PARTANT
13. Avant de terminer ce chapitre, il nous reste à présenter quelques observations ^\\v Y enchaînement des périodes . Ce sont les mots relatifs, employés à la place des démonstratifs, qui opèrent le mieux cet enchaînement. Aucune langue n'use autant de ce procédé imité du latin que l'itahen : on trouve à chaque page des phrases qui débutent par la qual cosa, per la qual cosa, IL CHE, PERCHÉ (idco), ONDE ctc; l'cspagnol et le français préfèrent l'expression démonstrative. Parmi les mots de liaison cités dans ce chapitre, et est celui qui se place le plus volontiers en tête d'une période ; cette construction est surtout habituelle aux écrivains plus rapprochés du langage familier, elle a été employée ensuite, avec plus de réserve, par des écrivains soi-
gneux jusqu'à notre époque à peu près ; on la trouve plus rarement en français. A côté de et on se sert aussi de nec, du moins en italien. A autem, qui marque la transition dans la langue mère, répond la particule temporelle ital. dipoi, esp. pues, port. POIS (à laquelle on peut comparer le goth. v.sax. than, v.h.all. danne) : ital. quella cosa dipoi {quae autem res)\ esp. uno pues de esta nacion ; digo pues que etc. L'ital. ma, l'esp. MAS et PERO , le franc, mais peuvent aussi indiquer le passage d'une période à une autre, sans marquer une opposition sensible, par ex. ital. ma il padre vostro che dice? ma ecco mia sorella! etc. Pour rendre le lat. quodsi, le français se sert de QUE SI, par ex. que s'il m.' allègue (voy. Bict. de VAcad. s. V. que), en ital. aussi che se. Une conséquence légère s'exprime par ital. dunque, adunque, prov. doncas, adoncas, franc, donc, par ex. ital. tu dunque dirai {tu igitur dices); consideriamo adunque la natura delV uomo; prov. adonc repausero li haro (discuhuerunt ergo viri) ; franc, donc un nouveau labeur à tes armes s'apprête (Dict. de l'Acad, s. V. donc). Ces mots sont remplacés en espagnol et en portugais par PUES, POIS, par ex. emendai-vos pois e arrependei-vos (poenitemini igitur et convertimini) . Enfin il nous reste à citer rit. ora et le fr. or, qui se prêtent tout particulièrement à l'enchaînement des périodes, en ce qu'ils renvoient, de même que l'ail, nun, à la dernière énonciation, qui est considérée comme accomplie : ora aveva costui una bellissima donna ; or pour revenir à ce que nous disions; cette particule unit aussi des phrases plus courtes : tout homme est sujet à se tromper, or vous êtes homme etc.