES ADJECTIFS nOMOMINÀUX INDÉFINIS.
< poavoir ôter aax autres leurs vertos mêmes.i^ (MASSitLOH.V— « Ln c rochers mimes , et les plus farouches animaux sont sensiUes à de c touchants accords. » (Gressbt.)
Dans ces exemples , même répond , comme lorsqu'il est précédé d'un pronom, à Vipse des Latins ; Lee Âomains n'ont vaincu le$ Gréa que par les Grecs eux-mêmes, etc., etc.
Hais même est considéré comme adverbe, et par conséquent invariable : l"" Quand il modifie un verbe, comme dans ces phrases: c Nous n'irons pas à la campagne, nous n'avons pas même envie d'y « aller. » — « Nous ne devons pas fréquenter les impies, nous d&- « vous même les éviter comme des pestes publiques. » ^f-^fr^-^'>/*^ 2® Quand il est précédé de plusieurs substantife qui font ou rey^. j^ -f *^ Qoîvent l'action du verbe : c Les hommes , les animaux, les plantes ' ^^^' ^"(^ f'* même sont sensibles aux bienfaits. » /^ / ' * i^ //• . ^j J'enlèverais ma femme à ce temple^ à vos bras,
' - 1 / * i ^ -7^^ ^^'^'ft Aux dleai m^fiM, à mw dleax, s'ils ne m'exancatent pas. /^r -.-.,//.♦./.'/ (Voltaire, 0/ymp<e, acte UI, se S.)
\ .^"^ « Les plaisanteries, les agaceries, les jalousies même m'intéres- ^^ "' "« saient. » (J.-J. Rousseau.) *— «>.J'fti tout à craindre de leurs lar-
« mes , de leurs soupirs, de leurs plaisirs même. » (Montesquieu, 9' UUre Personne. ) — c D'autres femmes, des bètes même, pourront « lui donner le lait qu'elle lui refuse. La sollicitude maternelle ne « se supplée point. » (J.~J. Rousseau, Émik^ liv. L)
Dans chacune de ces phrases, même répond à eiJnême, aussi, sans excepter; c'est Vetiam des Latins : Les hommes y les animaux, ET MÊME les plantes , les plantes aussi, sans excepter les plantes, sont sensibles aux bienfaits.
Il est invariable aoisi devant les a<Uect!fs : « On fait souvent vanité des passioni mêfM les plus criminelles. » (La Rocheroacauld.; — « Tout citoyen doit obéir aoi lois, même injastes, » (Bernardin de Saint-Pierre.) Enfin U est invariable qnoiqa'i la ioite d'un seul iobstanUf, quand il signifie aussi, comme dans ces vers de Racine:
Les dieux fjnéme, les dieux, de l'Olympe btUtantf « Ont brûlé quelquefois de feux iUégilimes.
La place que ce mot occupe ne suffit donc pas pour en déterminer la valeur; il faut avant tout consulter le sens. A. L.
Quelques écrivains, et surtout des poètes, ont rendu variable même adverbe, et invariable même adjectif; mais ce sont des licoices qui ne doivent pas tirer à conséquence : les règles , lorsque surtout elles sont fondées sur la raison, ne doivent point être violées, même par les grands écrivains.
DBS AMECTIFS PltONOMIN AUX IHDÉFIIIIS. 4f3