‹ Grammaire des langues romanesChapitre 61 sur 141 · Pro (fr. pour, ital. prov. per, esp. port, por et para · texte numérisé non relu

Pro (fr. pour, ital. prov. per, esp. port, por et para

— 1) Avec ESSE et stare per indique en italien qu'une action est sur le point de se produire, et fournit une conjugaison périphrastique complète : ital. egli è ou staper morire (il est sur le point); sono per non esser piû (je suis sur le point de n'être plus) Dec. 5, 6; eraper partire, stavaper cadere. De même est ar por, e star para en espagnol et en portugais ; estoy por hacer ; la carta esta por escrihir ; estabapor decir, para hàblar\ port, estoupor fazer, estou para vir. Ser por ou para exprime dans ces langues la possibilité : esp. ninguno non es por pagar (nemini satisfaciendum est) PC. 544 ; port, nom he pera falar {non dicendum est) CGer. II, 511 ; (h)e por nacer nenhurna (nulla nascetur) ibid. 3. Le français ne connaît pas cette locution : au lieu àeje suis pour partir, il àii j e suis sur le point de partir. Pro se comporte vis-à-vis de ad comme l'avenir à l'égard du présent : ital. sto per scrivere je suis sur le point d'écrire, scripturus sum ; sto a scrivere je suis en train d'écrire, scribo. — 2) Pro appliqué à l'idée de but, après un verbe ou un nom, est plus expressif que ad. Ital. vegno per veder l'a^nico {venio ad videndum amicum, ut videam amicum); cacciarli i ciel per non esser men belli Inf. 3, 40 ; io vegno per menarvi aW altra riva 3, 86. Esp. la deœaba por correr iras otra ; la desea para servirla ; edad para casar, licencia para entrar, causa para preguntar, poder para hacerlo , necesario para vivir ; asqueroso para mirarse^ ; port, por salvar o povo se entre-

1. Entre por et para avec l'infinitif il existe une nuance délicate dont ne tiennent pas compte l'it. per et le fr. pour. Por exprime l'intention, le projet, para le but déterminé, le but final, par ex. le seguia por ver

gava Lus. 4, 51 ; nâo tanto desviado resplandece o claro sol para julgares (pour que tu penses) 2, 111. Prov. fuy per vos servir noiritz Choix III, 124 ; franc, je sème pour recueillir. Val. el celetoreste spre a se invetzà (il voyage pour s'instruire) . Surtout après troppo, voy. les Propositions comparatives § 7. — 3) I*ro pour le motif, esp. port, por, non pas para. Ital. per esser giusto e pio son io qui esaltato Par. 19, 13. Esp. por parecerles que etc. (parce qu'il leur semblait); port, nom vos sera gram louvor por serdes de mym louvado ÇGer. II, 70. Prov. si anc nulhs hom per aver fin coratge ac de si dons nuW onrada aventura Choix III, 292 ; fr. tu n'as rien perdu pour le voir différer (ton bonheur) Corn. Cid. — L'esp. para, anc. pora, est un composé du latin pro ad (voy. mon Bict. ètym. I, s. v. por), et se présente aussi en v. français devant l'infinitif, mais de telle manière que les deux prépositions peuvent être séparées par d'autres mots. Il en est de même en provençal, seulement c'est per qui prend la place de pro, inconnu dans cette langue. Voici quelques exemples : per nos a salvar Choix IV, 46. 401, Jfr. 115^; per vos a contendre Jfr. 87^ ; pel castel a recobrar Choix II, 58 ; si ieu vengui per vos a gualiar III, 143 ; per vos a guérir 432 ; por ois à soscorre (littér. pour eux à secourir) SB. 521"; por luy à vengier 523"; por ti à délivrer 537™ ; por luy à mostrer 547"", por à perdre un des piez G Vian. 68; por à perdre la vie Og. I, p. 233. Asalvar, acontendre , aguerir, adelivrer, amostrer, sans doute aussi aperdre, sont en cette circonstance des formes incorrectes. Sans s'unissait aussi de la même manière avec à : sans lui à afoler, sans point à varier^.

donde andaba (je le suivais avec l'idée de voir où il allait, eœploraturus); le seguia para ver donde andaba (je le suivais parce que je voulais savoir où il allait, ad explorandum). Autres exemples : los estiidiantes dexaban sus estudios por irse a Flandes Nov. 10; yo canto por daros gusto; dadme un iraguillo para consolar este estomago! muevo los pies para andar; trabajo para ganar.

1. La séparation usitée des particules pro ad par des pronoms et d'autres mots rappelle vivement la construction allemande correspondante dans um zu {um uns zu retten), et Gachet voit là un idiotisme emprunté à l'allemand par certains auteurs français. Mais nous avons vu que le provençal aussi connaît cette construction. Au reste, ainsi que l'enseigne Grimm, Deutsche Gramm. IV, 104, l'expression romane n'est pas imitée de l'allemand, c'est l'inverse qui est vrai. Sans à semble se comporter de la même manière vis-à-vis de ohne zu. Un autre emploi

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