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SUBSTITUTION ET OMISSION

1 . Un verbe exprimé dans la première proposition est souvent représenté par facere, qui, dans cette acception, n'est qu'un simple verbum vicariuyn. Toutes les langues filles usent de ce procédé. Ital. il salutava, corne faceva (pour salutava) gli altri Bec. 3, 6 ; e si ver noi aguzzavan le ciglia, corne vecchio sarior fa nella cruyia Inf. 15, 20. Esp. priso a Almenar, asi fizo Cebola PC. 1336 ; degollaban las madrés, assi facien los fijos Alœ. 1066; asi le deshacia, coma hace d la niebla el viento Nov. 7. Prov. laissa sa molher, cum tu fezitz la toa GRoss. 1402; Olivier los abat, cum hom fay am faus Mat Fer. 266 ; bon essemple valon mais [que) no fay sermos LR. I, 530^; franc, je te traiterois comine j'ai fait mon frère Corn. Hor. 2, 5 ; il est encore appliqué par Corneille, Molière, Bossuet et d'autres encore, voy. Monnard, Chrestom. I, 185. B.lat. (rarement) ut animam reddere vider etur, et fecisset {reddidisset) forsitan Gr. Tur. 7, 22 ; absorvent eum terra, quemadmodum fecit [absorbuit) illoruni corpora Esp. sagr. XYI, 428 (ann. 916). Le même usage est pratiqué aussi par l'ancien allemand, par ex. wande si sîns todes gerten, alsam der wolf der schàfe tuot ; ich fur ht e iuch also cleine, als der hahich tuot daz huon. C'est quand facere est accompagné du régime du verbe remplacé que ce procédé de représentation se présente avec le plus de clarté, et non pas lorsqu'il est employé dans son sens spécial, comme dans la phrase « il nous aime, comme il a toujours fait » ^ — Le latin ne dit pas salutabat eum, uti et alios faciebat ; il supplée le verbe, lorsqu'il ne veut pas le répéter : nihil succenseo nec tïbi nec huic, nec vos est aequum mihi (se. succensere) Ter. Heaut. 5, 2. 11 va de soi que les langues modernes peuvent procéder de même : ital. d'onrata impresa lo rivolve, corne falso veder (rivolve) bestia Inf. 2, 47; esp. diz vos tan grand mentira, que non podrie (decir) maior Bc. Mil. 557 ; franc, oubliez l'amitié, comme lui les bienfaits. Corn. En outre, un verbe commun à plusieurs pro-

1. A côté de la représentation par facere, Je v. français se sert dans quelques textes d'une construction de ce même verbe facere avec l'infinitif du verbe principal, ce qui tient lieu de la flexion du verbe principal, par ex. or me faites entendre = entendez-moi, voy. à ce sujet Tobler, Jahrbuch VIJI, 349. On a déjà observé au tome II, 106, qu'un patois forme le parfait par une périphrase du même genre, par ex. il fit ramasser = il ramassa ; cf. angl. / did love, mais aussi au présent : il does rain, allom. (populaire) es thui regnen, da ihat ich Mngehn.

positions réunies par et, nec ou sed, ou qui se succèdent sans conjonctions, peut prendre place dans la dernière proposition : rari cometae et oh hoc mirahiles sunt; ital. il mar tranquillo e l'aura era soave P. Cz. 24, 2; non pur per l'aria gemiti e sospiri, ma volan hraccia e spalle Orl. 12, 80; quando tutte sono alV aura sparse, velocissime mostra l'ali sue 2, 49; v. franc. Breton Vensaigne lor signor et li Romain crient la lor Brut II, 178.

2. Lorsqu'on rattache à une proposition accessoire débutant par la conjonction que une autre proposition au moyen de et ou aut, il est d'usage de répéter cette conjonction, car la proposition ainsi ajoutée pourrait être regardée comme une proposition principale, par ex. ital. credo che egli è ricco e che vuol comprare questa casa etc. Nous avons indiqué plus haut, p. 314 note, une répétition analogue de cette particule. Si la conjonction placée en tête de la proposition accessoire est un mot composé avec que, on ne répète pas la conjonction complète, mais seulement le mot de liaison que, auquel est alors transporté le sens de la conjonction. On dit ainsi ital. giacchè voi non voleté e che io non voglio ; franc, lorsqu'un homîne est livré à ses passions et qu'il est connu etc. Mais l'espagnol préfère répéter la conjonction entière ou l'omettre tout-àfait. Quelques particules simples telles que si, quando, come peuvent aussi être représentées en ce cas par que ; et à ce propos il faut observer que la particule que, lorsqu'elle est prise pour si, se fait suivre en français, et généralement aussi en italien, du subjonctif. Ex. Ital. s'alcuyio la difesa piglia e che l'estingua la calunnia Orl. 4, 60; dove (au lieu àese) Velezione ahbonda e che vi si puo usare licenza Mach. Bise. 1, 3; 8 cipione quando fu fait 0 consolo e che desiderava 1, 53, et autres analogues ; come egli era salito in quel luogo e che e' vedeva 1, 77. Esp. si aqui le hallo y que habla en otra lengua BQuiœ. 1,5; como fulano era homhre de bien y que ténia huena causa. Franc, si je l'avais appris plus tôt ou qu'il me l'eût dit ; quand on est jeune et qu'on ne prend conseil que de soi-même; comme il le soutenait et que je ne le croyais pas ; prov. si las peiras eran pa e que las aiguas fosson vi Choix YV, 360. Cette substitution, à la vérité, n'est ni originaire, ni rigoureusement imposée. En provençal on dit aussi sans que, par ex. si a alcun deutor et el non paguet GO. 320^; v.franç. se trestuit cil ki sont enparadiœ , . . ierent présent et chascuns fust garnis etc. ; se 7na dame

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