‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 137 sur 269 · RÉGIME RÉPÉTÉ 44Ï · texte numérisé non relu

RÉGIME RÉPÉTÉ 44Ï

exemples comme questo dono lo ricevea (Sacch. 2), non credea si possa . . . quelle inimicizie tollerarle (Mach., Disc, i, 8), debbono i principi i fondamenti . . . mantenerli (33), il stio pane se lo huscava (Verga, Vita Campi 100), quelle scarpe le teneva appese ad un chiodo (110), a mio padre gli dicevano Bestia (100), di venti sei, sedici no furono amma:(;{ati (Mach,, Disc, i, 10), di qiiesti miracoli ... ne fu assai (12) etc.; il y a donc possibilité de faire la. répétition, mais on peut à son gré profiter ou non de cette faculté. Il n'y a peut-être que tutti gli amo qui soit seul en usage à l'exclusion de tutti amo. Même état de choses en VIEUX FRANÇAIS, où Ton peut en effet dire ceste bataille bien la puum tenir (Roi. 1238), El orfelin son fié ne H toldre:(^ (Cour. Louis 67), mais aussi cels qui ci sunt devum aveir muli vils {12^6) etc.; c'est seulement le français moderne, avec ses constructions fixes, qui en arrive ensuite, ainsi qu'on l'a déjà dit, à réclamer le pronom dans presque tous les cas. L'espagnol se trouve à peu près au même point que le roumain : quand le substantif est déterminé, à l'époque moderne il présente presque toujours le pronom, mais dans l'ancien temps il en use avec plus de liberté : cf. a la salida de Valencia mis fijas vos di yo (Cid 3261) à côté de el a las nihas tornô las a acatar (371), ambas estas femnas, que eran tan dannadas, Sanô S. Domingo (Berceo, Sil. 678), bien sabie a sus carnes tenerlas so (423) su rienda (Mil. 705). Ensuite on rencontre également ici à amas las cubriô (Cid 2817), todo lo se (Trueba, H. Cid 40). Le portugais se trouve dans une situation analogue : cf. ao do olho britado ainda Ihe succedeu peior (Castello Branco, Paç. Nin. 8) etc.

§ 395. Il e:.t beaucoup plus rare que le pronom annonce un RÉGIME PLACÉ APRES LE VERBE. Il apparaît assez régulièrement quand ce régime est totus ou ambo : en ital. gli ama tutti, franc, il les aime tous, esp. les ama à todos, port, os ama todos et en ital. gli ama ambedui. Autrement, il n'y a que le pronom personnel accentué qui soit annoncé avec quelque régularité par sa forme atone devant le verbe ou, pour mieux dire, on se sert du pronom-régime atone et l'on attire après coup l'attention sur lui en l'exprimant encore une fois : en roum. rugândulu el (Cod. Vor. 2, 10), nu le place lor (C. B. r, m.

2 : ri ne leur plaît pas, à eux), asa ni-i :(isà noao (2, 124 : ainsi nous a-t-il été dit, à nous) etc. ; de même en ital. // odio, te, franc, je te hais, toi etc. En italien, il arrive aussi d'ailleurs que, dans l'idée qu'un objet est déjà connu des autres, on se ■ sert du pronom, mais qu'ensuite, s'apercevant de son erreur, on énonce encore le substantif : Malpelo se li lisciava sulle gambe quei cal:(oni di fustagno (Verga, Vita Campi no) et particulièrement souvent avec ne : ne avevano più cura di quella (Mach,, Disc, i, 13), il fidan:(ato délia sorella non ne aveva volute di scarpe del morto (Verga, Vita Campi 11 o) etc. 11 en est de même en vieux français : seignur harun, cui i enveierun En Sarraguce al rei Marsiliun (Roi. 244), que nés veoir tu ne me les Celui qui si est près de moi (Chev. Lyon 121 6), fen ai servi vingt de ces chercheurs de proie (Molière, Éc. d. M. 323), tournure devenue rare; elle est plus fréquente en vieux provençal : si ' l reis ingles li fet:{ don ni larguesa al rei Felip (B. Born 31, 22), se ' n gara d'avolesa (Appel, C. 3, 90) et plus encore en espagnol : grant iantar le fa:(en al buen campeador (Cid 285), eranle estas nuevas al diablo muy pesadas (Berceo, Sil. 17), vos non me lo devedes esto a mi celar (Alex. 34), quitarle à un caballero andante su dama (D. Quich. 2, 32), los monges que i viven en essi çîmiterio (Berceo, Mil. 317). A noter contôlis al coviento (Berceo, Mil. 301), où le pluriel lis se rapporte au singulier al coviento. — En français moderne, (426) en partitif est surtout très fréquent : en voilà, des idées; fen ai supposé, des choses etc., mais ensuite aussi, par un remarquable oubli du sens réel : en voilà une, de chance, où l'on attendrait chances; mais, étant donnée l'absence de pluriel dans la langue parlée, on adopte la forme unique au singulier, ce qui entraîne en outre une tournure comme en voilà une chance.

Dans cette accumulation des pronoms-régimes, comme aussi dans celle des pronoms-sujets (p. 374), le roman se rencontre dans une certaine mesure avec le celtique; aussi a-t-on songé à un rapport entre eux, notamment Ascoli, Arch. Glott. VIII, 107 et H. Schu- CHARDT, Zs. JV, 150-153. Mais, pour les pronoms-régimes, si l'on s'en réfère à l'usage suivi en roumain, l'influence gauloise devient plus que douteuse, sans compter aucunement que le celtique moderne, au point de vue syntaxique, ne présente avec le roman que des rapports très généraux. L'accumulation des pronoms-sujets pour-

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