‹ Grammaire du grec moderneChapitre 148 sur 203 · SECTION III GÉNITIF · texte numérisé non relu

SECTION III GÉNITIF

360. Le génitif est l'inverse de l’accusatif; c'est le cas de l'éloignement. To βιόλίον τοῦ Πέτρου « le livre de Pierre » signifie « le livre qui vient de Pierre »; « l’un des sol-

1. Cette construction ne lient pas aux formes de ces verbes, mais à leur sign fication. On la retrouve en grec parlé avec les -verbes de même sens, μαθαίνω, ‘apprends, pop®,'je revêls, οἵδ, et elle existe également dans d’autres langues

dats » correspond à « l'un d’entre les soldats ». L'équivalent français du génitif grec est la préposition « de » qui, à l'origine, indiquait aussi un éloignement. Cette communauté d’origine ἃ entrainé des modifications de sens parallèles, si bien que l'emploi du génitif offre en somme peu de difficultés pour un Français. Il y ἃ cependant des cas où les deux langues ne coïncident pas.

361. Complément déterminatif. Le complément détlerminatif du nom se met au génitif (PGr., $ 599). Il peut indiquer : 1° la provenance (donc aussi la cause et la possession‘); 2 le tout dont on prend une partie (génitif dit partilif); 5° la composition d’une chose (donc la maticre, une quantité, une valeur, une qualité).

Ex. : Les produits de la terre, τὰ προϊόντα τῆς γῆς.

La peur des ennemis (c.-à-d. la peur que causent . les ennemis), ὁ 20005 τῶν ἐχθρῶν.

Le livre de Pierre, τὸ βιόλίον τοῦ Πέτρου.

La peur des ennemis (c.-à-d. la peur qu'ont les ennemis), ὁ φόδος τῶν ἐχθρῶν.

La moitié de là ville, τὸ ἥμισυ κῆς πόλεως.

Le premier avril, ñ πρώτη ᾿Απριλίου.

Les arbres de la forê . τὰ δένδρα τοῦ δάσους.

Une profondeur de trois mètres, βάθος 725.

Un enfant de dix ans, παῖς δέχα ἐτῶν (PGr., S 243, Rem. 1).

Un voyage de trois jours, τριῶν ἡμερῶν ra£ 010.

1. Comparer, entre autres choses, l'allemand « est ist von mir », c'es Ὁ ἃ moi, cela m'appartient, et le hollandais Piels book (gén.) ou het book van Piet, le livre de Pierre,

Un livre de cinq drachmes. πέντε σιῶν ιθλίον". ? i LA Î Un homme de grande valeur, ἀνὴρ μεγάλης ἀξίας. Une personne d'importance, ἄνθρωπος περιωπῆς.

Remarque. Voir αὶ 122 l'emploi de l’'accusatif en fonction de génitif

possessif avec les pronoms personnels.

362. Nombre d’adjectifs et de verbes se construisent avec un complément indirect au génitif, dans les sens qui viennent d'être indiqués et dans d’autres qui s’y rapportent. Si l’on veut, pour la clarté de l'exposition, établir des catégories, on peut en admettre quatre 15 idée d'éloignement (donc de séparation, de différence, d'abandon, de privation); 2° idée de provenance (donc de cause, de possession): 3° idée de partie (génitif parlitif) et de participation; 4° composition d'une chose (donc matière, plénitude, valeur, qualilé; ces idées se ratlachant, elles aussi, au génilif partitif).

Les adjectifs et les verbes en question peuvent être, soit simples, soit formés à l’aide d’une préposition qui cadre parfois, mais non toujours, avec l'emploi du gémilif. -

363. Idée d’éloignement, de séparalion, de différence, d'abandon, dé privation.

Ex. : Le village est très éloigné de la montagne, ἡ

! 5 ! Le ΝΥ - LA XOWUN ἅπεγει πολὺ τοῦ ὁρους.

Adjeclifs. διάφορος, ον. différent de; ἄμοιρος, ον, dépourvu de; ἐνδεής, ἐς, dénué de; ἐλλιπής, ἐς, incomplet de; ἔρημος,

1. Le génitif de prix prend un sens différent, selon qu'il est ou non accompagné de l’article. Aéxa λεπτῶν πρᾶγμα, une chose de dix centimes, c'est-à-dire une chose qui ἃ été achetée ou qui vaut dix centimes. Γραμματόσημον τῶν δέχα λεπτῶν. un limbre de ceux qui valent dix centimes, un timbre à dix.

οὐ, privé de (avec un sens de délaissement); χενός, #, 6v, vide de; καθαρός, &, 0v, pur de; ἀμαθής, &, ignorant de. Verbes. ἀπομαχρύνω, j'éloigne de; φείδομαι, je ménage, j'épargne"; ἀπογωρίζω, je sépare de; διαχοίνω, je distingue de; διαφέρω, je diffère de; παραιτοῦμαι, je renonce à, je démissionne de; παύομαι, je suis révoqué de; ἀπαλλάττω, \ ) \ 1 je décharge de; ἀμοιρῶ, je suis dépourvu de; ἀπορῶ, jé suis dénué de; 57:56, je prive de; etc.

Remarque I. Au génitif d'éloignement se rattache la construction ὑψηλότερος ἐμοῦ, plus grand que moi (c.-à-d. plus grand en partant de moi, par Comparaison avec moi). On dit de même ὑπερτερῶ τινος, je l'emporte sur quelqu’un*; ὑπεοέχω τινός. je surpasse; et cette idée de comparaison a entraîné le génitif dans les verbes tels que ἄρχω, je commande à: δεσπόζω, je suis maitre de; ἡγοῦμαι, je dirige, je conduis.

Remarque II. En grec ancien, les verbes qui signifiaient « apprendre de quelqu'un, écouter quelqu'un, entendre de la bouche de quelqu'un » et quelquefois aussi « entendre quelque chose » se construisaient avec le génitif d’éloignement : μανθάνω, ἀχούω, ἀκροῶμαι, etc. Actuellement le nom de la personne ou de la chose qu'on entend se met à l’accusatif : μανθάνω τι, ἀχούω τινὰ ou τι. Le nom de la personne de qui l'on entend, ou de- qui l’on apprend se met au génitif avec παρά : μανθάνω, ἀχούω παρά τινος. Mais ἀχροῶμα!, ἀχούω exigent le génitif dans le sens de « prêter l'oreille à, écouter » : ils écoutèrent lorateur, les paroles de l’orateur. ἠχροάσθησαν (ἤχουσαν) τοῦ ῥήτορος, τῶν λόγων τοῦ ῥήτορος.

Remarque III. C'est'probablement aussi au génitif d’éloignement qu'il faut rapporter des expressions comme μέμνημαι, ἀναμιμνήσχομα: τινος, je me souviens de quelque chose, et leur contraire, ἐπιλανθάvouar, j'oublie quelque chose. Elles-sont d'ailleurs rares maintenant et couramment remplacées par ἐνθυμοῦμαι, acc. Ansuovo, acc.

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