‹ Grammaire des langues romanesChapitre 59 sur 141 · MODE. INFINITIF PRÉPOSITIONNEL. AD · texte numérisé non relu

MODE. INFINITIF PRÉPOSITIONNEL. AD

invitare, confortare, muovere, ohhligare, indurre, inclinarCy aspiray^e, avvezzare, condannare, Esp. ponerse, disponerse, determinarse , acomodarse , invitar, solicitar, persuadir (ital. persuadere di, fr. persuader de), mover, ohligar, destinar, aspirar, porfiar, acostumbrar, condenar, contribuir, llegar. Franc, se mettre, s'appliquer, s'attacher, se résoudre, inviter, exciter, enhardir, obliger, destiner, préparer, incliner, aspirer, tâcher, accoutumer, adhérer, condamner, parvenir, mais quelques-uns de ces verbes, comme obliger, tâcher, se construisent aussi avec de. Après certains verbes de ce groupe ad peut généralement, de même que pro (dans le sens roman àepour), exprimer le but, ainsi ital. accorrere ad ajutare, chiamare a dire, mandare a dare, r est are a vedere\ esp. acudir d mirar, entrar à ver, traer d presentar una cosa ; fr. je suis ici à l'attendre etc. En outre à remplace en français d'autres prépositions dont cette langue ne tolère pas l'emploi devant l'infinitif, par ex. s'obstiner, persister à nier = esp. obstinarse , persistir EN negar ; s'amuser, s'occuper à faire = esp. ovuparse en hacer.

4. Ad causal ou conditionnel constitue un cas particulier : la locution qu'il forme peut servir à abréger une proposition subordonnée. Ital. a scrivere spesso s' impara a scrivere (saepe scribendo scribere discimus) ; a trargli l'osso potrebbe guarire Dec, 4, 10 ; voi fate villania a non farmi ragione 8, 5. Esp. d no haber venido estos amigos en ninguna manera os deœdra Nov. 10. Franc, à vaincre sans péril on triomphe sans gloire Corn.; à raconter ses maux souvent on les soulage ibid.

5. Ad avec des substantifs. — Si un infinitif est relié à un substantif, en italien par da, en français par à, la préposition exprima la même idée de nécessité ou de possibilité qu'avec esse ad (p. 218), et ici aussi l'espagnol emploie de au lieu de d. A cette expression répond en latin le participe futur passif ou l'adjectif verbal en -ilis. Ex. Ital. età da prender marito (aetas nubilis), cosa da far piangere (res miser anda, fiebilis), un riso da far innamorare P. Son. 207. Fr. maison à louer, avis à suivre, affaire à perdre qqun, un sourire à rendre amoureux ; vous n'êtes point pour elle un hom^me à dédaigner Corn. Cinn. Esp. vestido de caminar, yerro de enmendar {error emendabilis) etc. Val., avec le supin, calu de celerit {equus ad equitandum), case de vindut (domus venalis).

6. Ad avec des adjectifs. — 1) Les adjectifs qui ont le sens de « être propre, destiné, préparé, disposé », c'est-à-dire qui peuvent avoir sous leur dépendance un nom avec ad, se construisent aussi avec un infinitif accompagné de la même préposition, qui en latin déjà s'employait habituellement : aptus ad agendum, fortis ad suhferendas plagas, paratus ad navigandum, idoneus moderando imperio. Ital. atto a portar spada, luogo comodo a vivere, egli è pronto, parato, disposto a venir e, presto a eseguirlo. Esp. propenso, pronto a hablar, presto para oir, presto de servir, capaz de hazer algo. Franc, habile à succéder, homme commode à vivre, fait à être peint, prêt à mourir, enclin à mal faire. Il est très-rare de rencontrer, comme dans disposto menarla Orl. 14, 53, l'infinitif pur, que le grec emploie partout : âiriTYjoeioç xoieTv etc., et que le latin applique au moins avec le passif : forma papillarum quam fuit apta premi Ovide. Ce sont des adjectiva relativa dont le sens n'est complété que par l'adjonction de l'infinitif (voy. p. 134). — 2) D'autre part des adjectife de significations diverses comme « facile, bon, beau, agréable », ainsi que ceux qui expriment les idées contraires, se font accompagner d'un infinitif avec ad qui les explique, auquel cas le latin présente généralement le second supin. L'infinitif étant pris ici dans un sens passif (voy. plus haut p. 189), il ne peut appartenir qu'à un verbe transitif, et le sujet subit l'action exprimée par ce verbe. Ital. la cosa è facile a sapere (facilis scitu), egli è duro a soffrire {durum toleratu), ottimo a fare (optimum factu), grato a udire [jucundum auditu)^ mirabile a vedere {mirabile visu), difficile a dire (difficile dictu, ad dicendum), dolce a bere (dulce ad bibendum). Franc. c'est facile à comprendre, difficile à lire, bon à eifnployer, affreux à voir. Le provençal se comporte comme l'italien et le français, seulement il arrive parfois, surtout devant des voyelles, que ad est échangé contre de, aussi contre per : leu ad entendre, greu a sufrir, bon a sufrir, suaus a apenre, laitz a dire, clar d'entendre, agradan d'auzir Choix III, 443, greus per entendre GO. 95^, mal per far Fer. 722. L'espagnol préfère en général de : facil de digerir, dificil de alcanzar, hermoso de ver, malo de aprender, terrible de contar, bueno de comer (aussi para corner pour rendre l'idée de but); port, levé de crer, grave de perdoar, bom de descer. C'est en cette circonstance surtout que le daco-roman applique son supin, par ex. lesne de intzeles (facile intellectu), greu de suit (difficile ascensu), frumos de vezut (formosum

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