SUBSTITUTION ET OMISSION
fust née de Paris et ele fust etc. Rom. fr. 183; et il en est aussi de même très-souvent en italien ; mais le français moderne conserve le que. Des faits analogues se présentent aussi dans d'autres domaines. Au roman quando ... e che, par exemple, répond le m. h. ail. do ... und daz : do er sus an dem tode lac und daz sin leben zem tode wac (s'inclinait vers la mort) Wigal.
3. Il se présente encore au sujet des particules et, nec, aut, sed, en tant qu'elles unissent des idées isolées, une question un peu plus importante que nous devons nous contenter d'effleurer. On peut se demander si les idées rattachées au moyen de et exigent la répétition de certains mots de forme ou de détermination plus précise déjà exprimés, comme les caractéristiques des cas, l'article, l'adverbe comparatif, le pronom personnel, le possessif et les prépositions, ou si ces mots peuvent être sous-entendus. Les langues analytiques sont surchargées de petits mots de ce genre, et l'inconvénient serait grave si l'on était tenu de les répéter toujours dans cette circonstance. L'usage le plus suivi consiste à ne pas les répéter lorsque les idées rattachées par (4 ont entre elles de l'analogie, et à les répéter dans le cas contraire. Cependant les diverses langues se comportent sur ce point assez différemment. C'est encore la syntaxe française qui procède ici avec le plus de rigueur. L'article, le possessif et les prépositions, par exemple, doivent être répétés devant les idées de toute nature : le père et le fds ; les bons et les mauvais serviteurs ; mon frère et mon cousin ; dans la pauvreté et dans la richesse ; au contraire les grandes et belles actions ; 7non cher et digne ami (les adjectifs se rapportent ici à un seul individu); sans rime ni raison ; dans la mollesse et la volupté ; sans l'avoir entendu et examiné. On doit aussi répéter les particules casuelles de ei à : de France et de Navarre ; de parler et de se taire ; il en est de même pour l'adverbe comparatif : elle est plus belle et plus aimable ; la plus belle et la plus aimable. La grammaire enjoint de répéter les pronoms qui accompagnent la première et la deuxième personne après et ou ni, et d'omettre ceux de la troisième ; cependant on répète généralement les pronoms, lorsque les temps diffèrent, aussi ce passage du Cid : j'ai trahi mon ami.., et croirai toutefois, est-il regardé comme incorrect. Enfin même les pronoms personnels conjonctifs doivent être répétés, surtout devant des verbes de signification différente, et le poète lui-même n'est pas autorisé à dire je le
crains et souhaite (au lieu de le souhaite), comme a fait Corneille, Cid. 1, 3. L'ancienne langue se comporte ici bien plus librement, mais nous ne pouvons pas insister plus longtemps sur ce sujet. — L'espagnol en use aussi très-librement ; voici des exemples qui le montrent. On dit par exemple : de Italia y Flandes\ de promesas ni dddivas; de la corona y el cetro\ de decir y pensar ; la humildad y dolor (ainsi l'article s'omet malgré la différence desgenres) ; unpahellon 6 tienda ; los hellos y ricos vestidos ; los viejos y los nuevos vestidos (l'article a été conservé ici avec le second adjectif qui est l'antithèse du premier); el mas hermoso y mas (non pas el mas) discreto; tu mucha virtud y grande hermosura ; ni la temo ni la respeto ou ni la temo ni respeto ; ô le premian 6 le castigan ; en arras y senal\ y en la guerra y sosiego\ sobre montes y mares ; con el deseo y con la obra ; ni en dicho ni en pensamiento ; un amigo o para ayuda 6 para consejo. Le portugais se comporte comme l'espagnol. — L'italien, qui en général se maintient entre les deux extrêmes, semble pencher plutôt du côté de l'usage du français moderne.