‹ Grammaire des langues romanesChapitre 49 sur 141 · VOIX DU VERBE. PASSIF · texte numérisé non relu

VOIX DU VERBE. PASSIF

verdorhen gehn, zerrissen gehn. En provençal on trouve anar endormit z Choix III, 204. En français on dit, ou on disait, il s'en va mort (il va mourir), il s'en allait perdu ; cette chose s'en va faite; le carême s en va fini. — 3) Venire en italien répond à l'allemand werden : la porta viene aperta (= wird geoffnet, è aperta = ist geoffnet) ; io vengo rovinato (= werde zu Griinde gerichtet) ; la lihertà gli viene concessa ; io venni assalito ; Bulicame vien detto uno stagno ; ma non si tosto dal materno stelo rimossa viene Orl. 1, 43; la notte viene illuminata PPS. I, 38. Avec le datif de la personne venire peut aussi indiquer un événement fortuit : la cosa mi vien trovata (littér. : me^vient trouvée) ; mi venne fatta (me vint faite, c.-à-d. m'arriva); tosto verra fatto a chi cio "pensa Par. 17, 50; le venne sentita una novella (apprit par hasard) Dec. 3, 9. Dans la première acception ce verbe n'est pas non plus étranger à l'espagnol qui peut dire par ex. todos venimos forçados CGen. 350 (= ail. wir werden gezwungen ) ; mais cette langue l'emploie très-fréquemment dans un sens qui est une transition du sens propre à celui de estar : venis herido? (venez-vous, êtes-vous blessé?) Nov. 10 ; los panos en que venia envuelta (dans lesquels elle venait, elle était enveloppée) ibid.; port, a gente vem perdida (vient, est perdue) Lus. 1, 28. Facis carmina, ut dignus venias hederis Juvén. 7, 29. Au sujet de venire avec le participe passif on peut citer les vers de Corneille : à quel point ma vertu devient-^^^^ réduite Bor. (cette expression n'est plus usitée).

3. Infinitif passif. — L'infinitif des transitifs peut en certains cas exprimer un sens absolument passif, en sorte que l'objet d'où procède l'action peut être, comme avec le véritable passif, accompagné de de. Cela a lieu : 1) Avec Y infinitif pur après les verbes faire, laisser, voir, entendre. Ital. feci mostrare (jus si ostendi) ; Io lascia fare (sinit rem fieri) ; Io vidi menar via (vidi eum abduci) ; ti udiva lodare (audiebam te laudari) ; veggon lacrimar da tutti gli occhi Orl. 23, 44 ; già veggio il tosco apparecchiar dal tiranno Ger. 4, 49. Esp. le hizo ou mandé prender ; no le dexa ver de nadie ; veo llevar mis esperanzas del viento Num. 2, 2 ; se viô responder\ sintiô abrir la puerta. Franc, je le ferai voir ; je l'ai laissé chercher. Avec voir et entendre le français et l'italien usent d'un procédé délicat pour distinguer le sens actif du sens passif de l'infinitif, voy. à ce sujet cli. IX, n^ m.

— 2) Avec Y infinitif prépositionnel , en général pour exprimer le but. a) Après le verbe être (ou paraître), lorsqu'il répond au participe latin en -dus. It. sono da lodare {laudandus sum)\ le oui manière mi pajono da commendare Dec. 10, 9. Esp. la carta es de escribir; aussi la carta esta por escribir (epistola in eo est ut scribatur). Prov. es a doptar\ fr. je suis à plaindre ; il est à désirer ; digne d'escrire Monn. Chrest. I, 135. b) Après divers verbes, mais ce procédé est plus conforme au style ancien qu'au nouveau. It. ch'io lontana a nudrir ti conducessi (ad esser nudrita) Ger. 12, 26 ; le donne furono cominciate a servire [feminae coeptae sunt curari, foveri) Bec. 10, 10 ; ella fu cominciata a vagheggiare ibid. 5, 5. Pr. die ses paor de repenre {esser repres) M. I, num. 112 ; v.fr. ontpaour de mètre an prison [d'être mis) Sax. I, 39 ; treis anz i furent senz tucher [être touchés) Ben. I, 341 ; je sui condampnée à ardoir [à être brûlée) TFr, 492; mur ne citet n'i est remés à fraindre Roi. p. 1 ; fr.mod. il est fait à peindre [à être peint). Sans préposition, par ex. esp. estaba condenado ahorcar [d ser ahorcado) Nov. 5 ; fr. on le menait pendre [être pendu) ; prov. sel c'om porta batejar [esser batejatz) M. 941. Certains écrivains b. la tins donnent avec à propos la préférence au gérondif : ad interficiendum deputari Gr. Tur, 5, 50, ad pendendum deduci 6, 8 (pour être tué, pendu). — 3) Lorsqu'il dépend à' adjectifs ce mode peut aussi prendre le sens passif; le latin préfère en ce cas souvent le second supin. Avec dignus on dit correctement en italien : degno di esser premiado ; cosa degna da saper si (le réfléchi pour le passif) PPS. II, 247, esp. cosas dignas de ser estimadas, de estimarse ; fr. elle est digne d'être aimée. Mais en espagnol on dit aussi : cosas dignas de estimar, es digna de obedecer GVic. 54^; los yerros dignos son de perdonar CGen. 296; cosa digna de contar BQuioc. 1, 32; vaud. es degne de punir [dignus est punir i) Choix II, 95; v.fr. digne sont d' ardoir Dolop. p. 30. L'infinitif est plus usité avec d'autres adjectifs : ital. questo è buono a mangiare, bello a vedere, mirabile a sentire ; facile a corromper^i. Esp. es bueno o malo de aprender ; la historia es larga de contar, sabrosa de oir ; eso es asqueroso de corner ; port, he ?nui longo de contar. Franc, il est bon à employer, agréable à entendre ; ce vin est prêt à boire (c.-à-d. en état d'êlre bu) ; je serai trop facile à confondre ; v.fr. seurs puet estre de la teste

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