MODE PROPREMENT DIT
1. U indicatif dans la proposition simple ne donne lieu à aucune observation. Il exprime la réalité avec tant de précision qu'il ne peut être remplacé par aucun autre mode. Ce n'est que dans le cas où, avec l'aide d'un adverbe, il désigne un lait comme incertain ou possible, qu'il peut céder sa place au subjonctif. L'infinitif ne le supplée que rarement et seulement lorsque la proposition est elliptique.
2. Le subjonctif, le mode de la possibilité, exprime déjà par son nom qu'il appartient à la proposition composée. Cependant le subjonctif latin embrasse en même temps l'optatif du grec, il peut encore être employé comme un impératif adouci, enfin il peut aussi enfermer une interrogation ou une assertion pré-
1. En b. latin on trouve souvent dicit pour diciiur, par ex. formula, in qua dicit (où il est dit) Cap. Lud. pii, Georgisch p. 834; titulo primo, ubi dicit (où il est dit) HL. I, 100 (ann. 852); in villa, quae dicit Botbori ibid. II, 122 (ann. 970); invenimus petra scripta ubi dicet [dicit, diciiur) S. Eulaliae Esp. sagr. XVIII, 31G. Cet usage se retrouve sans doute plus souvent encore dans certains textes peu soignés de la langue vulgaire; Malespini par ex. dit cap. 20 ora dice (on raconte maintenant); prov. dis cl libre de Genezi (il est dit dans le livre de la Genèse) LR. III, 100». Comp. v.h.all. iz quidit — dicitur ; m.h.all. ez sprichet an einer stat dû (il est dit là en un passage) Arm. Heinr. 91. Lat. inquit = inquit aliquis (Reisig, Vorles. p. 331). Le b. latin emploie aussi comme passifs vocare, vociiare, nunmpare , cognominare ; on lit de même era exercente per Gundepert (gouverné par G.) Lup. 527 (ann. 774); régente per- Orsone ibid. Dans ces derniers cas le pronom réfléchi pourrait avoir été omis. Sur l'emploi de l'actif pour le passif, voy. aussi Pott L,Sal. p. 143, Piaillât.
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cise. Ainsi dans ces cas, lorsqu'il est optatif, impératif, interrogatif et dubitatif, il trouve place dans la proposition simple, au même titre que le mode de la réalité. 1) Optatif : a) avec le présent : lat. deus avertat! ital. non piàccia a iddio! esp. nunca mis ojos lleguen d mirar estol prov. valhanosla deu maire! fr. le ciel vous soit propice! b) Avec Y imparfait : lat. tecum ludere possem! ital. volesse iddio! vedessi mio padre priyna dipartire! esp. oxald lo hiciese! supiese yo este secreto ! prov. dieus o volgues ! mensongiers en fos ieu! per amor dieu, me talhasetz d'est drap un vestimen! GEoss. 6694 ; fr. plût à dieu! puissiez-vous être heureux! En espagnol on trouve dans le même sens le conditionnel : oxald estuviera ahora en mi mano la partida! — 2) Pour le subjonctif zm^er^^z/ nous renvoyons à l'impératif proprement dit dont il est difficile de le séparer. On peut encore distinguer ici le subjonctif concessif, comme dans sit ita sane ; ital. giri Fortuna la sua rota Inf. 15, 95; esp. suceda aquello que quiere ; franc, parle qui voudra. — 3) Interrogatif : lat. egone illi non succenseam? ego hoc non facerem? ital. chi VavreUbe mai veduto? esp. quien lo diria? prov. per queus vulhatz mètre monja? Choix III, 2; fr. sauriez-vous me dire? — 4) Le subjonctif dubitatif qui sert à l'expression d'un jugement indéterminé, est surtout usuel dans les langues du sud-ouest, qui ont recours en ce cas au conditionnel : esp. tendria 7ni amigo hasta veinte anos (peut avoir une vingtaine d'années); port, serido très horas (il doit être trois heures). Au reste le même temps se présente souvent dans la proposition simple hypothétique dont le second membre est sous-entendu : ital. volentieri parler ei a que' duo (se potessi); potrebbesi ancora aile g are ; esp. querria saberlo ; prov. ben la volgra sola trobar ; fr. je voudrais y être.
3. h' impératif e^i trop pauvre en formes pour épuiser le mode de la nécessité : il se fait aider par le subjonctif, non-seulement pour la troisième personne des deux nombres et pour la première du pluriel, mais aussi pour celle qu'il possède, la deuxième ; et dans quelques langues il se fait même remplacer par l'infinitif. Les verbes esse, habere, velle et sapere, ainsi qu'on l'a observé plus haut au livre de la flexion, sont dépourvus en italien et en provençal de l'impératif propre (de m. que le v.h.all. sin, magan, wizzan) qu'ils remplacent par le subjonctif: ital. sii siate, abbi abbiate, vogli vogliate, sappi sappiate ; pr. sias siatz, aias aiatz, vulhas vulhatz ^ sapchas sapchatz, en général aussi